mercredi 22 juillet 2009

Le virus de la grippe A (H1N1) commence à circuler activement en France

Les premiers foyers de cas groupés de grippe A (H1N1) en France révèlent un "début de circulation active du virus", qui est pour le moment d'une virulence "modérée", a annoncé mercredi la ministre de la Santé Roselyne Bachelot. Face à l'évolution de la pandémie, le gouvernement a décidé d'adapter les modalités de prise en charge des patients, qui devront désormais appeler en priorité leur médecin traitant. L'Institut national de veille sanitaire (InVS) dénombre actuellement 793 cas en France (métropole et DOM-TOM), dont 586 cas confirmés et 207 probables, a précisé Mme Bachelot au cours d'une conférence de presse. Aucun décès n'a été recensé à ce stade et l'état de santé de six personnes ayant présenté une forme grave de la maladie s'est amélioré depuis, a expliqué la ministre. Le virus a aujourd'hui une "forte capacité de transmission", même si sa virulence reste "modérée". L'émergence "de groupes de cas touchant des malades n'ayant pas eu de contact avec une personne revenant d'un pays à forte circulation virale indique le début d'une phase de circulation active au sein de la population", avait auparavant indiqué Mme Bachelot lors du Conseil des ministres. La situation, a ajouté la ministre lors de sa conférence de presse, ne justifie pas dans l'immédiat le passage au niveau 6 du plan national de prévention et de lutte contre la pandémie grippale. Le passage au niveau 6 pourrait être "envisagé" à la "rentrée" au vu de l'évolution de la pandémie, sauf si une "flambée épidémique" durant le mois d'août obligeait le gouvernement à avancer cette décision.

Ainsi, la stratégie mise en place au début de l'épidémie, avec une prise en charge systématique des patients grippés en milieu hospitalier après appel du centre 15/SAMU, n'est désormais plus adaptée. A partir de jeudi 23 juillet, a expliqué Mme Bachelot, les patients présentant les symptômes de la grippe (fièvre supérieure à 38 degrés Celsius, toux, courbatures) devront appeler en priorité leur médecin traitant. Le recours au centre 15/SAMU sera réservé aux cas graves et aux enfants de moins d'un an, qui doivent faire dans tous les cas d'un traitement et d'une surveillance en milieu hospitalier. La prescription de médicaments antiviraux ne devra plus être systématique. C'est le médecin généraliste qui évaluera l'état clinique du patient, décidera si la prescription d'un médicament antiviral est nécessaire, et orientera les cas graves vers le centre d'appel 15/SAMU pour une prise en charge adaptée. Un document exposant les nouvelles modalités de prise en charge a été envoyé à plus de 80 000 médecins généralistes. Des réunions ont été organisées avec leurs représentants et un site Internet dédié aux professionnels de santé doit ouvrir jeudi.