vendredi 31 juillet 2009

Grippe A. La jeune patiente décédée en France portait le virus

«C'est le premier décès en France où le prélèvement est positif. Mais dire qu'il est lié au virus A (H1N1) serait un raccourci», estimait, hier, le professeur Jacques Sizun (photo ci-contre), pédiatre réanimateur au CHU de Brest, après la mort d'une patiente de 14 ans.

La jeune fille, âgée de 14 ans, dont l'origine géographique n'a pas été dévoilée, souffrait depuis sa naissance d'une maladie rare avec déficit immunitaire. Son état s'était altéré depuis le début de cette année. Elle a été hospitalisée à Morlaix (Finistère). Son état s'est aggravé et elle a rejoint, le 6 juin, l'hôpital Necker, à Paris. «Le 9 juillet, elle a été hospitalisée à Brest en réanimation pédiatrie, elle est décédée le 18 juillet», explique le professeur Jacques Sizun, pédiatre réanimateur et responsable du pôle Femme, mère et enfant au CHU de Brest. Le médecin ajoute que la jeune fille est décédée de complications respiratoires, dues à des suraffections bactériennes.


Deuxième analyse

La veille de sa mort, un prélèvement a été effectué, et envoyé à l'hôpital des Armées de Brest. L'analyse dite de premier niveau n'a pas révélé la présence du virus. Toujours est-il qu'il a été décidé de faire une analyse dite de second niveau, effectuée cette fois à Paris. Son résultat s'est révélé positif. Il a été connu hier, avec la communication qui a suivi. La question se pose de savoir quand la jeune fille a attrapé le virus, sachant que son délai d'incubation est de quelques jours. Elle est arrivée à Brest le 9 juillet, ce qui laisse ouverte l'éventualité d'une contamination locale, sans que l'on sache d'ailleurs la façon dont cela a pu se passer. La jeune fille se trouvait en chambre stérile. En dehors du personnel soignant, ses très proches avaient accès à elle 24h sur 24. Que ce virus ait été identifié prouve au demeurant qu'il circule à Brest comme au niveau national.

Protocoles en cours

Le professeur Jacques Sizun estimait, hier, qu'il était très difficile cependant de poser un lien de cause à effet entre le décès et le virus. «Nous avons détecté d'autres germes bactériens à l'origine de cette dégradation». Un organisme affaibli peut-il être plus vulnérable devant le virus ? C'est ce que disait, hier, Roselyne Bachelot, ministre de la Santé: «Des virus même réputés peu sévères peuvent avoir des conséquences graves sur des personnes fragiles».

Protocoles inchangés à l'hôpital

L'identification de la présence du virus A (H1N1) sur cette jeune fille ne va pas changer les protocoles en cours, qui sont en vigueur au CHU de Brest, et ailleurs. «Les équipes soignantes et médicales sont au premier chef concernées par ces questions», explique Bernard Dupont, directeur général du CHU de Brest. La difficulté d'être précis dans le cas de ce décès sur la responsabilité ou non du virus est palpable dans la communication même de l'Institut de veille sanitaire, qui a été le premier à donner l'information, dans l'après-midi, l'hôpital brestois effectuant, lui, un point-presse à 20h45. Dans un premier communiqué, l'Institut de veille sanitaire écrivait: «Les conclusions de l'évaluation clinique ne sont pas en faveur d'un décès directement lié au virus A (H1N1)». Dans un second communiqué, cette phrase a disparu. Il est écrit: «Il s'agit du premier décès en France d'une personne chez laquelle le virus A (H1N1) a été identifié».
Reste un point important le virus de la grippe A (H1N1) est présent à l'hôpital de Brest, et malgré les consignes et protections la transmission a eu lieu à un patient hospitalisé.