lundi 9 novembre 2009

Vaccin Pandemrix contre la grippe H1N1 : Aucun effet indésirable grave notifié

50 000 doses environs de vaccin Pandemrix contre la grippe H1N1 pandémique ont été administrées entre le 21 octobre et le 5 novembre aux personnels de santé des établissements hospitaliers, sans qu'il y ait eu d'effets indésirables graves notifiés à ce jour, selon l'agence du médicament (Afssaps).

Durant cette même période, l'agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) indique dans son premier bilan de suivi de pharmacovigilance des vaccins grippaux A (H1N1), mis en ligne lundi, avoir "eu connaissance de 36 signalements d'effets indésirables par un professionnel de santé". "Les cas rapportés sont, en majorité, d?intensité bénigne à modérée. Quatre d'entre eux ont été jugés médicalement significatifs. Ils ont nécessité une simple surveillance, et leur évolution a été rapidement favorable". "Tous les effets indésirables notifiés sont survenus dans les heures suivant la vaccination". Ont été rapportés des réactions au point d'injection parmi lesquelles prédomine la douleur (24 cas), un cas d'urticaire localisé, 25 cas de réactions générales, essentiellement maux de tête, fièvre et fatigue. Trois cas de malaise associés à une poussée hypertensive (augmentation de la pression artérielle) ont été relevés, avec retour rapide à la normale.


Enfin, ont également été rapportés : "1 cas de conjonctivite bilatérale, 1 cas d'hématome au niveau de la cheville et 1 cas de saignement du nez, tous d'évolution favorable, ont été signalés. La relation causale avec le vaccin est à ce stade improbable." "A ce jour, il n'y a pas eu de notification d?effets graves", conclut l'agence. Pandemrix est un vaccin adjuvanté (adjuvant AS03) du laboratoire GlaxoSmithKline (GSK)

Premier décès dû à la grippe H1N1 en Lettonie

Un premier cas de décès dû à la grippe H1N1 a été enregistré ce lundi en Lettonie, a annoncé le Centre d'épidémiologie du pays.

"Il s'agit du premier cas de décès dû à la grippe porcine en Lettonie", a déclaré une porte-parole du Centre d'épidémiologie de ce pays balte de 2,2 millions d'habitants membre de l'Union européenne. L'hôpital universitaire Pauls Stradins de Riga a précisé qu'une femme était morte lundi de complications respiratoires liées à la grippe H1N1. Elle est morte de complications respiratoires et avait été hospitalisée avec un diagnostic de grippe porcine", a déclaré une porte-parole de l'établissement.

Grippe A : 155 décès et 969 247 malades en Ukraine

Le bilan de l’épidémie de grippe A (H1N1) en Ukraine s’est alourdi à 155 décès et 969 247 malades, dont 32 443 malades au cours des dernières 24 heures. 48 972 personnes sont hospitalisées, mais l’augmentation du nombre d’hospitalisations se fait cependant à un rythme moindre avec 3994 au cours des dernières 24h00 contre 4478 du 7 au 8 novembre.

Une épidémie de grippe est déclarée en Ukraine. Celle-ci s’est déclarée dans trois oblasts de l’ouest de l’Ukraine (Lviv, Ternopil, Ivano-Frankivsk). Les oblasts voisins de Vinnytsia, Volhynie, Transcarpathie, Khmelnytskyï, Tchernivtsi, Rivne, Odessa, et la ville de Kiev ont ensuite été touchés. Aujourd’hui, 18 des 27 entités administratives d’Ukraine sont atteintes avec l’annonce officielle, par le Ministère de la Santé d’Ukraine (MOZ) des premiers cas mortels dans les régions de Donetsk, Poltava, et Kiev (la région et la ville sont deux entités distinctes et font l’objet de compilations statistiques spécifiques). L’épidémie concerne désormais l’Ouest, et le Centre du pays, et s’étend vers l’Est. Le seuil épidémiologique est considéré comme atteint dans 15 régions (Volhynie, Transcarpathie, Ivano-Frankivsk, Lviv, Rivne, Ternopil, Khmelnytskyï, Tchernivtsi, Vinnytsia, Donetsk, Jytomyr, Kiev, Kirovohrad, Kherson, Tchernihiv) ) et dans la ville de Kiev. L’ensemble des autres régions du pays sont désormais classées comme étant proche du seuil épidémiologique.

Selon les informations disponibles, l’épidémie combinerait la grippe ordinaire, le virus de la grippe (le virus H1/N1 ayant été identifié) et une infection respiratoire aiguë (« ГРВІ, гостра респіраторна вірусна інфекція ») dont la nature exacte n’a pas encore été établie, laquelle serait responsable de la majorité des décès. Au 9 novembre, la situation était la suivante : 155 décès (109 au 6 novembre); 969 247 malades (762 835 au 6 novembre), soit 32 443 malades au cours des dernières 24 heures (chiffres en baisse : 101 317 malades supplémentaires du 5 au 6 novembre, 65 813 du 7 au 8), dont 21 292 adultes et 11 151 enfants. Les statistiques ne distinguent plus les personnes atteintes d’une « infection respiratoire aiguë » de celles contaminées par la grippe ; 48 972 personnes sont hospitalisées (33 972 au 6 novembre). L’augmentation du nombre d’hospitalisations se fait cependant à un rythme moindre (3994 au cours des dernières 24h00 contre 4478 du 7 au 8 novembre) ; et 446 personnes en réanimation et 50 en respiration assistée (251 et 27 au 6 novembre).

Le MOZ a confirmé par ailleurs les décès de 6 médecins et infirmières. Dans la région de Lviv, la plus touchée (45 décès), plus de 10 % des médecins et infirmières seraient infectés. Le gouvernement ukrainien met actuellement en place un ensemble de mesures de quarantaine visant à limiter l’extension de l’épidémie. L’ensemble des établissements scolaires d’Ukraine sont fermés pour trois semaines (confirmé ce jour par le Service de presse du Ministère de l’Education et de la science d’Ukraine). La participation à des manifestations de masse est déconseillée et certaines sont annulées. Des mesures prophylactiques renforcées sont introduites dans les aéroports, les gares, le métro, les transports en commun, les marchés, les entreprises, les établissements de restauration, les commerces. Une campagne de vaccination contre la grippe A (H1N1) est annoncée et le Gouvernement met également en place une surveillance des pharmacies visant à s’assurer du respect, par celles-ci, de la présence, en quantité suffisante, des médicaments stipulés par l’administration, et de l’absence de spéculation en matière de prix.

Grippe H1N1 : Vaccination facultative des élèves à partir du 25 novembre

Les douze millions d'élèves scolarisés en France de la maternelle au lycée vont pouvoir bénéficier à partir du 25 novembre, sur la base du volontariat, d'un plan de vaccination contre la grippe H1N1 annoncé dimanche par le ministre de l'Education nationale Luc Chatel.

Les 6,6 millions d'élèves des écoles maternelles et élémentaires pourront se rendre dans des centres de vaccination et les 5,3 millions de collégiens et lycéens seront vaccinés dans les établissements scolaires. Les parents vont recevoir par l'intermédiaire de la Caisse nationale d'assurance maladie (CNAM) un bon de vaccination, a précisé le ministère de l'Education nationale. Les écoliers du primaire pourront alors se rendre dans "des centres de vaccination de proximité", a indiqué M. Chatel. Leurs parents pourront les accompagner et répondront eux-mêmes aux médecins sur les questions concernant d'éventuels antécédents ou risques d'incompatibilité. "Au collège et au lycée, nous allons organiser la vaccination dans les établissements scolaires", a annoncé M. Chatel, également porte-parole du gouvernement. Les parents "recevront un questionnaire : oui ou non sont-ils d'accord pour que leur enfant soit vacciné ? et un autre questionnaire sur les problèmes d'incompatibilité. Et c'est dans l'établissement que la vaccination aura lieu", a-t-il expliqué. Il n'y aura "aucune obligation", a insisté Luc Chatel. "Ce sont les parents qui décideront si oui ou non leur enfant doit être vacciné". Le ministre n'a en revanche pas donné d'indication quant à la possibilité d'une éventuelle vaccination pour les 850 000 enseignants. La campagne de vaccination pour le grand public doit démarrer le 12 novembre. Quelque 6 millions de personnes seront invitées à se faire vacciner lors de la première vague: femmes enceintes, public fragile et entourage des nourrissons de moins de six mois. La vaccination avait précédemment été ouverte le 20 octobre à la majorité des personnels de santé. Alors que la circulation du virus s'intensifie depuis trois semaines, l'Institut de veille sanitaire (InVS) a annoncé huit nouveaux décès attribués à la grippe H1N1 depuis le 3 novembre, portant à 30 le bilan des décès en France métropolitaine. Selon un sondage paru dans l'hebdomadaire Marianne, seule une minorité de Français (21 %) se déclare prête à se faire vacciner contre la grippe H1N1. 61 % d'entre eux jugent par ailleurs que le gouvernement "en a trop fait" sur la grippe, selon ce même sondage. Interrogé sur ce point, M. Chatel a répondu que "le rôle du gouvernement est de se tenir prêt". "Nous assistons depuis quelques jours à une accélération de la diffusion de l'épidémie, puisque le nombre de consultations a été multiplié par dix la semaine dernière par rapport à ce qu'il était au début du mois d'octobre", a-t-il relevé. "Je ne suis pas vacciné car les ministres ne font pas partie des publics prioritaires. Lorsque les publics prioritaires seront vaccinés, oui, je me ferai vacciner", a-t-il déclaré. Le patron des députés UMP Jean-François Copé a confié dimanche qu'il n'avait pas encore "pris sa décision" sur le fait de se faire vacciner contre la grippe H1N1, à la veille du lancement par le gouvernement d'une campagne massive de vaccination. Le gouvernement a commandé auprès des laboratoires 94 millions de vaccins. Compte tenu des 10 % de doses qui devraient aller aux pays en développement, 84 millions de doses seront disponibles pour les Français.

dimanche 8 novembre 2009

Grippe : Le bilan monte à 135 décès en Ukraine

Cent trente-cinq personnes sont mortes en Ukraine de la grippe et de difficultés respiratoires aiguës, selon un nouveau bilan publié samedi par le ministère de la Santé.

Le précédent bilan du ministère publié vendredi faisait état de 109 morts. Au total, plus de 871 000 personnes sont touchées par l'épidémie de grippe et d'infections respiratoires aiguës, dont presque 39 603 ont été hospitalisées y compris 317 personnes dans un état grave, selon le ministère. L'Ukraine a jusqu'à présent confirmé 32 cas de grippe H1N1, 14 personnes en sont mortes. Pour sa part, le chef de la mission de l'OMS Jukka Pukkila, qui se trouve depuis lundi en Ukraine, a estimé que la plupart des personnes hospitalisées pourraient avoir la grippe de type H1N1. Un avion avec des médicaments autrichiens d'une valeur de 2,5 millions de hryvnias (plus de 300 000 dollars) est arrivé samedi matin à Kiev, a annoncé à l'AFP David Stulik, porte-parole de la délégation de la Commission européenne. Les Etats-Unis prévoient de leur côté de fournir à l'Ukraine 930 000 doses de vaccins contre la grippe, a indiqué leur ambassade.

samedi 7 novembre 2009

Huit nouveaux décès en France de la grippe A (H1N1)

L'Institut de veille sanitaire (InVS) a annoncé ce samedi huit nouveaux décès liés à la grippe A (H1N1) en France.

"Depuis le dernier bulletin épidémiologique du 3 novembre 2009, huit nouveaux décès attribués au virus A (H1N1) 2009 ont été signalés", annonce l'InVS dans un communiqué. Au total, 30 décès ont été attribués à la grippe A (H1N1) 2009 en France métropolitaine. Pour 24 de ces décès, dont deux personnes sans facteurs de risque, le diagnostic a été confirmé virologiquement.

Combien de décès réels de la grippe A (H1N1) ?

L'OMS indique sur son site un total de 6 071 décès répertoriés, au 1er novembre, dans le monde qui seraient consécutifs à la grippe A (H1N1).
Plusieurs recoupements permettent de comprendre que de nombreux décès ne sont pas répertoriés pour des considérations techniques. Tous les pays n'ont effectivement pas la capacité d'avoir des statistiques fiables.

Le graphique ci-dessus répertorie les décès pédiatriques aux Etats-Unis, cette source est nettement plus crédible car les enfants ont été autopsiés. On remarque la continuité et l'accélération du nombre de morts par rapport aux années de référence.

L'OMS préconise de renforcer les contrôles de la grippe dans les fermes

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) préconise de renforcer les contrôles sur les fermiers et animaux atteints de la grippe en raison du potentiel d'apparition de virus inconnus parmi des bêtes autres que les porcs, selon une note diffusée vendredi sur son site internet.

"Les études récentes suggèrent que les virus de grippe de type A chez les animaux et les hommes se comportent de plus en plus comme un groupe de gènes qui circulent parmi de multiples hôtes et qu'il y a un potentiel que des animaux autres que les porcs génèrent de nouveaux virus", explique l'organisation. "Cette situation renforce le besoin de surveillance et de collaboration rapprochées entre les autorités sanitaires publiques et les vétérinaires", ajoute-t-elle. L'organisation recommande notamment que lorsque des cas de grippe sont détectés dans une ferme animalière, un suivi particulier des personnes y travaillant soit mis en place de façon à déceler au plus tôt les signes de maladies respiratoires. Dans ce cas, l'OMS préconise de faire des tests pour vérifier s'il s'agit d'une infection au H1N1.

Elle souligne toutefois qu'à l'heure actuelle, les transmissions de l'homme aux animaux du virus pandémique H1N1 restent isolées.

Concernant les cas, "peu nombreux", de porcs atteints du H1N1, il y a "peu de preuves" démontrant que l'infection est d'origine humaine, dit l'OMS qui prévient toutefois qu'une telle transmission "devrait devenir plus fréquente". Pour les autres animaux, l'organisation fait également état de cas de dindes malades au Chili et au Canada ainsi que quelques animaux domestiques aux Etats-Unis. "Ces infections restent des évènement isolés et ne posent pas de risques particuliers pour la santé humaine", assure l'OMS. Elle rapporte toutefois qu'un virus de grippe d'un type H3N2 inédit avait été découvert récemment parmi plusieurs élevages de visons au Danemark. Le nouveau virus s'est formé à partir d'une combinaison de gènes d'origine humaine et porcine, selon elle jamais rencontrée jusqu'à présent, mais qui montrent la capacité des virus à se transformer dans toutes sortes d'animaux. Les tests ont montré que les fermiers travaillant dans ces élevages n'avaient pas été touchés par cette nouvelle souche. "Malgré tout, cet incident démontre l'environnement en constante évolution des virus de la grippe, son potentiel de changements inattendus et le besoin d'une vigilance permanente, également chez les animaux", a insisté l'OMS.

Selon les dernières données de l'OMS publiées vendredi, la grippe H1N1 d'origine porcine, aviaire et humaine a tué au moins 6 071 personnes dans le monde depuis son apparition il y a sept mois.

vendredi 6 novembre 2009

Le Canada connaît la deuxième vague de grippe A

Les autorités fédérales de santé publique relèvent une augmentation des cas de grippe A (H1N1) au Canada.

Lors de leur conférence de presse quasi-quotidienne, la ministre fédérale de la Santé, Leona Aglukkaq, et l'administrateur en chef de la santé publique du Canada, David Butler-Jones, ont révélé, jeudi, que trois fois plus d'hospitalisations, de décès, et d'admissions aux urgences ont été notés cette semaine, à comparer à la semaine dernière. L'augmentation des cas est plus importante dans les provinces de l'Ouest ainsi qu'à Terre-Neuve.

Le Dr Butler-Jones en a profité pour mettre en garde ceux qui s'imagineraient qu'on a déjà vu le pire de cette grippe. Selon lui, le virus continuera de sévir tout au long de l'hiver et il ne donne aucun signe de ralentissement. La ministre et le Dr Butler-Jones ont réitéré que la meilleure façon de se protéger est de se faire vacciner. Ils maintiennent que la campagne de vaccination se déroule le mieux possible, malgré quelques ratés, et assurent encore que tous ceux qui voudront obtenir le vaccin l'auront avant Noël.

Radio-Canada a appris que des employés de GlaxoSmithKline et leurs proches se font vacciner sur le site même de l'entreprise, à Québec. La compagnie pharmaceutique est l'unique fournisseur de vaccins contre la grippe A (H1N1) au pays.

Pour réussir à produire tous les vaccins à l'intérieur des délais prescrits, l'usine de GlaxoSmithKline de Québec tourne 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. C'est dans ce contexte que Radio-Canada a cherché à savoir si les installations de l'entreprise étaient sécuritaires. L'entrée de l'usine est contrôlée depuis deux ans, a assuré la responsable de la sécurité. En outre, des protocoles rigoureux ont été établis afin d'assurer la continuité des opérations et d'éviter que les approvisionnements en vaccins pour la population ne soient compromis. Une fois sur place, une équipe de Radio-Canada a pu observer que des travailleurs font entrer sur le site de l'usine, à l'aide de leur carte d'employé, des membres de leur famille pour qu'ils puissent avoir accès à la clinique de vaccination de l'établissement.

Grippe : 109 décès en Ukraine, dont 6 médecins et 1 infirmière

Cent-neuf personnes sont décédées en Ukraine de la grippe et de difficultés respiratoires aiguës, selon un nouveau bilan vendredi du ministère de la Santé, alors que des milliers d'Ukrainiens pourraient être atteints par le virus H1N1, d'après l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Au total, environ 763 000 personnes sont touchées par l'épidémie de grippe et d'infections respiratoires aiguës, dont presque 34 000 ont été hospitalisées, a indiqué à la presse le médecin sanitaire en chef du pays, Olexandre Bilovol. Pour sa part, le chef de la mission de l'OMS, qui se trouve depuis lundi en Ukraine, a estimé que la plupart des personnes hospitalisées pourraient avoir la grippe de type H1N1. "Nous travaillons sur la base que la plupart des cas hospitalisés sont ceux de H1N1", a déclaré à la presse Jukka Pukkila, venu en Ukraine avec huit autres experts de l'OMS dont plusieurs travaillent actuellement dans l'ouest du pays, le plus touché par l'épidémie.

Interrogé pour savoir si l'OMS ne trouvait excessives les mesures anti-grippe prises par Kiev (fermeture d'établissements scolaires, restrictions sur des rassemblements publics...) uniques en Europe, il a répondu par la négative. Le président Viktor Iouchtchenko s'est rendu ce vendredi avec son homologue bélarusse, Alexander Loukachenko, à Ivano-Frankivsk (ouest), une des régions les plus affectées par l'épidémie, pour rassurer les habitants locaux.

Diagnostic biologique de la grippe A (H1N1) : Que peut-on faire ?

Depuis la prise en charge de la grippe A (H1N1) par la médecine de ville et les consultations hospitalières dédiées au mois de juillet, le diagnostic biologique de l'infection est restreint à quelques cas (essentiellement aux cas sévères et aux cas groupés). Il s'effectue uniquement par RT-PCR, cette technique étant coûteuse (estimée à 280 euros) et effectuée uniquement par les laboratoires de référence. Les tests de diagnostic rapide (TDR) adaptés à la détection de la grippe saisonnière, ont été écartés de la stratégie diagnostique par les autorités sanitaires en raison de leur manque de sensibilité (évaluée sur 3 produits aux Etats Unis entre 40 et 69 % en fonction du fabricant et de la charge virale du prélèvement).

L'équipe marseillaise a tenté d'évaluer d'une part les valeurs prédictives positive (VPP) et négative (VPN) des signes cliniques rapportés comme fréquents (toux et fièvre) et d'autre part l'apport des tests rapides dans le diagnostic biologique.

De juillet à septembre 2009, 307 patients se sont présentés à la consultation dédiée et ont été prélevés pour un diagnostic en TDR et en RT-PCR . Parmi les 31 cas de RT-PCR positives, 19 étaient également positifs en TDR. Deux cas de TDR positifs non confirmés par RT-PCR se sont avérés être des cas de grippe H3N2. La sensibilité du TDR était donc dans cette cohorte de 61,3 %, la spécificité de 99,3 % (voire de 100 % si l'on considère le diagnostic de la grippe en général).

Le recueil des signes cliniques a permis d'établir que la toux avait une sensibilité et une VPN de 100 %, une spécificité de 23 % et une VPP de 13 %. Selon le modèle mathématique tenant compte de la prévalence de la maladie, la VPN de la toux resterait de 100 % quelle que soit la prévalence, ce qui encourage à exclure d'emblée le diagnostic de grippe H1N1 en l'absence de toux.

En résumé, les auteurs accordent que compte tenu de la prévalence encore faible de la maladie (lors du recueil des données), un diagnostic biologique est toujours nécessaire pour pouvoir prendre les mesures nécessaires afin de tenter de ralentir la transmission. Mais l'absence de toux permettrait d'emblée de rejeter le diagnostic, et le TDR serait un test de dépistage utile : compte tenu de sa bonne sensibilité et sa faible spécificité il conviendrait de restreindre la confirmation par RT-PCR aux TDR négatifs. Ces recommandations auraient permis, sur leur cohorte de 307 patients, d'économiser 76 440 euros Ces données concernant le TDR utilisé ne sont malheureusement pas strictement transposables à un autre TDR, mais cette étude constitue une base de réflexion utile à l'heure où l'épidémie s'étend alors que le coût du diagnostic biologique reste élevé.

Brouqui Ph et coll. : Improving the diagnostic efficiency of H1N1 2009 pandemic flu: analysis of predictive clinical signs through a prospective cohort. PLoS Currents Influenza. 2009 Oct 28:RRN1120.

Grippe au Mexique : 80 nouveaux décès en 9 jours, 398 au total

Quatre-vingts décès dus à la grippe H1N1 ont été enregistrés ces neuf derniers jours au Mexique, où le total des cas mortels s'élève désormais à 398, a annoncé jeudi le ministère mexicain de la Santé. Le Mexique avait été en avril et mai le foyer mondial de la diffusion du virus, et a enregistré depuis 53 900 cas de contamination non mortels, a indiqué le ministère.

Grippe H1N1 : Le virus avance, le vaccin moins

Pour l’instant, le personnel de santé des hôpitaux s’est peu fait vacciner. La grippe A a fait 22 morts.

Alors que l’Institut de veille sanitaire estime que la circulation du virus s’intensifie, la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, ce jeudi, a reconnu, que le mouvement de vaccination contre la grippe H1N1 était encore “timide”. Environ 50 000 hospitaliers, sur un effectif de 800 000 personnes concernées, se seraient fait vacciner en deux semaines, selon le ministère. Roselyne Bachelot a rappelé que le processus de vaccination commencerait pour la population le 12 novembre : “Six millions de personnes seront convoquées” à cette date, au premier chef les personnes les plus fragiles et l'entourage des nourrissons. Selon un sondage AG2R-La Mondiale, seuls 17 % des Français déclarent qu’ils ont l’intention de se faire vacciner. La propagation du virus, elle, continue. “Elle est plus marquée dans les régions nord du pays, notamment en Ile-de-France”, note l’Institut de veille sanitaire. Depuis le début de l'épidémie, 22 décès ont été attribués au virus en métropole. Au total, au 3 novembre, 625 patients ont été hospitalisés. Parmi eux, 131 cas graves, dont 31 patients présentant un syndrome de détresse respiratoire aiguë. La moyenne d'âge des patients hospitalisés est de 25 ans, celle des cas graves de 35 ans.

jeudi 5 novembre 2009

Vacances scolaires prolongées à Moscou pour cause de grippe A (H1N1)

La mairie de Moscou a décidé jeudi de prolonger d'une semaine les vacances scolaires dans la capitale russe, maintenant ainsi les écoles fermées jusqu'au 15 novembre en raison d'une épidémie de grippe et de maladies respiratoires.

"La situation épidémiologique est compliquée dans la ville en raison de la grippe et de maladies respiratoires aiguës", a déclaré le porte-parole de la mairie, Viktor Tsoï, à l'agence Interfax. Il n'a pas précisé s'il s'agissait d'une épidémie de grippe H1N1, alors que les services sanitaires russes ont indiqué cette semaine que cette maladie qui a déjà fait 14 morts en Russie, se répandait particulièrement rapidement à Moscou et dans l'Extrême-Orient russe.

En France la vaccination des professionnels de santé fortement influencée par des situations locales

Le ministère de la Santé a indiqué que le niveau d'adhésion des professionnels de santé à la vaccination contre la grippe A (H1N1) restait limité, mais connaissait une accélération. L'entourage de Roselyne Bachelot a expliqué cela par le fait que le processus était encore "en phase de lancement" et que les petits centres avaient besoin d'un peu plus de temps pour s'organiser. Un autre frein serait le délai recommandé de trois semaines entre les vaccinations contre la grippe saisonnière et la grippe A (H1N1).

Mais le ministère dit observer une accélération des demandes de vaccination. Il précise que 6 000 bons de vaccination par jour sont délivrés à des professionnels de santé, ce qui correspond à un nombre de professionnels de santé hospitaliers vaccinés compris entre 40 000 et 50 000 sur les 800 000 visés par la campagne. Ces bons individuels sont édités par les hôpitaux à partir du site Internet de l'assurance-maladie. Ce taux d'émission donne une idée des intentions de vaccination, mais ne reflète pas le nombre exact de professionnels qui vont effectivement se faire vacciner... Mais la survenue d'un cas grave de grippe A (H1N1) dans un hôpital a tendance à inciter les professionnels de santé de l'établissement à se faire vacciner.

Les pouvoirs publics n'envisagent pas pour l'instant de lancer des mesures nationales spécifiques pour sensibiliser les professionnels de santé à la vaccination, mais comptent sur "la formation locale". Ils pensent, par exemple, que les infectiologues et les réanimateurs des établissements de santé peuvent apporter des informations à leurs collègues pour les convaincre de se faire vacciner. Une enquête réalisée par l'APM lors des premiers jours de la campagne avait mis en évidence une faible participation des professionnels de santé dans les établissements de santé. Le ministère n'a pas encore de données sur la vaccination des professionnels de santé libéraux, auxquels il a été donné la possibilité de se faire vacciner dans les établissements à partir de lundi, en attendant de pouvoir l'être ensuite, à partir du jeudi 12 novembre, dans les centres de vaccination. Mais il est confiant en songeant aux taux de couverture vaccinale atteints chez les libéraux pour la grippe saisonnière.

La grippe H1N1 aura déjà reflué quand il y aura assez de vaccins

Le nombre d'infections par le virus de la grippe H1N1 aux Etats-Unis aura déjà diminué lorsqu'il y aura enfin suffisamment de vaccins, a estimé un haut responsable de la santé publique. Ces doses ne seront pas disponibles avant janvier 2010.

"Il est probable que la vague actuelle d'infections va atteindre un sommet, stagner puis commencer à refluer avant qu'il n'y ait un approvisionnement suffisant", a déclaré Thomas Frieden, directeur des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) lors d'une audition au Congrès. "Pour l'instant nous continuons de constater que le virus est actif et que le nombre de personnes malades augmente dans de nombreux Etats, bien qu'il ait commencé à décliner dans d'autres, en particulier dans le sud-est" du pays, a-t-il dit. Nicole Kunka, une responsable travaillant pour la sous-commission du Travail et de la Santé de la Chambre des représentants, a souligné que le gouvernement avait "lamentablement échoué" dans son objectif de production de vaccins contre le virus H1N1. Les premières estimations du gouvernement étaient que 160 millions de doses seraient disponibles pour octobre. Or le 29 octobre, 24,8 millions de doses étaient disponibles, a-t-elle souligné. Selon des statistiques du département américain de la Santé, des doses pour couvrir l'ensemble des groupes prioritaires dans la population ne devraient pas être disponibles en nombre suffisant avant janvier 2010. La pénurie de vaccins a entraîné de longues files d'attente à l'extérieur des cliniques et des centres où le vaccin est administré. De nombreuses personnes considérées comme étant à risques, dont les enfants et les femmes enceintes, sont régulièrement priées de retourner chez elles sans avoir pu se faire vacciner.

Grippe et difficultés respiratoires : 86 morts en Ukraine, dont cinq formels dus au H1N1

Quatre-vingt-six personnes sont mortes en Ukraine de la grippe et de difficultés respiratoires aiguës, dont cinq à cause du virus H1N1, selon un nouveau bilan officiel annoncé mercredi par le ministère de la Santé.

"Selon mes informations, 86 personnes sont décédées", a indiqué à la presse une responsable du ministère de la Santé, Raïssa Moïsseïenko. Cinq cas mortels ont été enregistrés dont au moins un à Kiev sur un total de 17 cas de grippe H1N1 confirmés dans l'ensemble du pays depuis octobre, a précisé aux journalistes Lioudmila Moukharska, adjoint au médecin sanitaire en chef du pays. Les responsables ont par ailleurs rejeté les rumeurs sur la présence en Ukraine de la peste pulmonaire circulant dans la presse. "Il ne peut pas y avoir de peste en Ukraine", a déclaré Mme Moukharska. "C'est le virus H1N1 qui circule en Ukraine (...) ainsi que d'autres types de virus de grippe et d'infections respiratoires", a-t-elle poursuivi. Mme Moïsseïenko a pour sa part confirmé que certaines victimes étaient mortes de "pneumonie hémorragique", "propre" au virus H1N1, qui "frappe très rapidement le tissu pulmonaire". "Les experts de l'OMS nous ont informés que la situation observée chez nous était absolument identique à celle dans tous les autres pays touchés" par le H1N1, a-t-elle fait valoir. Au total, plus de 478 000 cas de grippe et de maladies respiratoires ont été recensés en Ukraine depuis le début de l'épidémie à la mi-octobre, dont plus de 148 000 pendant les 24 heures précédentes, précise le ministère dans un communiqué publié sur son site officiel.

Plus de 24 000 personnes ont été hospitalisées, selon la même source. L'Organisation mondiale de la santé qui a envoyé une mission dans le pays a jugé mardi que la plupart des cas de grippe actuellement enregistrés en Ukraine pouvaient être attribués au virus pandémique H1N1. Ce virus étant "rapidement devenu la souche de grippe dominante dans le monde, on peut supposer que la plupart des cas de grippe en Ukraine sont dus au virus H1N1", a expliqué l'OMS.

La Turquie, frappée par la grippe, en pleine polémique sur la campagne de vaccination

En douze jours, la Turquie a enregistré quinze cas mortels de la grippe H1N1, tandis qu'une polémique sur la campagne de vaccination, partie du sommet de l'Etat, enfièvre le pays.

Un premier décès lié à la grippe a été annoncé le 24 octobre. Depuis, ils sont quotidiens, avec un point culminant lundi, six morts en une seule journée. Et avec quatre nouveaux décès annoncés mercredi, les autorités tentent de convaincre qu'il n'y pas lieu de s'affoler. Mais la multiplication même des mesures de prévention - campagne de sensibilisation dans les médias, aéroports équipés de caméras thermiques, écoles provisoirement fermées pour désinfection - contribue à entretenir la psychose. Le ministère de la Santé a entamé lundi une vaste campagne de vaccination, concernant en premier lieu les personnels médicaux, les pèlerins se rendant à La Mecque et les femmes enceintes, opération qui devrait concerner 28 millions de personnes. Mais à la surprise générale, le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan a déclaré mardi devant les députés de son parti qu'il ne se ferait pas vacciner, attisant les doutes de nombre de Turcs sur l'efficacité du vaccin. Et il a publiquement sermonné son ministre de la Santé, Recep Akdag, affirmant "ne pas partager sa position" sur les mérites de la vaccination et que l'on ne pouvait "forcer" les gens à se faire immuniser. L'opposition parlementaire a sauté sur l'occasion, accusant le gouvernement d'incompétence. "Le Premier ministre lui-même dit qu'il ne se fera pas vacciner, pourquoi alors immuniser les citoyens ?" s'est interrogé le chef de l'opposition, Deniz Baykal.

La vaccination reste la meilleure manière de lutte contre la grippe A (H1N1)

La vaccination reste la meilleure manière de lutte contre la grippe A (H1N1) et elle est vitale pour les groupes à risques, a indiqué mardi à Genève un porte-parole de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), Gregory Hartl.

"La vaccination reste la meilleure manière de lutter contre cette pandémie et elle comporte beaucoup plus d'avantages que de risques", a déclaré M. Hartl lors d'une conférence de presse à Genève. L'OMS est vivent préoccupée par le refus des gens de se faire vacciner contre la grippe A (H1N1), a ffirmé M. Hartl, tout en indiquant "C'est une réaction ddificle à comprendre. Que le vaccin ne soit pas utilisé par ceux qui en ont le plus besoin préoccupe sérieuse l'OMS. Les effets secondaires du vaccin contre le virus H1N1 ne sont pas différents de ceux connus pour la grippe saisonnière, et même s'il y a des effets secondaires sur le vaccin, ils sont bénins et temporaires, a souligné le porte-parole de l'OMS, avant d'ajouter que l'OMS n'avait pas constaté de complications inattendues jusqu'à maintenant. La vaccination contre le virus H1N1 est vitale pour les groupes à risques dans lesquels se figurent notamment les femmes enceintes, les enfants de moins de deux ans et les malades chroniques, a indiqué M. Hartl. En l'absence de vaccination, les femmes enceintes risquent de très sérieuses complications, et même une issue fatale, si elles sont infectées par le virus, a-t-il averti. Le nombre des décès dus à la grippe A (H1N1) dans le monde a dépassé les 5 700, soit 700 supplémentaires en une semaine, selon le dernier bilan de l'OMS publié le 30 octobre.

Identification d'un virus A (H9) chez une patiente en Chine

• Les autorités sanitaires de Hong-Kong ont confirmé l’identification d’un virus influenza A (H9) chez une patiente originaire de la province du Guangdong (Cf. carte).
• Il s’agit d'une femme de 47 ans résidant dans la province du Guangdong (Chine continentale) dont la date du début des symptômes remonte au 26 octobre 2009, ayant été hospitalisée depuis le 28 octobre 2009 à Hong-Kong. Durant toute la période d’incubation, la patiente n’a pas voyagé. Son état de santé est actuellement stable. Les investigations (dont le typage de la neuraminidase) sont en cours.
• Le virus H9N2 a été isolé chez de nombreuses espèces d’oiseaux notamment en Chine continentale et à Hong-Kong depuis une dizaine d’années.
• Des cas humains de grippe A (H9N2) ont déjà été diagnostiqués à Hong-Kong en 1999 (2 cas), 2003 (1 cas), 2007 (1 cas) et 2008 (1 cas). Au moins 5 cas humains ont également été diagnostiqués en 1998-99 en Chine continentale dans la province de Guangdong.
• Aucun décès lié au virus A (H9N2) n’a été rapporté.

En France de plus en plus de régions touchées par la grippe A (H1N1)

Tous les indicateurs sont à la hausse concernant le virus grippal A (H1N1), en France qu'il s'agisse du nombre de consultations, d’hospitalisations, de réanimations ou de placements en soins intensifs et malheureusement de décès.

Le nombre de cas de grippe est ainsi passé de 266 000 à 341 000 en une semaine, d’après les estimations des Groupes régionaux d’Observation de la Grippe (GROG). La circulation du virus A (H1N1) continue donc de s’intensifier sur tout le territoire, et particulièrement dans le nord du pays. Selon l’Institut de Veille sanitaire (InVS), 39 personnes ont été hospitalisées en réanimation ou en soins intensifs entre le 26 octobre et le 1er novembre. Quatre sont décédées, ce qui porte à 22 le nombre de morts attribués à la grippe A depuis le début de l’épidémie en métropole. Le nombre de passages aux urgences a également augmenté, de 32,5 % par rapport à la semaine précédente. La moitié des cas hospitalisés se trouve en Ile-de-France. De son côté, le réseau Sentinelles rapporte une nette augmentation de l’incidence des consultations. Elle était de 209 cas pour 100 000 habitants en semaine 43. Elle est maintenant de 323 cas pour 100 000 habitants, largement au-dessus du seuil épidémique de 128 cas pour 100 000. Et ce pour la huitième semaine consécutive.

Treize régions à ce jour, ont atteint ou dépassé ce seuil : Ile-de-France (607 cas pour 100 000), Champagne-Ardenne (411), Centre (358), Haute-Normandie (302), Pays-de-la-Loire (272), Nord-Pas-de-Calais (216), Limousin (204), Rhône-Alpes (196), PACA (194), Alsace (167), Bourgogne (160), Bretagne (140) et Languedoc-Roussillon (128). Cette augmentation est d’autant plus préoccupante qu’il s’agit d’une période de vacances scolaires, dont les observateurs espéraient qu’elle limiterait la circulation du virus.

Quatre cas aggravés de grippe A à Lille

Quatre personnes présentant des complications après avoir contracté la grippe A ont été admises en réanimation au CHRU de Lille. Il s'agit d'un bébé de neuf mois, de deux femmes enceintes et d'un homme de 23 ans ne présentant pas, avant l'infection, de troubles de santé.

Les quatre personnes ont été admises la semaine dernière en réanimation, où les mesures anti-pandémie étaient déjà bien en place. Selon Patrick Goldstein,médecin-chef du pôle Urgences au CHRU, «le simple fait d'être admis en réanimation signifie que leurs fonctions vitales avaient besoin d'assistance et que le pronostic vital était engagé». Heureusement l'état de santé du bébé et des deux femmes enceintes s'est amélioré, même s'ils sont toujours en réanimation. En revanche pour le jeune homme de 23 ans, admis vendredi dernier, la situation est toujours délicate. «Nous n'attendons pas plus de cas en réanimation que pour une épidémie de grippe classique, précise Patrick Goldstein, mais ce seront des patients plus jeunes.»

Certaines formes fulminantes
« Ce ne sont pas les seuls cas graves de grippe A dans la région, a confié le Pr François Fourrier, chef du service réanimation du CHRU de Lille. Nous avons admis cinq personnes en réanimation au cours des dix derniers jours, dont un qui est préoccupant. »
Les cas graves, ce sont en fait tous les malades qui se retrouvent en insuffisance respiratoire et doivent donc être placés sous ventilation assistée. Bien souvent, ces personnes avaient, avant de contracter la grippe A, une pathologie chronique. Mais cela peut arriver aussi à de jeunes gens en parfaite santé : « Certaines formes de grippe A sont fulminantes et surviennent en quelques heures », raconte le Pr Fourrier.
Pour autant, ce spécialiste ne souhaite pas alimenter une psychose : il faut relativiser au regard des données statistiques en provenance des pays qui ont déjà connu la pandémie - Australie, Nouvelle-Zélande, Brésil, Mexique... « On recense moins d'un cas grave pour 1 000 personnes atteintes par le virus H1N1 », note François Fourrier. Et pour ces cas graves, 80 % de chances de guérison en moyenne, sachant que ce pourcentage augmente chez les jeunes. Pour les femmes enceintes, les médecins ont constaté effectivement un risque accru de développer une forme grave de la grippe A : entre deux femmes du même âge atteintes par le virus, celle qui est enceinte a dix fois plus de risques de se retrouver en réanimation. « Mais là encore, la probabilité reste extrêmement faible », tempère le Pr Fourrier.

Raisonnement statistique
Car lors d'une épidémie, on en revient toujours aux maths : moins il y a de malades, moins il y a de cas graves, moins il y a de décès. Le spécialiste est un peu désemparé face à la polémique sur les risques de la vaccination : « Le vaccin est le seul outil qui permette de freiner la progression de l'épidémie. » Alors que son service est déjà « à flux tendu » - il n'accueille pas que des malades de la grippe A ! - et alors que la grippe saisonnière arrive elle aussi, on imagine sa hâte de voir la campagne de vaccination démarrer

Des Indiens isolés touchés par la grippe A

La grippe N1H1 s'est propagée parmi les Indiens Yanomami, une population réduite vivant pratiquement isolée à la frontière entre le Venezuela et le Brésil, a annoncé aujourd'hui le gouvernement vénézuélien qui a dépêché une équipe du ministère de la Santé sur place.

Au moins sept Indiens sont morts et 1 000 autres ont été contaminés par le virus, sur une population totale évaluée à 32 000 environ, selon l'ONG Survival, basée à Londres. Le gouvernement vénézuélien n'a pas confirmé ces chiffres. Le président vénézuélien Hugo Chavez avait dit mardi soir que la grippe avait "attaqué durement une population indigène", dans l'Etat Amazonas, dans le sud du pays, ajoutant que la situation était "sous contrôle". "Nous avons agi rapidement", avait indiqué M. Chavez, sans préciser le nombre de décès et de contaminations. Pour Survival, la situation est "critique". L'ONG craint que l'épidémie se "propage sur tout le territoire Yanomami", une tribu d'environ 32 000 personnes, vivant pratiquement isolée des deux côtés de la frontière du Brésil et du Venezuela. "Les deux gouvernements doivent prendre des actions immédiates pour stopper cette épidémie et améliorer radicalement les conditions sanitaires des Yanomamis", a dit Stephen Corry, directeur de Survival, dans un communiqué.

Grippe A (H1N1) : Les premières convocations pour la vaccination arrivent ce week-end en France

Les convocations des 6 millions de personnes à risque arrivent dans les boîtes aux lettres à partir de samedi. Les centres de vaccination ouvrent leurs portes jeudi prochain. La vaccination de masse contre la grippe A (H1N1), c'est parti. Les premières convocations adressées par l'assurance-maladie aux quelque 6 millions de personnes priori-taires commencent à être envoyées. Elles arriveront dans les boîtes aux lettres à partir de samedi ou lundi, selon le ministère de la Santé, et au plus tard mardi puisque la campagne démarre jeudi prochain. Il s'agit d'abord de l'entourage des nourrissons âgés de moins de six mois, leur famille et les professionnels de la petite enfance, soit 2 millions de personnes environ. Sont également convoqués en priorité les professionnels de santé et des maisons de retraite (près de 2 millions également) et les personnes de moins de soixante-cinq ans qui souffrent de maladies respiratoires ou infectieuses (2 millions également).

L'inconnue de la participation
La plupart des 1 060 centres de vaccination ouvrent leurs portes jeudi 12 novembre. Ils disposeront alors de plus de 4 millions de doses fabriquées par GlaxoSmithKline. Les livraisons des laboratoires pharmaceutiques se poursuivront ensuite au rythme de 2 millions de doses par semaine de la part de GlaxoSmithKline et de Novartis à partir de la mi-novembre. Le ministère de la Santé attend également 1,4 million de doses de Sanofi-Aventis, sans adjuvant, pour les femmes enceintes et les nourrissons de six à vingt-quatre mois. Les convocations pour cette population particulière devraient être envoyées à partir du 20 novembre. La participation de la population à la campagne de vaccination reste une grande inconnue, alors que les sondages font état d'un engouement très limité. Elle est faible parmi les personnels des hôpitaux, qui ont déjà commencé à se faire vacciner le mois dernier. En deux semaines, seulement de 40 000 à 50 000 employés des établissements de santé ont répondu à l'appel, sur une population totale de 800 000 personnes visées. La participation est même nettement inférieure à celle qui est constatée pour la vaccination contre la grippe saisonnière !
L'épidémie poursuit pourtant sa progression, selon l'Institut nationale de veille sanitaire (voir graphique). La hausse du nombre de passages aux urgences pour grippe s'est poursuivie la semaine dernière (+ 32,5 %) et 39 personnes ont été hospitalisées en réanimation ou en soins intensifs. Le gouvernement a commandé 94 millions de doses au total, qui doivent être livrées progressivement jusqu'au mois de janvier ou de février. Les autorités sanitaires recommandent actuellement deux doses par personne, administrées à trois semaines d'intervalle, ce qui complique la campagne - chaque assuré doit se déplacer deux fois au centre de vaccination. Le ministère de la Santé espère qu'il ne faudra qu'une seule dose finalement - les dernières études plaident dans ce sens -, mais on manque encore du recul nécessaire. Il faudra attendre de nouvelles recommandations des autorités européennes en ce sens, probablement le mois prochain.

mercredi 4 novembre 2009

Grippe et difficultés respiratoires : 81 morts en Ukraine

Quatre-vingt-une personnes sont mortes en Ukraine de la grippe et de difficultés respiratoires aiguës qui ont touché environ un demi-million d'habitants, selon un nouveau bilan officiel annoncé mercredi par le ministère de la Santé.

Au total, 478 456 cas de grippe et de maladies respiratoires ont été recensés en Ukraine jusqu'à tard dans la nuit de mardi, dont 148 472 pendant les 24 heures précédentes, précise le ministère dans un communiqué publié sur son site officiel. Quatre-vingt-une personnes sont mortes de la grippe et de difficultés respiratoires dans huit régions occidentales, dont 11 au cours des dernières 24 heures. Parmi ces décès, seul un cas mortel de grippe H1N1 a été recensé, selon le ministère de la Santé. Le Conseil de la sécurité nationale et de la défense avait fait état pour sa part vendredi de quatre morts de grippe H1N1 dans ce pays de 46 millions d'habitants.

L'Organisation mondiale de la santé qui a envoyé une mission dans le pays a toutefois estimé mardi que la plupart des cas de grippe actuellement enregistrés en Ukraine pouvaient être attribués au virus pandémique H1N1. Ce virus étant "rapidement devenu la souche de grippe dominante dans le monde, on peut supposer que la plupart des cas de grippe en Ukraine sont dus au virus H1N1", a expliqué l'OMS.

Grippe H1N1 : Les professionnels de santé libéraux peuvent se faire vacciner, mais avec beaucoup de complexité

Depuis cette semaine, les professionnels de santé libéraux peuvent se faire vacciner contre la grippe H1N1. Normalement, cette vaccination était prévue à partir du 12 novembre. Mais la recrudescence des cas de grippe H1N1 en région parisienne et dans le Nord à amener les autorités sanitaires à presser le pas.

A Brest, la première séance à l’intention des libéraux a eu lieu ce mercredi au CHU sur le site de l'hôpital Morvan. La prochaine aura lieu vendredi à la Cavale-Blanche. La vaccination est proposée aux médecins, aux sages-femmes, aux infirmiers et infirmières. En revanche, les pharmaciens et les dentistes ne sont pas concernés. La vaccination contre la grippe H1N1 reçoit un bon écho chez les libéraux. « Il y un intérêt incontestable, constate le professeur Jean-Dominique Dewitte, chef du service « santé au travail » du CHU de Brest. Dès vendredi, nous avons reçu de nombreux appels. » Il est vrai que, confrontés à des gens grippés, les médecins généralistes sont aux premières loges de la pandémie.

Mais sur le plan pratique ce n'est pas si simple, il faut se rendre dans une endroit mal indiqué - un service de médecine du travail et quelquefois une simple boîte postale ! - et bien sûr trouver un moment dans un emploi du temps plus que surchargé, avec des créneaux horaires qui ne correspondent guère aux disponibilités des libéraux.

En Picardie la grippe A (H1N1) progresse et inquiète

Après le décès de deux femmes, porteuses du virus H1N1, les mesures barrières ont été intensifiées au centre hospitalier Laennec. Mais l'inquiétude grandit auprès du personnel dont les moyens s'avèrent insuffisants en cas de pandémie.

L'activité grippale A continue d'augmenter en Picardie.
Le second cas mortel survenu la semaine dernière au centre hospitalier Laennec de Creil, confirme d'ailleurs « que l'épidémie progresse en France » note la direction de l'établissement creillois.
Autre indice inquiétant : le dernier bulletin de surveillance virologique fait état de 23 cas avérés de grippe A, dont 16 dans l'Oise, sur 48 prélèvements effectués ces dernières semaines en Picardie, soit un taux de positivité de 48 %.

Pour autant, la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, et les autorités sanitaires se veulent rassurantes, alors que doit être lancée, jeudi, la campagne de vaccination.

En cas de pandémie brutale, « nous ne sommes pas prêts »
Médecin hospitalier à Creil, le docteur Loïc Pen se dit, en revanche, beaucoup plus sceptique. Son sentiment fait même froid dans le dos : « Le problème en cas de pandémie brutale, c'est que nous ne sommes pas prêts, affirme-t-il. Les urgences sont déjà saturées, on ne sait pas comment nous ferons pour accueillir tous les patients dans les hôpitaux publics. Même un plan blanc ne suffirait pas. » Or, l'isolement est essentiel en cas de contagion. « Pour l'instant, on fait ce qu'il faut, mais on ne pourra pas tout faire. On va ramer, craint Loïc Pen. Il y a du côté de nos tutelles une espèce de volonté de dire que nous vivons dans un monde parfait, mais ce n'est pas vrai. Il y a un problème, il faut le dire. » Selon lui, une pandémie brutale de grippe A (H1N1) tuerait de 15 000 à 30 000 patients en France, au moins trois fois plus que la grippe classique.

Le meilleur remède demeure encore la vaccination. Mais dans un contexte de méfiance généralisée insufflée par les lobbies anti-vaccins, le message semble avoir du mal à passer auprès de la population.
« Certes, comme dans tout traitement préventif ou curatif, il existe toujours un facteur risque, admet le médecin hospitalier. Mais on sauve des gens. Un patient seulement sur 1 million est sujet à des complications graves. » Au centre hospitalier de Creil, des mesures barrières ont par ailleurs été prises depuis deux mois pour anticiper un éventuel état de crise. « Les visites sont limitées à deux personnes par chambre et l'on demande aux familles de se laver les mains, de mettre un masque et d'utiliser des solutions hydro-alcooliques, précise Nathalie Borgne, directrice des soins au centre hospitalier Laennec.
Nous relayons également la campagne de vaccination autant auprès du personnel soignant que des patients. » Depuis le décès d'une agent communale creilloise, le 24 octobre, les visites ont même été réduites à une personne, l'usage d'une surblouse et d'un masque rendu obligatoire dans les chambres et les mesures barrières intensifiées dans les services les plus exposés comme le service de réanimation, la néonatologie ou encore la pneumologie. Prévention qui demeure à ce jour le moyen le plus efficace d'éviter le risque de pandémie.

mardi 3 novembre 2009

Les complications de la grippe A (H1N1) surviennent à tout âge

Une enquête américaine publiée mardi dans la revue américaine Jama (Journal of American Medical Association) révèle que les personnes de plus de cinquante ans peuvent aussi être victimes de complications graves de la grippe H1N1, alors que jusqu'à présent l'accent était mis uniquement sur les dangers encourus par les plus jeunes. Il est clair que la grippe liée à ce nouveau virus n'a pas encore livré tous ses secrets, même si les connaissances progressent avec l'avancée de la pandémie. On ne connaît pas encore clairement le taux de mortalité, même si le chiffre de un cas pour 10 000 malades est le plus souvent avancé. On n'a pas encore clairement identifié non plus tous les facteurs liés augmentant le risque de complications.


L'enquête publiée mardi dans le JAMA s'est intéressée aux 1 088 premiers malades hospitalisés en Californie lors de la vague épidémique d'avril à août 2009. Elle apporte un certain nombre d'informations inédites et affirme que si les plus jeunes sont, contrairement à la grippe saisonnière, lourdement touchés par ce nouveau virus, les plus de 50 ans ne sont pas non plus épargnés, puisque le taux de décès pour eux est plus élevé que pour les autres tranches d'âge. En clair, ils sont moins souvent malades et hospitalisés que les plus jeunes du fait d'une immunité antérieure pour certains d'entre eux, mais lorsqu'ils le sont, le risque d'en mourir est plus important.

Cette enquête exhaustive a permis defaire apparaître un certain nombre d'autres faits. D'une part, sur ces 1 088 malades hospitalisés (dont un tiers en réanimation), 344, soit 32 %, étaient des jeunes de moins de 18 ans. L'âge moyen des personnes hospitalisées étant de 27 ans, mais avec des cas s'étalant de 1 an à 92 ans. Le taux d'hospitalisation a été de 2,8 pour 100 000 habitants en moyenne, mais de 11,9 cas pour 100 000 pour les moins d'un an à 1,5 cas pour 100 000 pour les plus de 70 ans.

Au total, 118 décès ont été à déplorer, soit 11 % des 1 088 personnes hospitalisées. Mais ce pourcentage atteint 20 % pour les plus de cinquante ans. Le délai moyen entre le début des symptômes et le décès est de 12 jours, la cause de la mort étant une pneumonie virale (les poumons sont complètement envahis par le virus) associée à un syndrome de détresse respiratoire aigu.

Les complications frappent en priorité des personnes déjà fragilisées par une pathologie préexistante. Cela est aussi retrouvé en Californie, puisque 68 % des hospitalisés dans cette enquête (60 % des moins de 18 ans, 72 % des plus de 50 ans) présentaient hypertension, diabète, maladie rénale ou digestive… L'obésité apparaît également comme un facteur de risque. Notons cependant que rien ne laissait présager une issue grave pour plus de 30 % des patients dépourvus de toute pathologie. Par ailleurs, l'hypertension ou le diabète sont des affections banales et très répandues, mais sont considérés ici comme augmentant le risque. Apparemment, c'est au bout de deux jours après le début de la grippe que les complications apparaissent, avec des symptômes tels que la toux, fièvre et essoufflement.

Protéger les proches des jeunes enfants»

Pour les auteurs, plusieurs conclusions s'imposent : «Les enfants de moins de deux ans ont le taux d'hospitalisation le plus élevé, mais ils sont trop jeunes pour recevoir les vaccins actuellement autorisés. Il est donc important de protéger en priorité les proches des jeunes enfants», insistent les auteurs regroupés sous le nom générique de California Pandemic Working Group.

Par ailleurs, 20 % des femmes enceintes hospitalisées ont eu besoin de soins intensifs. Les auteurs insistent pour qu'elles bénéficient de la vaccination en priorité. Mardi, alors que l'Organisation mondiale de la santé soulignait la nécessité pour les femmes enceintes de vaccin, les résultats d'un essai en cours indiquaient qu'une seule injection pour elles était suffisante. Mais pour les enfants de trois à neuf ans, une immunité suffisante est obtenue par deux injections à dix jours d'intervalle.

La Norvège rend accessible le Tamiflu et le Relenza sans ordonnance face à la progression de la grippe A (H1N1)

La Norvège a annoncé mardi qu'elle vendrait à partir de jeudi les traitements antiviraux Tamiflu et Relenza sans ordonnance pour faire face à la rapide propagation de la grippe A (H1N1) dans le pays.

Selon la ministre de la Santé Anne-Grete Stroem-Erichsen, la décision de passer outre les ordonnances va permettre à la Norvège "de gérer plus facilement" la pandémie. La mesure sera effective à partir de jeudi et jusqu'à la mi-2010. La Norvège a commandé 9,4 millions de doses de vaccin contre la grippe A (H1N1) - soit deux par habitant -, mais les vaccins ont été produits trop tard pour faire face au pic de demande actuel. Les autorités sanitaires norvégiennes ont recensé environ 100 000 cas de grippe A (H1N1), dont 15 mortels, depuis le début de l'épidémie. Pour une raison inconnue la Norvège connaît plus de cas mortels que les autres pays scandinaves.

La plupart des cas de grippe en Ukraine peuvent être attribués au H1N1

La plupart des cas de grippe actuellement enregistrés en Ukraine peuvent être attribués au virus pandémique H1N1, a estimé mardi l'Organisation mondiale de la santé qui a envoyé une mission dans le pays.

Ce virus étant "rapidement devenu la souche de grippe dominante dans le monde, on peut supposer que la plupart des cas de grippe en Ukraine sont dus au virus H1N1", explique l'OMS dans une note. L'Ukraine fait face à une propagation rapide de la maladie, et plus particulièrement l'ouest du pays qui est confronté à un "niveau élevé" d'affections respiratoires aiguës de même que que la capitale Kiev, ajoute-t-elle. Selon le ministère ukrainien de la Santé, ce pays de 46 millions d'habitants enregistrait lundi soir 255 516 cas de grippe et d'autres maladies respiratoires dont 71 décès parmi lesquels trois enfants et deux femmes enceintes. Le ministère ukrainien de la Santé a indiqué mardi que seuls 14 cas de grippe H1N1 et un décès avaient été confirmés jusqu'à présent.

Le centre de recherche sur la grippe de l'OMS de Mill Hill à Londres (Royaume Uni), a reçu mardi des échantillons envoyés par les autorités ukrainiennes afin de confirmer les cas et faire des études complémentaires, a précisé l'organisation onusienne. Par ailleurs, l'équipe de huit experts l'OMS, arrivée à Kiev lundi, devrait commencer son travail d'investigation dans la région de Lviv (ouest) où le nombre de cas rapportés d'affections respiratoires aiguës est particulièrement élevé. Invités par le gouvernement ukrainien, ces experts, qui doivent rester 15 jours dans le pays, ont pour objectif d'enquêter sur la situation et de soutenir le ministère de la Santé dans sa réponse au problème. Face à l'augmentation rapide du nombre des personnes manifestant des symptômes grippaux et de maladies respiratoires graves, les autorités ukrainiennes ont annoncé vendredi des mesures draconiennes, sur fond de campagne acharnée pour l'élection présidentielle. Pris de panique, les Ukrainiens se sont précipités dans les pharmacies pour acheter masques chirurgicaux et médicaments.

Une fillette de 11 ans premier décès en Autriche de la grippe A (H1N1)

Une fillette de 11 ans originaire de la région italienne du Trentin-Haut-Adige est décédée lundi des suites de la grippe A (H1N1) dans un hôpital d'Innsbruck, en Autriche. C'est le premier cas mortel du nouveau virus grippal survenu en Autriche.

La fillette, dont l'identité n'a pas été communiquée, se trouvait depuis plusieurs jours dans une unité de soins intensifs de cet hôpital d'Innsbruck, une ville de l'ouest de l'Autriche, a rapporté l'agence de presse autrichienne APA. Le ministre autrichien de la Santé Alois Stoeger a présenté ses condoléances à la famille de la fillette. L'enfant était originaire du Trentin-Haut-Adige, une région germanophone du nord de l'Italie, frontalière de l'Autriche.

lundi 2 novembre 2009

Grippe : 64 morts en Ukraine en quelques jours

Soixante-quatre personnes sont mortes en Ukraine de la grippe et de difficultés respiratoires aiguës, selon un nouveau bilan du ministère de la Santé publié lundi, alors que l'Eglise orthodoxe ukrainienne a commencé à célébrer des prières pour la santé de la nation. "Le nombre de morts est passé à 64", a annoncé à l'AFP le service de presse du ministère de la Santé. Le dernier bilan publié dimanche faisait état de 60 morts. Quatre cas mortels de grippe H1N1 ont pour l'heure été officiellement recensés, l'un par le ministère de la Santé, les trois autres par le Conseil de la sécurité nationale et de la défense. Au total, 14 cas de grippe H1N1 ont été enregistrés dans le pays, selon le ministère. L'Eglise orthodoxe ukrainienne relevant du Patriarcat de Moscou (majoritaire en Ukraine) a pour sa part appelé ses fidèles à se joindre à une prière "pour l'arrêt de la propagation de la maladie et la guérison des malades" qui sera prononcée cette semaine par ses prêtres, a-t-elle annoncé dans un communiqué. L'ouest de l'Ukraine est frappé par une vague de grippe et de maladies respiratoires semant la panique parmi la population, qui a dévalisé les pharmacies en masques et traitements contre la grippe. Le gouvernement a annoncé vendredi des mesures drastiques contre l'épidémie, dont la fermeture d'écoles et l'annulation de rassemblements publics alors que le président Viktor Iouchtchenko a demandé dimanche une aide d'urgence aux Etats-Unis, à l'Union européenne, à l'Otan et aux pays voisins de l'Ukraine.

dimanche 1 novembre 2009

Les Canadiens prennent d'assaut les centres de vaccination contre la grippe A (H1N1)

Le directeur de la Santé publique, Alain Poirier, estime qu'il faudra contrôler davantage ceux qui se présentent aux lieux de vaccination.

Le ministre de Santé Yves Bolduc le concède : «à une époque j'ai moi-même dit qu'on allait faire des accommodements» pour les personnes qui se précipitent avant leur tour au centre de vaccination. Mais «on a vu des excès en conséquence de notre attitude conciliante», si bien que les prochains à s'essayer seront priés de retourner à la maison et d'attendre. Depuis la mort subite en début de semaine d'un adolescent de 13 ans atteint de la grippe A (H1N1) dans la région de Toronto, et depuis les récentes éclosions dans les écoles du Québec, depuis l'intensification de la deuxième vague, l'attitude de la population à l'égard de la vaccination a bien changé. «On est passé d'une attente de 40 % de la population qui voulait se faire vacciner et là, on l'estime actuellement à 70 à 80 %», a exposé le ministre Bolduc samedi matin en conférence de presse.

Des débordements

Il ne peut que se réjouir du changement de cap soudain, mais la Santé publique doit s'ajuster. «On a donné un pied, mais il y en a qui ont pris un peu plus», expose le directeur national de Santé publique, le Dr Alain Poirier. En effet, depuis le début de la vaccination la semaine dernière, certaines régions autour de Montréal et en Outaouais, entre autres, ont connu des débordements. Des gens mal informés ou inquiets tentaient de recevoir le vaccin avant le temps, ou dans une autre région pour profiter d'une séquence de vaccination différente.
Mais même si les gens se précipitent, le problème de base reste le même : il n'y a pas assez de doses disponibles pour vacciner tout le monde en même temps. Même que le nombre de doses disponibles diminuera temporairement pour laisser le temps au fabricant Glaxo Smith Kline de produire le vaccin sans adjuvant. Donc l'inquiétude grandit beaucoup plus rapidement que le nombre de doses. Malgré tout, «la panique est très mauvaise conseillère», philosophe Yves Bolduc. Mais «l'inquiétude de la population, on l'accepte et on la respecte [...] Ce qu'on peut dire, poursuit-il, c'est qu'on fait le maximum d'effort pour que la population se fasse vacciner le plus rapidement possible, d'où l'importance de donner la priorité aux groupes les plus vulnérables. «La population du Québec doit comprendre qu'il faut qu'elle soit disciplinée et qu'elle écoute les consignes.»

Les règles changent

Dans une perspective de santé publique, il faut éviter que les gens qui sont moins à risque ne privent les personnes vulnérables de leur vaccin. Sans faire la police, «il va falloir resserrer la vis, tranche le Dr Poirier, vérifier les files d'attente [...] Quand les gens vont se présenter, de toute évidence sans facteur de risque, simplement parce qu'ils étaient disponibles, "parce que ça adonnait bien, j'ai vu l'annonce, pis je passais chez vous", tous ces gens-là vont être appelés à retourner [chez eux], à attendre le moment de leur vaccination et de le faire dans leur région.» Il reconnaît qu'à l'évidence, les autorités devront toujours s'en remettre à la bonne foi de la population: «on ne fera pas de test de grossesse chez les femmes, par exemple, on ne demandera pas le dossier médical», mais «il y a des choses qu'on va contrôler mieux.» Ainsi, lorsque les femmes enceintes seront appelées dans les centres de vaccination, les hommes dans la file devront s'attendre à se faire poser des questions. Les autorités peuvent aussi facilement vérifier l'adresse d'une personne, son âge et d'autres renseignements qui sont disponibles avec le numéro d'assurance maladie, qui vous sera par ailleurs demandé pour recevoir le vaccin.

Scènes de panique en Ukraine suite à la grippe A

Ioulia Timochenko, premier ministre, a tenté de calmer la population effrayée par les mesures drastiques décrétées par son gouvernement. Elle les appelle toutefois à confectionner leurs propres masques.

Le contraste est saisissant. Alors qu'en France la ministre de la Santé bataille pour encourager la population à se faire vacciner contre la grippe H1N1, les Ukrainiens ont pris d'assaut samedi les pharmacies pour obtenir des soins. La veille, le gouvernement avait annoncé des mesures drastiques et inédites en Europe pour contrer l'épidémie après l'apparition d'un premier cas mortel. La fermeture des écoles a été décrétée pour trois semaines et les rassemblements publics ont été annulés.

Depuis, au moins trois autres personnes sont décédées dans le pays, tandis que quatorze cas d'infection ont été confirmés, alimentant un sentiment de panique. Dans plusieurs villes du pays, les habitants se plaignaient ainsi samedi d'avoir du mal à trouver des médicaments contre la grippe. «J'ai été dans plusieurs pharmacies, mais je ne peux trouver de médicaments nulle part», a raconté Elena Mikhaïlova, retraitée habitant à Kiev, la capitale. «En attendant, la grippe progresse», a-t-elle ajouté, tout en se couvrant le visage d'un mouchoir en papier. A Lvov, dans l'ouest de l'Ukraine, certaines pharmacies étaient aussi en rupture de stock, tandis que les conducteurs de bus et trolleybus et de nombreux jeunes portaient des masques. Dans la soirée, Ioulia Timochenko, premier ministre, a tenté de rassurer les Ukrainiens. «Les mesures prises par le gouvernement sont très sévères mais n'ayez pas peur, ces mesures sont beaucoup plus sévères que les risques réels», a-t-elle déclaré, expliquant qu'«il vaut mieux faire trop qu'insuffisamment». «Nous avons commencé à nous préparer à la probable pandémie dès le mois d'avril, lorsque des premiers cas de cette maladie dans le monde ont été découverts», a assuré celle qui est aussi candidate à l'élection présidentielle du 17 janvier.

La peste pulmonaire.
Ce n'est pourtant pas l'impression de préparation qui domine. Le président Viktor Iouchtchenko a d'abord donné des chiffres de contamination très élevés, affirmant que 150 000 personnes avaient été infectées. Mais ce total comprenait toutes les formes de grippe. Son premier ministre a ensuite appelé les Ukrainiens à porter des masques, quitte à les fabriquer eux-mêmes. «S'il vous plaît, mettez une masque dans les transports en commun, au travail, à la maison. Si vous pouvez coudre un masque pour vous-mêmes, vos enfants, voisins ou amis, ce sera une très grande aide au pays», a-t-elle dit. Pour ne rien arranger, de nombreuses rumeurs contribuent à la panique. Un quarantaine de personnes sont en effet décédées d'une pneumonie dont les origines restent floues, relançant les craintes de peste pulmonaire. Une autre rumeur, courant aussi bien à Kiev qu'à Lvov, prétend que des substances toxiques seront pulvérisées dans les rues pour arrêter l'épidémie. Vendredi, le porte-parole du ministère des Situations d'urgence, Igor Krol, avait appelé à «ne pas céder aux provocations et à croire uniquement les informations officielles du gouvernement».