samedi 2 mai 2009

Cartes des cas de nouvelle grippe

Aux USA :

A ce stade, 156 cas sont confirmés A(H1N1) dans 28 Etats (dont 49 cas pour la seule ville de New York). Certains cas sont importés tandis que d’autres sont dus à une transmission locale.

L’état clinique de la majorité des cas n’est pas inquiétant. Cependant certains cas ont été hospitalisés et un décès (chez un enfant en bas âge venu du Mexique) a été notifié. A New York, de très nombreux collégiens et leur entourage sont actuellement suivis par les autorités sanitaires en raison de l’épidémie ayant touché des collèges du Queens. Un grand nombre de cas est actuellement sous investigation. Notons, parmi ceux-ci, la présence de deux soignants dans l’Etat du New Hampshire.

Au Mexique :

L'ampleur du phénomène est beaucoup plus importante. Les données sont différentes en fonction des sources retenues. Le ministère de la Santé fait aujourd’hui état de 397 cas confirmés dont 16 décès.

Au Canada :

On compte à ce jour 56 cas confirmés de nouvelle grippe A(H1N1) dans 6 des 10 provinces canadiennes (Alberta, Colombie Britannique, New Brunswick, Ontario, Nouvelle Ecosse et Québec). Aucun à ce jour n’a présenté de symptomatologie grave. Tous avaient voyagé récemment au Mexique.

En Allemagne :

On signale en Bavière la présence de 2 cas secondaires acquis en milieu hospitalier (un soignant et un malade dans la même chambre, infectés par le même cas index).

Autres pays

Les autres cas notifiés dans les pays sont décrits dans le tableau ci-dessus. Il est à noter que tous les cas confirmés décrits (sauf aux USA, en Espagne, en Allemagne, au Royaume-Uni et au Danemark) sont des cas présentant un voyage récent au Mexique. Le cas du Danemark revenait d’un voyage à New York.

Les décès liés à la grippe A(H1N1) porcine ont été rapportés au Mexique et aux USA.

La mobilisation des pays pour la recherche active de cas devrait entraîner un nombre croissant de cas et de territoires touchés à travers le Monde dans les jours à venir.



Le nombre de cas continue de progresser, 160 cas aux USA

Aux Etats-Unis le nombre de cas avérés continue de progresser comme le laissait penser la contagiosité du nouveau virus. Avec une augmentation de 19 cas enregistrés en un jour. Toutefois on n'enregistre aucun nouveau décès. Cliquer sur l'image ci-dessous pour un accès direct au site gouvernemental américain.

L'origine de la grippe A (H1N1) pourrait être aux Etats-Unis

Les autorités sanitaires américaines n’excluent pas que le foyer initial du virus A (H1N1) responsable de l’épidémie de grippe d’origine porcine se soit trouvé aux Etats-Unis.

“Alors que nous poursuivons nos enquêtes aux Etats-Unis, il est possible que nous découvrions l’existence de cas d’infection antérieurs”, indique dans un courriel à l’AFP Scott Bryan, un responsable des Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC) interrogé sur plusieurs cas en Californie avant que l’épidémie ne se déclenche au Mexique.

Selon le Wall Street Journal publié vendredi, le premier de ces cas découverts était celui d’un enfant de 10 ans dans le comté de San Diego (Californie), près de la frontière mexicaine, le 30 mars.

Par chance les médecins ont fait un prélèvement dans la gorge du petit garçon et l’ont envoyé aux CDC pour analyse, qu’ils ont reçu le 14 avril.

Leurs laboratoires ont déterminé qu’il s’agissait d’une nouvelle variante d’un virus de la grippe d’origine porcine H1N1, selon le quotidien, ce que n’a pas démenti ce responsable des CDC.

Une petite fille a également été infectée peu après dans un comté californien voisin ainsi que son cousin. Il s’est avéré que tous ces cas de grippe –dont tous ces malades ont guéri–, ont été provoqués par le nouveau virus A (H1N1) et que ces enfants n’étaient pas allés au Mexique et n’avaient pas été en contact avec des porcs.

Toutefois, le responsable des CDC explique qu’il pourrait s’agir d’une variante du virus expliquant qu’entre décembre 2005 et janvier 2009, les CDC ont testé douze différentes souches atypiques de virus d’origine porcine.

Pour Lisa Winston, épidémiologiste de la faculté de médecine de l’Université de San Francisco, “la trajectoire d’un virus peut être imprévisible”. “Si un grand nombre d’Américains a déjà été infecté et a bien récupéré –les symptômes de cette grippe sont similaires à ceux d’une grippe saisonnière– cela indiquerait que cette vague d’infections aux Etats-Unis pourrait ne pas être sévère”, a-t-elle dit au WSJ.

L'OMS hésite à passer au niveau 6, car cela serait interprété comme un critère de gravité

L’OMS “ne sait pas à quel point la pandémie (de grippe porcine) peut être grave”, a indiqué samedi un responsable de l’organisation qui a estimé que l’évolution de la situation des “prochains jours en Europe” sera déterminante.


L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré la phase d’alerte 5 pour une pandémie “imminente”. Le niveau maximum d’alerte 6, qui n’a pas encore été déclenché, “décrit l’état de pandémie, mais pas son degré de gravité”, a souligné le Dr Michael Ryan, directeur à l’OMS du Réseau mondial d’alerte et d’action en cas d’épidémie.

Selon des sources officielles, citées par BNO News, l’OMS indique qu’en l’absence de preuve qui démontrerait de la propagation de foyers de la grippe A (H1N1) en dehors de l’Amérique du nord, le niveau d’alerte reste en phase 5. (WHO official says there is no evidence of sustained community spread of swine flu outside North America; pandemic alert remains at level 5.)

La France passerait de 5A à 5B

Selon Radio France International : Nous sommes dans la phase 5 A du plan national anti-pandémie grippale : celui de la transmission interhumaine du virus à l’étranger et nous pourrions rentrer dans la journée en phase 5 B, de ce plan d’urgence national, celui de la transmission interhumaine du virus de la grippe en France.

Grippe A (H1N1) les 3 scénarios possibles de la pandémie

Cela fait maintenant une semaine que le virus A (H1N1) s’est imposé sur la planète.

Aujourd’hui, un bilan est impossible à faire, tant les chiffres annoncés par les gouvernements semblent faussés par leurs intérêts politiques, sécuritaires et économiques
(1).

Les dernières informations font état de pression sur l’OMS afin de retarder le plus possible le déclenchement de la phase 6 de l’alerte pandémique.

Il faut laisser le temps aux états-majors des pays ou l’infection est la plus virulente de mettre au point les plans d’action de mise en quarantaine, avec toutes les conséquences qu’elles ne manqueront pas d’entrainer avec elles. Il est sûr que c'est une décision qui n'est pas facile à prendre, surtout si c'est le scénario type A qui se réalisait, l'OMS perdrait une grande partie de sa crédibilité. Et on aurait aggravé la situation économique mondiale pour une planète déjà mal en point. Alors on joue aux dès ! Ou bien on arrête de tergiverser ...

La photo ci-dessus montre nos moyens de défense (masques et solutions désinfectantes) des armes qui peuvent paraître dérisoires mais qui sont heureusement efficaces si elles sont bien appliquées et expliquées. Il y a aussi les antiviraux en attendant le vaccin.

Voyons les trois scénarios envisagés.

A. Le scénario le moins probable

Avec l’été, le virus A (H1 N1) disparait aussi vite qu’il est apparu. Le génie épidémique échappe aux meilleurs experts, et le SRAS, qui avait fait 800 morts dans le monde entre 2002 et 2005 avait fini par s’évaporer. Il n’est pas impossible que le A (H1 N1) subisse le même sort.

B. Le scénario le plus probable

Le virus passe dans l’hémisphère sud, avant de réapparaitre, et redoubler de vigueur, en automne prochain. Dans l’immédiat, il infecterait très rapidement les pays les plus démunis, ceux du sud. Dans les « pays développés », la maladie suivrait le modèle grippal, ce qui veut dire que la majorité ne développeraient pas de symptômes. Le virus se propagerait rapidement : 2 personnes contaminées pour 1 personne infectée, avec un taux de mortalité analogue a celui de la grippe habituelle, soit 1 pour 1000. Problème : la production d’un vaccin A (H1 N1) obligerait l’industrie pharmaceutique à délaisser le vaccin contre la grippe saisonnière.

Pour ce scénario, l’enjeu résidera surtout la capacité à gérer la deuxième phase, en automne. Ce sera un rendez-vous décisif, avec un risque élevé d’amplification de la pandémie mondiale, qui se mélangera alors avec la grippe saisonnière, et donc un risque élevé d’une mutation du A (H1 N1) vers une forme bien plus mortelle. Pour les pays pauvres, la catastrophe serait inévitable.

C. Une pandémie incontrôlée

C’est le scénario catastrophe, celui qui justifie l’inquiétude de l’OMS, et la mise en place de la phase 6 de l’alerte pandémique. La nouvelle souche du A (H1 N1) se révèlerait d’une rare virulence. Par des mutations génétiques successives, le virus aurait atteint une forte pathogénicité et une force épidémique de l’ampleur de la grippe saisonnière, mais avec un taux de mortalité bien plus élevé. Les plans de quarantaine mis en place par tous les pays se révèleraient inutiles et le monde entier serait paralysé, avec toutes les conséquences que cela suppose.

(1) : Un rapide calcul démontre clairement que les chiffres annoncés ne tiennent pas la route un seul instant. Il y aurait 343 cas confirmés au Mexique, un pays qui compte plus de 100 millions d’habitants. Ainsi, tous les touristes aujourd’hui confirmés aux USA (143), au Canada (53) ou en Allemagne (5), pour ne prendre que ces exemples, se seraient fait contaminer par un de ces 343 Mexicains ? Quel manque de chance tout de même… Il serait plus simple de nous dire que le Mexique n’est pas dans la capacité de savoir combien des ses ressortissants sont aujourd’hui infectés par la maladie et que ce chiffre de 343 cas ne correspond en rien à la réalité.

Les explications d'un virologue : le professeur Bruno Lina

Deux facteurs limitants qui préviennent la transmission des virus aviaires à l'homme sont absents chez le porc. Le système respiratoire humain présente des récepteurs sur lesquels peuvent potentiellement se fixer les hémaglutinines des virus inflenza de type alpha (2,3) au niveau des voies respiratoires inférieures et alpha (2,6) au niveau des voies respiratoires supérieures. Les virus aviaires ont une biologie spécifique de l'oiseau et ne reconnaissent que les récepteurs alpha (2,3) qui sont chez l'homme confinés dans les voies respiratoires inférieures donc peu exposés.

A la différence de l'oiseau les porcs présentent des récepteurs alpha (2,6). Les virus porcins peuvent donc reconnaître les voies respiratoires supérieures de l'homme, ce qui est beaucoupplus efficace en terme de transmission inter-espèce puis inter-humaine. Par ailleurs la température corporelle des oiseaux est de 39°C, le virus aviaire n'est donc pas en condition optimale de reproduction chez l'homme. A l'inverse la température corporelle du cochon est la même que celle de l'homme.

Comment expliquer la différence de sévérité des cas américains et mexicains ?

Il est trop tôt pour expliquer entièrement cette différence de sévérité. Une chose est sûre, le Mexique n'est pas un pays sous-développé et dispose de moyens biologiques et médicaux conséquents. L'alerte a été donnée par le Mexique un mois après l'identification d'un phénomène anormal. Au début de l'épidémie mexicaine, les traitements anti-viraux étaient absents de la prise en charge ce qui a eu pour conséquence d'augmenter la mortalité. On ne connaît pas actuellement l'âge des patients infectés qui sont morts ce qui permettrait d'identifier les personnes à risque. L'OMS n'a pas fourni ces informations pour l'instant car elle ne veut pas courir le risque d'une mauvais interprétation de ces données. Il faut prendre également en compte le fait que les prises en charge au Canada et aux Etats-Unis ont été très précoces et efficaces. Mais, on ne peut pas, selon moi tout mettre sur le dos d'une mauvaise prise en charge médicale mexicaine.

Pourquoi une différence de gravité entre le Mexique et les USA ?

Le Professeur Bruno Lina qui est virologue au CHU de Lyon, délégué général du Groupe d'étude et d'information sur la grippe (GEIG) déclare : " Il est trop tôt pour expliquer la différence de sévérité des cas mexicains et américains ".

De son côté le professeur François Bricaire, infectiologue à la Pitié Salpêtrière, confirme : " On ne connaît pas les caractéristiques d'un virus qui permettent de définir sa virulence ". Pourquoi le H1N1 de 1918 était-il si agressif et celui de 1977 inoffensif ? La question reste visiblement ouverte.

Deux problèmes se posent actuellement pour évaluer la virulence du virus : la sévérité des cas est très différente aux Etats-Unis et au Mexique et les scientifiques français ne savent pas pourquoi sont morts les mexicains infectés (surinfections bactériennes, grippes fulminantes ?).

Plutôt qu'une différence de virulence ou de sensibilité à deux populations, Françoise Weber, directrice de l'Institut national de veille sanitaire (InVS), estime que la différence de prise en charge aux Etats-Unis et au Mexique suffit à expliquer cette divergence de sévérité symptomatique.

C'est d'ailleurs cette opinion que nous défendions précedemment.


La situation mondiale de la grippe A (H1N1) : 594 cas confirmés avec 85 décès certains et 177 décès probables

Voici la dernière liste des pays présumés affectés par l'épidémie de grippe A (H1N1) partie du Mexique. Sur la base des symptômes et des tests préliminaires, le Mexique a fait état de 176 morts, dont 84 ont été confirmés pour le moment par le Centre américain pour le contrôle des maladies.

Seul deux pays ont enregistrés des morts : Le Mexique 176 et les USA 1 seul. Aux Etats-Unis il s'agit d'ailleurs indirectement d'un cas importé (un bébé mexicain soigné au Texas).
Le taux de létalité est difficile à appréhender. Très élevé pour le Mexique et quasi nul - on pourrait même dire nul - pour les autres pays. L'hypothèse est qu'au Mexique, l'effet de surprise a du jouer, car il s'agissait du début de l'épidémie. Dans ce contexte beaucoup de personnes n'ont pas du bénéficier des soins appropriés d'emblée. Dès que les thérapeutiques efficaces ont été utilisées, notamment les antiviraux (Relenza ou Tamiflu) la même mortalité n'a pas été observée. On assiste d'ailleurs aux premiers cas de guérison.

A la lumière de ces constations, quel peut-être le devenir de cette infection ?

1) Le virus de la grippe A (H1N1) va continuer de se diffuser à travers le monde, certainement très rapidement.
2) Des cas autochtones (déjà constatés en Grande Bretagne, Allemagne et aux Etats-Unis) vont apparaître de plus en plus compte tenu de la contagiosité de ce virus.
3) Le niveau 6 de pandémie sera sans doute déclaré par l'OMS. Certains pays ont d'ailleurs déjà anticipé comme Israël.
4) Il parait improbable que d'autres cas mortels ne surviennent ailleurs qu'au Mexique, et aux USA car il sera impossible de repérer tous les cas mondiaux assez tôt. Cela dépendra bien entendu du niveau sanitaire et de préparation des différents pays. On risque d'avoir des taux de mortalité très inégaux fonction de ces mêmes inégalités.
5) Ce virus va continuer à évoluer et là toutes les hypothèses sont malheureusement envisageables.

                  Morts     Cas avérés  Cas suspects
 MEXIQUE          176          358          2.500
 ETATS-UNIS         1          141              0
 CANADA             0           51              0
 GRANDE-BRETAGNE    0           13            642
 ESPAGNE            0           13            108
 ALLEMAGNE          0            5             12
 NOUVELLE-ZÉLANDE   0            3            149
 FRANCE             0            2             41
 ISRAËL             0            2              2
 SUISSE             0            1             16
 AUTRICHE           0            1              2
 DANEMARK           0            1              0
 PAYS-BAS           0            1              0
 HONG KONG          0            1              0
 CORÉE DU SUD       0            1              0
 AUSTRALIE          0            0            114
 CHILI              0            0             16
 COLOMBIE           0            0             10
 ARGENTINE          0            0              9
 VENEZUELA          0            0              9
 BRÉSIL             0            0              7
 PÉROU              0            0              7
 GUATÉMALA          0            0              3
 COSTA RICA         0            0              2
 SALVADOR           0            0              2
 AFRIQUE DU SUD     0            0              2
 BÉNIN              0            0              1
 FINLANDE           0            0              1
 NORVÈGE            0            0              1

vendredi 1 mai 2009

Cumul des cas mondiaux : 564 cas confirmés. Le niveau 6 pour bientôt.

Quelque 564 cas confirmés de grippe A(H1N1) ont été recensés vendredi dans le monde. Un premier cas a été signalé en Asie, à Hong Kong.
L’Allemagne et la Grande-Bretagne ont annoncé chacun une contamination survenue à l’intérieur même de leur territoire. Il s'agit des deux premières transmissions interhumaines advenues en Europe.

Le niveau 6 devrait être prononcé dans les 24 heures par l'OMS.

Douze pays au total sont désormais touchés par la grippe porcine, dénommée officiellement par l’OMS “grippe A (H1N1)”, dont quatre sur le continent américain et six en Europe.

Notre connaissance du virus progresse, mais celui-ci s'est déjà modifié.

1/ il s’agit d’un virus très contagieux
2/ ce virus est en cours de diffusion à l’ensemble du globe à vitesse grand V et rien ne peu interrompre sa diffusion
3/ ce virus semble relativement peu pathogène pour l’instant,dans nos pays développés…. du type grippe
4/ il devrait nous revenir, plutôt plus fort en automne
5/ ce virus aurait déjà muté plusieurs fois depuis que les labos le suivent
6/ il va probablement encore muter et peut-être même se recombiner avec d’autre, ce qui risque d’augmenter de manière dramatique ses potentialités pathogènes.

Théoriquement, en cas de pandémie de grippe porcine, jusqu’à la moitié de la population pourrait être contaminée, a jugé vendredi l’agence de santé de l’Union européenne en se fondant sur ce qui s’était passé au cours des trois pandémies qu’a connues le XXe siècle.

Entre 25 et 30% en moyenne des gens sont tombés malades des suites de la grippe espagnole de 1918, de la grippe asiatique de 1957 et de celle dite de Hong Kong de 1968, a rappelé devant la presse Angus Nicoll, qui dirige le programme grippe du Centre européen du contrôle des maladies, dont le siège est à Stockholm.

“Un tiers des personnes étant contaminées sans tomber malades, cela nous donne un taux de contamination de 50%”, a-t-il ajouté.

Selon lui, environ 4% des individus ayant contracté ces grippes ont eu besoin de soins hospitaliers.

De plus, parmi les personnes tombées malades au cours des pandémies de 1957 et de 1968, la proportion des décès s’est établie “bien au-dessous de 0,2%, soit deux pour mille, ce qui est vraiment très bas”, a poursuivi M. Nicoll.

Dans le cas de la grippe espagnole, “une pandémie très inhabituelle” qu’il n’a pas voulu mettre en parallèle avec l’actuelle grippe porcine, ce taux avait été de 2 à 3%.

“Je ne voudrais pas dire que nous allons revoir la même chose”, a-t-il insisté, tout en soulignant que s’agissant d’un nouveau virus “la plupart d’entre nous ne sommes pour le moment pas immunisés contre lui”.

Israel est passé en phase 6

Israël décide de passer en phase 6, selon VeraTect. Le ministère israélien de la Santé a décidé jeudi d’élever le niveau de préparation au virus de la grippe porcine de phase 5 à phase 6, a rapporté le quotidien local Yedioth Ahronoth, dans son édition en ligne.

La décision a été prise après une réunion d’urgence entre le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, et les responsables de la santé à Jérusalem, afin de parer à une potentielle épidémie de grippe porcine en Israël.

Au moins 2 cas de grippe A (H1N1) confirmés en France

Les deux premiers cas français officiels de grippe nord-américaine sont annoncés ce soir. Ces deux patients ayant les symptomes de la nouvelle grippe A (H1 N1) sont hospitalisés à Paris Un troisième cas suspect pourrait être prochainement signifié. Pour les deux cas avérés il s'agit d'un homme de 49 ans hospitalisé à Bichat et d'une femme de 24 ans hospitalisée à la Pitié Salpétrière. Ce sont des cas importés. Ces personnes ont reçu les traitements antiviraux. Le troisième cas, hospitalisé à Necker, pourrait être confirmé en début de semaine.


Il reste vingt-sept cas possibles qui sont en cours d'investigation. Parmi ces derniers, trois cas sont classés comme probables et sont en attente de confirmation.

Comme la France, deux autres pays viennent d'enregistrer également leurs premiers cas, il s'agit de Hong Kong et du Danemark. Par ailleurs le Royaume-Uni signale son premier cas autochtone de grippe A.

Aux Etats-Unis on cumule 141 cas répartis dans 19 états. Le pays qui paye toujours le plus lourd tribu est le Mexique avec 343 cas dont 15 mortels. Au Canada on dépasse les 50 cas.

Ci-dessus photos de la cellule de crise en France.

Une nouvelle technologie pour un diagnostic rapide du type de grippe

Portfastflu est un projet européen doté d’un budget de 3.8 millions d’euros dont l’objectif est le développement d’un système de diagnostic rapide de surveillance et d’alerte très précoce de la grippe Le système servira également au diagnostic au chevet du patient dans les pays développés et en voie de développement.

Le système se présente sous la forme d’un appareil compact entièrement automatisé, pour réaliser l’extraction, l’amplification par PCR en temps réel (RT-PCR) et la détection également en temps réel sur biopuce de l’ARN viral. Il permettra la détection du virus de la grippe à partir d’un échantillon humain ou animal, en permettant d’identifier la nature moléculaire des antigènes du virus : H (hémagglutinie) ou N (neuraminidase) notamment dans des formes actuelles aviaire ou porcine.

Les partenaires du projet Portfastflu sont la société Genewave (Palaiseau, Genopole d’Evry), coordinateur du projet, l’Université de Nottingham Trent (Royaume-Uni), Biosensia (Dublin, Irlande), le CIRAD (Montpellier), le laboratoire VIB de l’Université de Gand (Belgique), Ikerlan (Mondragon, Espagne), Gaiker (Zamudio, Espagne), la Fondation Basque pour la Recherche et Innovation dans la Santé (San Sebastian, Espagne) et Whatman (Maidstone, Royaume-Uni).

Cette technologie promet de réduire à une heure environ le temps nécessaire au diagnostic de toutes les formes connues de grippe incluant l’aviaire (H5N1) et la porcine (H1N1). En cas d’émergence d’une pandémie, la capacité à diagnostiquer et typer rapidement le virus sur le terrain aura un impact très important sur le contrôle de la propagation de l’épidémie et son traitement précoce, réduisant le nombre des contaminations humaines et le taux de mortalité. Cette technologie pourrait servir dans la lutte contre les grippes aviaires faiblement et hautement pathogènes, en permettant l’établissement plus rapide des zones de confinement et l’élimination des oiseaux infectés avant que l’infection ne se propage.

Cette mesure préventive est vue par de nombreux pays comme hautement préférable à l’usage controversé de vaccins contre la grippe aviaire. L’aptitude à identifier les différentes souches (type A : H1N1, H2N3, H3N2, H5N1, H5N2, H7N1, H7N7, H9N2, H9N9, et type B) a été démontrée à mi-parcours du projet Portfastflu (avril 2009). Les tests en milieu hospitalier et sur le terrain débuteront en décembre 2009.

La crainte est plutôt pour l'hiver prochain ... mais le comportement d'un virus est toujours imprévisible

Fabrice Carrat est spécialiste de la grippe et de la modélisation des épidémies. Il est chercheur au sein de l’équipe Epidémiologie, système d’information, modélisation (Université Pierre et Marie Curie (Paris) - INSERM). Il répond aux questions sur l’épidémie de grippe liée au virus porcin H1N1.

Avec le Sras et la grippe aviaire, les yeux étaient tournés vers l’Asie, considérée comme la source probable de nouveaux virus pandémiques. Etes-vous surpris de voir qu’aujourd’hui la menace potentielle vient du Mexique ?

Fabrice Carrat : Si l’Asie est considérée comme le site privilégié pour l’émergence de nouveaux virus à cause de la promiscuité entre les humains et les animaux d’élevage, il n’y a pas de raison pour que cela ne se produise pas ailleurs. Ce modèle semble pouvoir aussi s’appliquer à d’autres régions du monde, comme au Mexique. Par ailleurs, avant que la grippe aviaire suscite la crainte d’une grippe pandémique, on a toujours pensé que le porc, qui héberge des virus grippaux porcins, aviaires et humains, était le "laboratoire" d’où sortirait la prochaine pandémie mondiale de grippe.

Les informations dont on dispose à l’heure actuelle permettent-elles de savoir, grâce aux modèles épidémiologiques, comment la dissémination de ce virus H1N1 peut évoluer ?

Non. Aujourd’hui on ne sait presque rien, à part que le virus se transmet bien d'homme à homme et que toute la population est sensible à ce nouveau virus. On suppose qu’il se transmet de la même façon qu’un virus de grippe classique, avec une période de latence et d’incubation comparable mais nous n’avons pas de données précises. Au Mexique ce sont surtout des jeunes qui ont été touchés mais cela ne signifie pas forcément grand-chose : n’est-ce pas représentatif de la population mexicaine ? Pour l’instant, très approximativement, il semble que l’évolution du nombre de cas à Mexico ait un profil peu différent de celle d’une grippe classique dans une population qui serait sensible au virus. L’OMS et les CDC américains ont mobilisé leurs équipes spécialisées dans la modélisation de la grippe afin d’en savoir plus.

L’arrivée de l’été dans l’hémisphère nord peut-elle ralentir l’avancée du H1N1 et faut-il craindre sa résurgence l’hiver prochain ?

Ce n’est pas si simple. Il est vrai qu’en Europe la grippe est saisonnière et frappe l’hiver, de novembre à mars. Ces apparitions et disparitions des virus grippaux demeurent en grande partie inexpliquées. Il peut se produire des cas d’épidémies localisées pendant l’été et lors des précédentes pandémies, la vague ne correspondait pas forcément à la saisonnalité de la grippe. Il n’y a donc pas de raison de penser que ce facteur de saisonnalité empêche le nouveau virus de continuer à se diffuser.

Pourrait-on avoir l’hiver prochain deux virus grippaux en circulation, le virus saisonnier et le nouveau H1N1?

En effet on peut imaginer que les deux virus circulent l’hiver prochain. Ce qu’on peut craindre c’est que le virus H1N1 saisonnier, qui est résistant aux antiviraux, dont l’oseltamivir (Tamiflu), circule en même temps que le nouveau virus porcin et que ce dernier acquiert une résistance.

Le numéro vert ... s'est mis au vert pour le pont du 1er mai !

France Info signale : " Alerte à la grippe, quand le numéro vert ne répond pas "
Le 0 825 302 302 , c’est le numéro de téléphone mis en place par le ministère de la santé pour avoir des informations sur l’épidémie de grippe A. Un test réalisé hier a donné un résultat peu convaincant. Apparemment, la communication du ministère n’est pas très au point. Peut-être pour cause de pont du 1er mai. Et le message semble dater un peu, la grippe aviaire n’est plus d’actualité. Mais la menace de pandémie de grippe A est - elle - bien réelle. Un couac qui ne met pas en cause la capacité de l’Institut de Veille Sanitaire à repérer les éventuels malades pour stopper toute contagion.

Le virus A (H1N1) moins dangereux que celui de la grippe aviaire ?

La grippe aviaire reste plus que jamais d'actualité, car ce virus là est responsable de 50% de décès. A la différence du virus A (H1N1) qui si on peut dire semble moins dangereux (à l'heure actuelle de nos connaissances ... mais un virus peut toujours se modifier), avec toutefois environ 10% de mortalité. La différence est que celui de la grippe aviaire diffuse plus difficilement à l'espèce humaine, et que la contagion se fait quasi exclusivement à partir de l'animal. Moins dangereux mais plus contagieux, en fin de compte le nombre de morts dus au virus A (H1N1) sera néanmoins plus important.

Comme nous le pressentions cette hypothèse est confirmée par certains virologues. Masato Tashiro, qui dirige le centre de recherche sur les virus influenza à l'Institut japonais des maladies infectieuses, estime que cette souche de H1N1 serait moins dangereuse que le virus H5N1 de la grippe aviaire, et qu'il y a un risque à utiliser massivement les réserves d'antiviraux. "Nous serions désarmés lorsqu'il nous faudra combattre la grippe aviaire, dont le virus H5N1 demeure la principale menace contre l'humanité", dit-il au quotidien Nikkei.

Un vaccin dès que possible, mais quand et pour qui ?

On sait que la fabrication d'un vaccin est une entreprise de longue haleine. Il faut d'abord identifier avec précision la souche virale concernée, puis se donner les moyens d'arriver à une production en grande quantité. Malheureusement ce processus demande du temps, entre 4 à 6 mois. Un vaccin éventuel contre le virus de la grippe A (H1N1) ne serait donc disponible en France au plus tôt qu'à la rentrée de septembre/octobre 2009. Finalement cela peut-être une chance fantastique de l'avoir à temps pour la campagne de vaccination de l'hiver 2009/2010. Nul doute que cette fois de nombreuses personnes réticentes se feraient vacciner.

Plusieurs sociétés sont sur les rangs comme cette entreprise canadienne.

Frédéric Ors, vice-président au développement de Medicago, estime que, d'ici un mois, l'entreprise de Québec devrait avoir des échantillons de vaccin prêts à être testés. La biopharmaceutique Medicago vient d'entrer de plein- pied dans la course au vaccin de la grippe mexicaine. Mercredi, la société qui a pignon sur rue dans le Parc technologique a confirmé qu'elle avait en main la séquence génétique du fameux virus de la grippe de type H1N1. Pour l'heure, aucun vaccin n'a été conçu pour combattre une éventuelle pandémie mondiale.

«D'ici un mois, nous devrions avoir des échantillons de vaccins prêts à être testés», soutient le vice-président au développement de Medicago, Frédéric Ors. Il faut dire que la partie ne s'annonce pas facile.

À l'échelle planétaire, plus de 30 sociétés pharmaceutiques seraient impliquées dans la course au vaccin de la grippe mexicaine. Parmi celles-ci, on note les multinationales Roche, GlaxoSmithKline, Safoni-Aventis, Novartis, Baxter, CSL et AstraZeneca.

Or, Medicago pourrait surprendre par sa rapidité de mettre à jour un antiviral. Car contrairement aux compétiteurs qui travaillent avec des procédés traditionnels sur des oeufs (virus vivant) s'étirant sur six mois, Medicago utilise plutôt le code génétique sur des plants de tabac codés en laboratoire. Durée de l'opération : un mois. Attaqués de toutes parts, les plants de Medicago secrètent alors naturellement une sphère protectrice appelée particules pseudo-virales. Les chercheurs de la biopharmaceutique recueillent alors ces particules pour les intégrer à un vaccin. «Notre vaccin pourrait ainsi être testé sur des animaux et des humains rapidement avec la bénédiction de Santé Canada», affirme le vice-président au développement de l'entreprise.

L'efficacité de la technique conçue par Medicago pour un vaccin contre la grippe aviaire (H5N1) a déjà fait ses preuves sur des animaux en laboratoire. Cependant, avant que le vaccin soit homologué par Santé Canada et offert au pays, la société devra procéder à des tests sur des humains. Une étude clinique de phase un est d'ailleurs prévue pour le mois d'août.

Une grosse affaire

La fabrication d'un vaccin contre la grippe (aviaire, mexicaine ou autre) pourrait s'avérer une véritable mine d'or pour Medicago. Annuellement, les gouvernements et les consommateurs de la planète dépensent près de 4 milliards $US pour lutter contre ce virus.

Chez Medicago, on estime que le marché de la grippe pourrait rapporter 100 millions $ sur trois ans une fois une série de vaccins fabriqués et homologués par les autorités médicales. D'ici là, la biopharmaceutique ne devrait pas éprouver de difficultés à se financer pour poursuivre ses travaux de recherche. Depuis décembre, son principal actionnaire (49,8 % des parts) est le producteur de cigarettes Philip Morris.

Quant à la production de vaccins à grande échelle, Medicago possède déjà sa propre usine à Québec. Ses installations pourraient fabriquer rapidement près de 30 millions de doses.

L'état de pandémie sera déclaré

Alors que l'OMS a relevé mercredi soir son niveau d'alerte à 5 sur 6, le Dr Keiji Fukuda a expliqué jeudi que l'organisation ne disposait pas encore d'éléments suffisants pour passer au sixième et dernier échelon, qui signifie l'existence établie d'une pandémie.
"Nous pensons que nous sommes dans un processus qui va nous y conduire (au niveau 6 d'alerte maximum), mais nous devons encore (en) avoir les preuves", a-t-il déclaré, expliquant que, par définition, une pandémie signifie "une transmission établie de ce nouveau virus dans de multiples pays et de multiples régions du monde". "Donc, pour le moment, nous disons que nous voyons cela de manière convaincante dans deux pays dans une région du monde".

Un site intéressant permet de suivre les diverses épidémies mondiales. Attention les cartes associent parfois plusieurs causes, selon le choix (dengue, méningite, etc)

Un virus très contagieux... avec une mortalité similaire à une épidémie de grippe saisonnière ?

Le Mexique compte près de 2 500 personnes possiblement infectées, mais a revu à la baisse hier soir le nombre de décès «suspects» (84 au lieu de 159). Seulement 26 cas (dont huit décès) ont été confirmés en laboratoire.

Ailleurs dans le monde, les décomptes officiels faisaient état en soirée de 122 cas vérifiés,

Les États-Unis ont répertoriés 91 cas, et d'un seul décès, un bambin de 23 mois d'origine mexicaine qui a succombé à la maladie dans un hôpital du Texas.

Le Canada, où l'on trouvait hier 19 cas avérés de grippe mexicaine contre 13 la veille (?) toujours aucun au Québec (?), a accepté d'aider le Mexique dans ses analyses. Quelque 200 échantillons de ce pays seront analysés prochainement au Laboratoire national de microbiologie de Winnipeg.
Les six nouveaux malades canadiens sont répartis également en Ontario (où l'on compte sept cas au total) et en Colombie-Britannique (six), les cas précédents demeurant en Nouvelle-Écosse (quatre) et en Alberta (deux). «Heureusement, ces nouveaux cas, comme ceux confirmés auparavant au Canada, sont bénins. [...] Je veux rassurer les Canadiens sur le fait que notre gouvernement est prêt à braver la tempête dès maintenant», a indiqué la ministre fédérale de la Santé, Leona Aglukkaq, hier, en conférence de presse.
Selon l'administrateur en chef de la santé publique au fédéral, David Butler Jones, l'entrée en phase 5 de l'OMS «ne signifie pas que nous faisons face à une situation différente au Canada». Les cas canadiens sont toujours aussi peu sévères, a-t-il dit lors du même point de presse, bien qu'«il y ait toujours des cas plus graves et malheureusement nous verrons peut-être des décès».

Le premier cas canadien de transmission de personne à personne de la nouvelle souche de grippe A H1N1 a été enregistré en Nouvelle-Ecosse.

«Jusqu'à maintenant, au moins au Canada et aux États-Unis, la maladie fonctionne sur un mode très similaire à celui de la grippe en général», a dit le Dr Butler, en précisant que la pandémie de grippe espagnole de 1918, qui avait fait entre 20 et 50 millions de morts, avait suivi un modèle différent.

«Le risque de mourir de la grippe n'est pas plus élevé maintenant que durant une saison normale de grippe.

Mais votre risque d'attraper la grippe [mexicaine] est beaucoup plus grand, parce qu'il s'agit d'un virus nouveau.
Alors, c'est plus une question de volume qu'une question de virulence»,
a poursuivi le Dr Butler.

Le médecin précise toutefois qu'il reste encore des recher­ches à faire avant d'en avoir la vraie confirmation.

La France passe au niveau 5

Qu'est-ce que cela signifie ?

Concrètement, des stocks de masques et d'antiviraux vont être prépositionnés sur l'ensemble du territoire. Une cellule opérationnelle de coordination sera mise en place dans chaque département sous l'autorité du préfet. Une campagne nationale d'information va être lancée "dans les tout prochains jours" et "tous les passagers des vols en provenance du Mexique vont bénéficier d'un suivi", a expliqué le premier ministre François Fillon.

Ces mesures sont des mesures de précaution, a-t-il dit. Il n'y a pas pour le moment de cas avéré dans notre pays", a souligné le Premier ministre. "Nous avons grâce à notre système de santé et à la préparation qui a été faite ces dernières années tous les moyens pour faire face à la menace, au risque que représente cette nouvelle grippe", a-t-il ajouté.

Cinq cas "probables" de la nouvelle grippe A/H1N1 ont été recensés jusqu'à présent en France, où au total 41 cas suspects sont en cours d'investigation, a annoncé jeudi après-midi la directrice de l'Institut de veille sanitaire (InVS), Françoise Weber.

Pour le moment, aucun cas n'a été confirmé en France.

"Nous avons aujourd'hui 41 cas en cours d'investigation", dont 26 en Ile-de-France, a expliqué Françoise Weber au cours du point de presse quotidien au ministère de la Santé. Cinq cas sont considérés comme "probables".


"Trois cas le sont sur des critères virologiques, c'est à dire que ce sont des personnes qui ont un syndrome grippal, qui ont voyagé au Mexique, et pour lesquelles nous avons un examen positif pour l'influenza (grippe) A", a-t-elle précisé. Mais il reste à établir, comme pour les deux autres personnes, qu'elles ont bien été touchées par la nouvelle souche A/H1N1, qui combine des éléments de virus d'origine porcine, aviaire et humaine.

Différentes investigations sont en effet nécessaires. Après un examen clinique, "on regarde s'il y a un influenza A, premier critère de classement d'un cas comme probable". Ensuite, "s'il s'agit d'un influenza A, on regarde si c'est un virus saisonnier: on exclut les virus saisonniers. Et enfin, troisième étape, on confirme que c'est un H1N1 porcin", a détaillé Mme Weber.

Quant à la fillette de neuf ans, élève d'une école du XVIIIe arrondissement de Paris, qui a été hospitalisée mercredi à Paris après l'apparition de symptômes grippaux, elle "n'est pas incluse dans les cas probables pour le moment", a-t-elle ajouté. "Elle est dans les 41 cas en cours d'investigation". La petite fille "est bien sûr prise en charge et nous attendons les résultats biologiques", d'ici "48 heures".

Par précaution, la mairie de Paris a invité jeudi les parents d'élèves de cette école à garder leurs enfants chez eux si ceux-ci se trouvaient dans la même classe que l'enfant malade. La petite fille revenait d'un récent voyage au Mexique. "Les contacts qu'a pu avoir cette enfant sont en cours de recherche", précise l'InVS. Il s'agit de pouvoir informer rapidement les parents des enfants ayant été en contact avec cette petite fille "au cas où les examens biologiques s'avéreraient positifs", a expliqué Françoise Weber.

L'un des deux cas de grippe mexicaine écarté

L'étudiante française de 20 ans n'a pas la grippe mexicaine. Mais pas de précisions pour le moment sur le second cas "fortement suspect" dans l'Hexagone, celui d'un homme d'une trentaine d'année. L'un des deux cas jugés "probables" de grippe causée par le virus H1N1 en France s'est révélé négatif, a indiqué le chef du service où il est hospitalisé.

"Le cas de la jeune étudiante de 20 ans hospitalisée chez nous s'est révélé négatif", a déclaré à Reuters François Bricaire, chef du service des maladies infectieuses de la Pitié-Salpêtrière à Paris. Cette information n'a pas été confirmée dans l'immédiat par le ministère de la Santé.

François Bricaire a précisé ne pas avoir d'informations sur le second cas, celui d'un homme d'une trentaine d'année rentré le 24 avril du Yucatan en passant par Mexico et admis à l'hôpital Necker.

Le directeur général de la Santé, Didier Houssin, a de son côté souligné que le médicament anti-grippal Tamiflu n'est "pas un vaccin" et ne doit donc pas être pris de façon préventive.

Le ministère de la Santé a mis en place depuis vendredi dernier différents numéros de téléphone à destination du public:

- Plateforme téléphonique grippe: 0825.302.302 (0,15 euro/minute depuis un poste fixe ou depuis l'étranger 00/33.1.53.56.73.23

- Plateforme du ministère des Affaires étrangères: 01.45.50.34.60

Sur le Net : http://www.sante-sports.gouv.fr

jeudi 30 avril 2009

Pandémie imminente selon l’OMS


La pandémie de grippe H1N1 est désormais “imminente” mais, jeudi, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ne disposait “pas d’élément” justifiant de passer au niveau six d’alerte maximale.

L’Organisation mondiale de la santé ne dispose “pas d’élément qui laisserait penser qu’il faut passer au niveau 6 d’alerte”, signifiant que le monde est en proie à une pandémie, a indiqué jeudi le numéro deux de l’organisation, le Dr Keiji Fukuda.

“Les pandémies de grippe doivent être prises au sérieux parce qu’elles ont la capacité de se développer rapidement dans tous les pays du monde”, avait expliqué mercredi soir la directrice générale de l’OMS, Margaret Chan quelques minutes après avoir annoncé le passage de la phase 4 à la phase 5 de son échelle d’alerte.

De fait, le nouveau virus A (H1N1) “continue de s’étendre (…) sans montrer aucun signe de ralentissement”, a constaté l’OMS. L’existence avérée de deux foyers autonomes aux Etats-Unis et au Mexique a motivé le passage au niveau d’alerte 5.

L’OMS avait connaissance jeudi après-midi de 257 cas confirmés dans onze pays, contre 148 la veille, a indiqué son adjoint, le Dr Fukuda.

Le passage au niveau 6 d’alerte pandémique interviendra quand l’OMS aura les preuves que le virus contenant des gènes d’origine porcine, humaine et aviaire d’un type totalement inédit se transmet de façon autonome entre humains dans plusieurs régions de la planète.

Pour l’instant, en dehors du Mexique, le virus n’a eu que des formes peu virulentes mais il peut évoluer à tout moment, et devenir “beaucoup plus dangereux”, craint l’OMS. Aussi, la directrice de l’OMS a appelé “tous les pays à immédiatement activer leur plan de préparation à la pandémie”. A ce stade, “une surveillance élevée, une détection rapide et la mise en place de traitements” efficaces sont “essentiels”, a-t-elle précisé. Cependant, l’OMS “ne recommande ni la fermeture des frontières, ni de restreindre la circulation des personnes et des biens”, a insisté le Dr Chan.

Concernant la préparation médicale, au coeur de la riposte, elle a jugé prématuré le lancement en masse de la production de vaccins pouvant nuire à celle des vaccins de grippe saisonnière dont l’hémisphère sud devrait avoir bientôt besoin.

Elle a en revanche demandé aux firmes d’étudier l’accélération de la production d’antiviraux. Deux d’entre-eux sont considérés efficaces, le Tamiflu de Roche et le Relenza du britannique GlaxoSmithKline.

Appelant à ne “pas céder à la panique”, le Dr Chan a demané de “maintenir un niveau de calme pour pouvoir continuer à gérer cette affaire de manière rationnelle”. Spécialiste reconnue des pandémies, le Dr Chan a estimé que chacun pouvait à son niveau participer à l’effort général, recommandant même à Genève, où aucun cas n’a été officiellement confirmé, “d’éviter de se saluer en se faisant la bise”.

“Les individus peuvent aussi faire beaucoup, en restant à la maison s’ils sont malades, en se lavant les mains et en mettant la main devant la bouche pour tousser”, a-t-elle assuré.

L’avertissement a été entendu par l’ONU, qui a demandé jeudi dans une note interne à ses fonctionnaires de “différer, si possible, les voyages non indispensables vers des pays à risque” et de respecter des “règles d’hygiène de base”. L’administration de l’ONU n’a pas précisé quels étaient les pays qui devaient être évités.

Réunion d'urgence, la France va passer au niveau 5

La France va “vraisemblablement passer au niveau 5″ d’alerte face à l’épidémie de grippe porcine. Une réunion interministérielle d’urgence est convoquée à 19H45 à Matignon. La France suspend égalemant la livraison aux pharmaciens de l’antiviral Tamiflu, selon le Laboratoire Roche. L’idée est d’éviter des stocks privés à mauvais escient.

Si, comme tout le laisse penser, la France passera à son tour très prochainement au niveau 5 de son plan de lutte contre la pandémie grippale, nous analysons ici les principales conséquences de cette évolution :

Le niveau 5 d'alerte de l'OMS correspond schématiquement aux situations 5 A et 5 B du plan national français de prévention et de lutte contre la pandémie grippale dans sa dernière version du 20 février 2009. Ce plan initialement préparé dans l'hypothèse d'une pandémie d'origine aviaire devrait s'appliquer à la situation actuelle.

La situation A correspond à une transmission virale interhumaine à l'étranger (ce qui est le cas aujourd'hui), la situation B à une transmission interhumaine en France, c'est-à-dire à un démarrage de la pandémie sur le territoire français.

Si le plan prévu est respecté, la direction des opérations serait confiée au Ministre de l'intérieur.

Les grandes mesures envisagées en situation A :

- activation des centres opérationnels départementaux ;
- suspension des liaisons aériennes vers les pays touchés ;
- mise en quarantaine des personnes arrivants des pays atteints ;
- mesures de contrôle adaptées pour les pays voisins des pays touchés ;
- renforcement du contrôle sanitaire aux frontières ;
- assistance des ressortissants français à l'étranger ;
- mise en oeuvre le cas échéant de mesures de quarantaine, d'isolement, de sécurisation des établissements de santé, des pharmacies et des sites de production des moyens de protection et de traitement ;
- appel à la réserve sanitaire et renforcement des plateformes de régulation des SAMU ;
- information du grand public, des professionnels de santé, des services de secours, des laboratoires, du service de santé des armées... ;
- détection, signalement et prise en charge des personnes atteintes et des sujets contacts ;
- renforcement des capacités de production et de distribution des masques, des tests et des médicaments (mis en forme en vrac).

Les grandes mesures envisageables en situation B :

En plus des mesures précédentes, les dispositions suivantes seront envisagées et modulées en fonction de l'évolution de la situation:

- suspension du système du médecin traitant ;
- fermeture des crèches, des établissements d'enseignements, des internats ;
- limitation de certains transports collectifs ;
- suspension des activités collectives (spectacles, manifestations sportives...) ;
- restriction des activités professionnelles non essentielles et des visites dans les établissements de soins ;
- limitation des déplacements individuels ;
- déclenchement des plans blancs et bleus et éventuellement des plans blancs élargis ;
- création de structures intermédiaires d'hébergements pour certains patients ;
- préconisation du port de masques chirurgicaux par les malades et les personnes indemnes ;
- mesures de maintien d'une activité économique et sociale compatible avec la lutte contre la pandémie (favoriser des modes alternatifs d'organisation) ;
- diverses dispositions juridiques d'exception (organisation de la répartition de l'énergie et du ravitaillement, continuité des principales fonctions de l'Etat et des collectivités) ;
- éventuel rappel de la réserve militaire opérationnelle ;
- mesures spécifiques aux services funéraires.

L'OMS trouve une dénomination officielle et le Mexique a enfin un laboratoire capable d'identifier les virus

L’OMS décide d’adopter la dénomination de “grippe A (H1N1)”

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé jeudi sur son site internet qu’elle utiliserait désormais la dénomination de “grippe A (H1N1)” pour désigner la maladie d’origine porcine qui aurait fait près d’une centaine de morts au Mexique et aux Etats-Unis.

Le nom de la grippe suscite un vif débat à travers le monde, de nombreuses voix s’étant élevées pour récuser l’appellation de “grippe porcine”, invoquant notamment les conséquences économiques considérables pour les producteurs de porcs.

Pour sa part, le Mexique refuse vigoureusement que l’on qualifie la nouvelle maladie de “grippe mexicaine”, jugeant que cette formulation “nuit à l’image” du pays.

Il se confirme que le Mexique n’avait pas de laboratoire permettant d’analyser les prélèvement de cas suspectés, et seulement trois hôpitaux de Mexico envoyaient jusqu’alors leur prélèvements aux Etats-Unis, ce qui rendait précaire toute analyse claire de la situation et l’établissement de données fiables.

La situation semble toutefois évoluer favorablement, puisque un laboratoire américain a été installé au Mexique pour que les scientifiques puissent procéder à des diagnostics rapides du virus de la grippe porcine et mieux étudier la maladie. “Nous avons désormais un laboratoire qui fonctionne au Mexique, qui peut diagnostiquer ou confirmer la présence du virus H1N1” de la grippe porcine, a déclaré le Dr Richard Besser, directeur des Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC) au cours d’une conférence de presse.

Après une semaine de grippe porcine, le Mexique espère un peu de répit


Une semaine après le déclenchement de l'alerte à la grippe porcine, la chute des hospitalisations à Mexico a entrouvert jeudi l'espoir d'un léger répit au Mexique, foyer du virus qui place le monde au bord d'une pandémie.

Seuls dix-huit patients présentant des symptômes suspects ont été admis mercredi dans un hôpital de la capitale mexicaine, un chiffre moitié moins élevé que la veille, s'est réjoui Marcelo Ebrard, le maire de cette mégalopole de 20 millions d'habitants. "Les chiffres nous disent que nous allons vers une étape de stabilisation", a assuré l'élu, tout en exhortant la population à ne pas faire preuve d'un "excès de confiance". "Nous n'allons pas en finir cette semaine avec le virus. Nous allons devoir vivre encore avec lui pendant un certain temps", a-t-il averti, à l'occasion de sa désormais traditionnelle conférence de presse matinale.

Au Mexique, le bilan de la grippe porcine s'établit à huit morts confirmées et 84 décès suspects. Au total, 99 personnes ont été contaminées de manière certaine par le virus et plus de 1.600 pourraient l'avoir été.

Lassés d'une semaine de psychose et de vie en vase clos, beaucoup de Mexicains ont décidé jeudi matin d'ignorer l'appel à "rester dans son foyer en famille", lancé par leur président Felipe Calderon, dans une solennelle allocution télévisée au cours de la soirée de mercredi. La circulation automobile a aussi commencé à reprendre ses droits dans les grandes artères de Mexico, où les embouteillages infernaux ont refait leur réapparition pendant cette période fériée, souvent synonyme de bol d'air à la plage.

"Cette histoire de pas bouger de chez soi, c'est une absurdité. On a besoin de sortir et de travailler. Je n'arrive plus à gagner ma vie depuis une semaine", se plaint à l'AFP Raul Campos, un cireur de chaussures.

Malgré l'impact sur l'économie du pays, le gouvernement mexicain a maintenu au moins jusqu'à mercredi toutes les mesures de précaution : fermeture des établissements scolaires, des lieux de restauration et de loisirs et des principaux sites touristiques. Le chef de l'Etat a exhorté la population à profiter du 1er mai pour faire un grand "pont" et respecter les consignes de sécurité.

Au cours de ses rondes, Marco Antonio Anaya, un policier de 36 ans, tient à rappeler le message. "Je recommande aux gens de continuer à porter un masque et à ne pas se regrouper", dit-il à l'AFP.

Critiqué par l'opposition pour avoir tardé déclencher l'alerte, M. Calderon a insisté sur le fait que la grippe était "curable" et que le pays disposait de stocks suffisants de médicaments. Mais les autorités n'ont pas caché que le coup serait très rude pour l'économie. Le ministre mexicain des Finances, Agustin Carstens, a prévenu que l'épidémie de grippe porcine risquait de se solder par la baisse d'un demi-point du produit intérieur brut, soit une perte de 70 milliards de dollars. La désaffection des hôtels et des activités touristiques, troisième source de devises, met en danger près de 450.000 emplois et représente pour Mexico un manque à gagner quotidien de 100 millions de dollars.

Ce choc s'ajoute aux prévisions pessimistes de la Banque centrale du Mexique, qui vient de publier un rapport établi avant la crise sanitaire, misant sur un recul pouvant aller jusqu'à 4,8% du PIB cette année.

A l'aéroport de Mexico, les touristes étrangers ont poursuivi leur exode, faute de pouvoir visiter les prestigieuses ruines aztèques ou mayas, ou de crainte de rester bloqués, de nombreuses compagnies aériennes ayant suspendu les liaisons avec le pays. "Nous sommes arrivés du Pérou la nuit dernière, pour passer 10 jours au Mexique, mais nous repartons aussi vite que possible", explique Aude Tersac, une Française de 36 ans.

Grippe : une écolière de retour du Mexique hospitalisée à Paris

Une fillette de 9 ans, de retour d'un voyage récent au Mexique, a été hospitalisée d'urgence mercredi après avoir été victime d'un malaise à son école, dans le XVIIIe arrondissement de Paris, a-t-on appris jeudi auprès du directeur, confirmant une information du journal Le Parisien.
L'enfant a fait l'objet d'examens toute la nuit. "Rien n'est avéré si ce n'est qu'on est sûr qu'il ne s'agit pas d'une méningite", a déclaré Philippe Darriulat, maire-adjoint du XVIIIe arr.
Une décision de "fermer la classe de CMI de l'enfant pour la journée" serait prise si la grippe était diagnostiquée . Les résultats des examens seront rendus publics par l'Institut de veille sanitaire (InVS) dans la journée.

Grippe, l'hémisphère sud est plus exposé

L'hémisphère sud est davantage exposé au virus de la grippe porcine en raison de l'arrivée de la saison hivernale, propice à la propagation de la grippe, a estimé aujourd'hui le numéro deux de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le Dr Keiji Fukuda.

"Il est possible que nous observions bientôt davantage de flambées du virus H1N1 dans l'hémisphère sud que dans l'hémisphère nord" où c'est le printemps, a remarqué le directeur général adjoint de l'OMS.

"C'est quelque chose que nous devons surveiller de très près", a-t-il insisté lors d'une conférence de presse par téléphone.

Il est enfin décidé d'améliorer l'information à Roissy

Le secrétaire d'Etat aux Transports Dominique Bussereau a souhaité jeudi matin améliorer l'information des voyageurs sur la grippe porcine, notamment "la lisibilité des affiches" apposées à l'aéroport Roissy Charles-de-Gaulle.

Lors d'une visite à l'aéroport parisien pour constater les procédures sanitaires mises en place contre la grippe porcine, M. Bussereau a expliqué que "le rôle des autorités françaises, c'est de s'assurer de la parfaite étanchéité de ces vols et de la parfaite traçabilité de tout cela".

"Le constat à l'arrivée, c'est que tous les passagers de ce vol Aeromexico, arrivé aux alentours de 8h, ont à la fois rempli un document au départ, qui a permis aux autorités mexicaines de vérifier avant leur départ s'il y avait un problème, et qui a été regardé par les autorités", a-t-il précisé, après avoir rencontré des passagers de ce vol.

Puis "ils remplissent, dans l'avion, un deuxième document que les autorités françaises vont garder pendant au moins 15 jours, qui permettrait de retrouver les passagers du vol si l'un d'entre eux avait le moindre souci", a ajouté M. Bussereau.

Le secrétaire d'Etat a par contre critiqué le dispositif d'information par affiches, qu'il "trouve assez petites et pas assez colorées". "On va faire en sorte qu'il y ait des affiches plus grandes, plus colorées, et plus lisibles. On peut faire mieux".

"On va modifier dans les heures qui viennent nos affiches pour qu'elles soient plus lisibles, et également donner des fiches informatiques à tous les personnels qui sont en contact avec les passagers, les policiers, les douaniers, tous ceux qui sont en contact et un certain nombre de fiches d'information très précises pour eux", a-t-il annoncé.

La Croix-Rouge est également présente pour renseigner les passagers sur les risques de grippe porcine

L'un des deux cas probables de grippe porcine n'est "a priori" pas un H1N1, selon La Pitié-Salpêtrière

L'étudiante de 20 ans hospitalisée à l'hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière après un voyage au Mexique n'est "a priori" pas atteinte de la nouvelle forme de grippe porcine, a indiqué jeudi le Pr François Bricaire, chef du service des maladies infectieuses.

"C'est une grippe" mais "ça ne serait pas une porcine a priori", a-t-il déclaré à l'Associated Press, en soulignant qu'il s'exprimait "sous une certaine réserve qui tient à la validité de (ses) tests".

Cette étudiante, revenue du Mexique le 26 avril, est hospitalisée depuis 48 heures à la Pitié-Salpêtrière, a précisé le Pr Bricaire. Il s'agit de l'un des deux cas d'infection probable par le virus H1N1 d'origine porcine signalés mardi soir.

D'après le dernier bilan, établi mercredi après-midi par l'Institut de veille sanitaire (InVS), 32 cas suspects de grippe porcine étaient "en cours d'investigation" en France. Aucun n'a pour l'heure été confirmé.

H1N1 : un étrange assortiment génétique qui brouille les pistes

D’où vient ce nouveau virus grippal qui pourrait provoquer une pandémie?

Son profil génétique est complexe et son origine demeure mystérieuse.

Les experts s’accordent à dire que ce nouveau virus grippal se transmet très facilement. Comme il ne l’a jamais rencontré, notre système immunitaire ne dispose pas de ligne de défense spécifique (des anticorps ciblés) pour le combattre.

Pour l’instant il semble moins pathogène que celui de la grippe espagnole de 1918, par exemple. Cependant beaucoup d’informations manquent encore pour établir vraiment les caractéristiques et la dangerosité du syndrome grippal provoqué par ce virus porcin H1N1.

Une mosaïque génétique inédite

Séquencé très rapidement par les équipes des CDC (Centers for Diseases Control, organisme public et fédéral) aux États-Unis, le virus isolé sur des patients au Mexique et aux États-Unis est une curieuse recombinaison génétique. Il contient un assortiment de 3 souches, à la fois porcine, humaine et aviaire, observé pour la première fois aux États-Unis en 1998 lors d’épizooties de grippe dans des élevages de porcs. Ce triple assortiment est lui-même associé à deux nouveaux gènes issus du virus porcin H3N2 originaire d’Eurasie. Pour compliquer un peu plus le tableau, ces gènes sont eux-mêmes d’origine humaine.

Où s’est réalisé ce mélange ? Les virologues ne peuvent pas encore répondre à cette question. Selon Ruben Donis, responsable du département vaccins et virologie moléculaire aux CDC, cette recombinaison ne s’est pas forcément faite au Mexique. Les hémagglutinines de cette souche virale (des protéines de surface, voir Repères) appartiennent à une branche très isolée dont on ne sait pas grand-chose, a confié ce virologue à la revue Science.

Un virus non isolé chez les animaux

Comment ce virus H1N1 est-il passé à l’être humain? La question est d’autant plus complexe qu’aucun foyer épidémique n’a été signalé au Mexique ou aux États-Unis chez les cochons ces derniers temps, alors que dans le cas du virus aviaire H5N1 le premier passage à l’homme était lié à une épizootie chez les volailles. «A ce jour, le virus n’a pas été isolé chez les animaux», rappelle l’Organisation mondiale pour la santé animale (OIE).

Le premier cas confirmé d’infection par le H1N1 porcin est un enfant vivant à La Gloria, dans la province de Veracruz. A moins de dix kilomètres se trouve l’un des plus gros élevages de porcs du Mexique, appartenant à l’entreprise Granjas Carroll (détenue à 50% par la firme américaine Smithfield Foods). Elle est donc suspectée d’être la source possible de la contamination. Cependant Granjas Carroll dément toute épizootie de grippe dans son cheptel et affirme faire des contrôles réguliers. Des échantillons ont été fournis aux autorités mexicaines pour de nouvelles analyses.

Rappelons qu’à ce stade, l’OMS recense 148 cas confirmés (par des analyses) de grippe due au H1N1 d’origine porcine, dont 91 cas aux États-Unis et 26 au Mexique. Huit décès sont officiellement décomptés par l’OMS, 7 au Mexique (pour plus de 150 décès suspects) et un aux États-Unis (il s’agissait d’un bébé mexicain venu au Texas pour être soigné). Les autres cas ont été confirmés en Autriche, au Canada, en Allemagne, en Israël, en Nouvelle-Zélande, en Espagne et en Grande-Bretagne.

Repères : H et N

La dénomination des virus grippaux est liée à deux protéines situées sur l’enveloppe du virus : l’hémagglutinine (H) et la neuraminidase (N). Elles jouent un rôle essentiel dans la capacité du virus grippal à infecter les cellules. Leur identification précise (ainsi que la séquence de leurs gènes) est un élément clef de la caractérisation d’un virus grippal.

Diffusion de la nouvelle grippe en Europe

Situation de la grippe mexicaine ou nord-américaine en Europe le 30 avril 2009, par pays.

- En jaune pâle, pas de cas observé (Portugal, Italie, Belgique...), mais les Pays-Bas viennent, après la réalisation de cette carte, de confirmer un cas.

- En brun, il existe des cas probables (France).

- En jaune-orangé, des cas sont confirmés (Grande-Bretagne, Espagne, Allemagne...).

- En gris, les pays non membres de l'agence européenne ESDC. © ECDC

Le Guatemala et le Salvador ont rapporté respectivement trois et quatre cas présumés de grippe nord-américaine

Venant allonger la liste des pays atteints par le nouveau virus le Guatemala et le Salvador ont rapporté respectivement trois et quatre cas présumés de grippe nord-américaine, a-t-on appris mercredi d'informations parvenues à Mexico. Il était étonnant qu'aucun cas n'ait été signalé jusqu'à présent compte tenu de la proximité géographique, et d'une frontière commune entre le Guatemala et le Mexique.

Une explication, à laquelle nous souscrivons pour bien connaître ces deux pays dans lequel nous avons effectué des opérations humanitaires, est le niveau de développement médical. Ces deux pays ne possèdent pas les moyens nécessaires à une détection rapide. Au Guatemala ce sont des médecins cubains qui assurent la plupart des soins.

Trois personnes originaires des provinces de Peten, de Huatenango et d'Izabal ont été mises sous observation, car elles seraient porteuses du virus grippal, a annoncé le vice-président guatémaltèque Rafael Espada.

Dans le même temps, un hôpital salvadorien a confirmé quatre cas présumés de grippe porcine, mais le gouvernement n'a toujours pas fait de déclaration officielle.

Un détecteur thermique a été installé dans les aéroports du Salvador et du Guatemala pour détecter les passagers dont la température corporelle excède 39 degrés Celcius. On sait toutefois que l'OMS ne recommande pas ce genre d'installation.

mercredi 29 avril 2009

Tous les continents sont atteints. Situation de pandémie imminente

Avec les premiers cas en Afrique du Sud, le continent africain qui était le seul continent indemne de la nouvelle grippe, désormais tous les continents sont atteints. Chaque heure qui passe on découvre de nouveaux cas dans de nouveaux pays.

Ce qui est nouveau ce sont les cas non importés dans plusieurs pays. On cite un cas aux Etats-Unis dans l'Indiana d'une personne n'ayant jamais séjourné au Mexique. De même pour un cas espagnol.
Par ailleurs, l'armée américaine enquête sur un cas suspect chez un Marine en Californie placé en quarantaine avec le soldat qui partageait sa chambre, alors qu'une trentaine d'autres sont sous surveillance, a indiqué mercredi le chef des Marines.

La dernière alerte pandémique de niveau 5 a eu lieu en 1968, lors de la grippe de Hong-Kong qui avait tué 1 million de personnes.

Un fonctionnaire de l’OMS vient de confier sous couvert d’anonymat à SkyNews que les chiffres des victimes au Mexique sont largement sous estimés depuis le début de la crise. Cela notamment en raison du fait qu’ils ne possèdent pas un seul laboratoire sur leur territoire qui serait capable d’analyser les prélèvements des malades. Ainsi, seulement quatre hopitaux de la capitale envoient des prélèvements aux USA et Canada pour des analyses. Les autres n’en n’ont pas les moyens.

Selon SkyNews, la réponse de l’OMS (phase 5) proviendrait du fait que les laboratoires américains ont mis en évidence que les victimes du virus A/H1N1 n’ont pas tous été infecté par la même souche. En clair, le virus aurait déjà muté plusieurs fois depuis son apparition fin mars 2009.

Le déclanchement de la phase 5 du niveau d’alerte va assurément accélérer l’isolement du Mexique, et vraisemblablement des Etats-Unis. Ces derniers vont sans doute instaurer sur tout leur territoire l’état d’urgence déjà décrété en Californie depuis hier et au Texas depuis 4 heures. Les conséquences économiques promettent déjà d’être désastreuses.

L'OMS envisage de passer du niveau 5 au niveau 6, le stade maximum

En fin d'après midi l'OMS a signifié le passage au niveau 5, ce que nous pressentions depuis longtemps. Une information relayée, ce soir, sur les chaines de télévision française font état d'un rapide passage au niveau 6 déclarant l'état de pandémie.

Lundi soir, après une réunion qui s'est prolongée très tard dans la nuit, les quinze experts du comité d'urgence du règlement sanitaire international de l'OMS ont décidé de passer du niveau 3 au niveau 4 d'alerte pandémique, sur une échelle de 1 à 6. C'est la première fois depuis les menaces du H5N1 et de la grippe aviaire que l'OMS monte à ce niveau.

Tout va très vite. Dès mardi après-midi, un porte-parole de l'OMS évoquait la possibilité que l'alerte puisse être encore relevée et passer au niveau 5 si de nouveaux cas étaient avérés aux États-Unis. En effet, on aurait alors affaire à un deuxième foyer. Cette mesure a finalement été écartée en milieu d'après-midi. Mais, en fin de journée, on apprenait qu'un cas venait d'être confirmé dans un sixième État américain, l'Indiana. Ce patient ne revenait pas du Mexique, contrairement aux autres malades, ce qui pourrait marquer l'existence d'un deuxième foyer aux États-Unis.

Éviter la cacophonie

Keiji Fukuda, directeur général adjoint de l'OMS, a reconnu que «la situation (était) très sérieuse». Il a tenu à bien différencier la contamination de voyageurs ayant séjourné au Mexique et celle qui sévit aux États-Unis. «Même si le virus a atteint la Nouvelle-Zélande ou le Royaume-Uni, cela ne veut pas dire qu'il s'est établi dans la population, dans le pays. C'est une distinction importante du point de vue épidémiologique», a-t-il souligné.

Le rôle de l'OMS dans la gestion des épidémies s'est considérablement renforcé depuis l'entrée en vigueur l'an dernier du règlement sanitaire international (RSI). Les États sont désormais tenus de coopérer avec l'OMS dans un délai de 24 heures en cas d'alerte épidémique.

L'échelle des phases d'alerte pandémique mise en place en 2005 dans le cadre du plan mondial de préparation à une pandémie de grippe donne le signal aux 196 États membres afin qu'ils puissent prendre tout un train de mesures nationales adaptées à l'évolution de la situation épidémique. C'est ainsi qu'hier, par exemple, les autorités françaises ont déconseillé les voyages au Mexique tandis que, la veille, quand on était encore au niveau 3, la ministre de la Santé ne l'avait pas jugé nécessaire.

La centralisation des informations assurée par l'OMS, la gestion des phases d'alertes ainsi que l'envoi d'experts sur le terrain sont un atout précieux pour gagner du temps contre le virus. «C'est très important aussi d'éviter la cacophonie. Les responsables politiques ont besoin d'un chef d'orchestre pour coordonner les actions et ne pas créer la panique», souligne Antoine Flahault, épidémiologiste.

79 cas confirmés et de nombreux cas suspects dans le monde entier

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé mardi soir qu'un total de 79 cas de grippe dite porcine avaient été confirmés dans le monde : 41 aux Etats-Unis, 26 au Mexique, 6 au Canada, 3 en Nouvelle-Zélande, 2 au Royaume-Uni et 1 en Espagne. Depuis se sont ajoutés les 3 cas en Allemagne.

CAS CONFIRMES

MEXIQUE : le dernier bilan du ministère mexicain de la Santé fait d'état de 159 décès dont liens avec la grippe porcine restent à confirmer, et de 2.498 cas suspects de la maladie.

ETATS-UNIS : les autorités ont confirmé 65 infections humaines de la grippe porcine dans six Etats (New York, Ohio, Kansas, Texas, Californie et Indiana), avec au moins sept patients hospitalisés. Les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC) ont confirmé mercerdi qu'un bébé de 23 mois est mort du virus H1N1 au Texas, le premier décès confirmé de la grippe porcine dans le pays.

CANADA : Les autorités sanitaires ont confirmé mardi sept nouveaux cas (quatre en Ontario, un en Colombie-Britannique et deux en Alberta), portant à 13 le nombre de cas confirmés de grippe porcine.

ESPAGNE : La ministre espagnole de la Santé Trinidad Jimenez a annoncé mardi qu'un deuxième Espagnol de retour du Mexique était infecté par la grippe porcine. Cet étudiant de 24 ans de l'université de Valence, avait fait son déplacement au Mexique avec la personne qui était le premier Espagnol à avoir été rattrapé par la maladie. Plus de 30 cas suspects sont en observation dans le pays.

ISRAEL : le ministère israélien de la Santé a confirmé mardi deux cas de la grippe porcine. Un homme de 26 ans, de retour du Mexique, a confirmé atteint du virus et est mis en quarantaine dans un hôpital de Netanya. Un autre homme, 40 ans, a été également mis en quarantaine dans un hôpital de Kfar Sava après son voyage au Mexique.

NOUVELLE-ZELANDE : Le ministère de la Santé a confirmé au moins trois cas confirmés. Les malades faisaient partie d'un groupe du Collège de Rangitoto de retour samedi dernier d'un voyage au Mexique. Au total 179 personnes soupçonnées d'être atteintes de la grippe porcine ont été mises en quarantaine.

GRANDE-BRETAGNE : Le ministère écossais de la Santé a annoncé lundi deux cas confirmés de grippe porcine en Grande-Bretagne.

COSTA RICA : Une Costaricienne de 21 ans est atteinte de la grippe porcine, a annoncé le ministère de la Santé.

ALLEMAGNE : L'Institut Robert-Koch a confirmé mercredi matin trois cas de grippe porcine : deux en Bavière (sud), un près de Hambourg (nord).

CAS NON CONFIRMES

AUSTRALIE : les autorités de la santé ont annoncé mardi 91 cas suspects de la grippe porcine.

COLOMBIE : Les autorités sanitaires ont placé sous surveillance 42 personnes présentant des symptômes de grippe.

CHILI : 24 cas présumés de grippe porcine sous observation.

BRESIL : 20 personnes sont en observation, mais le ministère de la Santé a réaffirmé que le pays était à l'abri de la maladie, et que personne n'a été contaminée jusqu'à présent.

FRANCE : L'Institut de veille sanitaire a affirmé mardi être en train d'enquêter sur 20 cas suspects de la grippe porcine.

SUISSE : L'Office fédéral de la santé publique (OFSP) a annoncé dimanche que cinq personnes, toutes revenues du Mexique, manifestant toutes des symptômes grippaux, reçevaient des examens.

COREE DU SUD : Le Centre coréen pour le contrôle et la prévention des maladies a déclaré mercredi qu'il menait des examens sur cinq citoyens sud-coréens, dont un bébé de 15 mois.

POLOGNE : L'Inspection sanitaire a annonacé trois cas suspects. Les malades, de retour du Mexique, sont sous observation dans les hôpitaux de Varsovie et d'Elblag (nord).

D'autres pays ont signalé aussi des cas suspects : cinq en Suède, cinq en Danemark, trois en Irlande, un en Autriche, un en Thaïlande.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) reste pour l'instant "en phase d'alerte 4" sur une échelle de six face à la grippe nord-américaine, avait indiqué mardi soir le numéro deux de l'OMS, Keiji Fukuda, en soulignant que "la situation épidémiologique continuait d'évoluer".

Les Etats-Unis occupent une place déterminante dans l'évolution de la maladie, selon l'OMS, qui a expliqué que la découverte de cas de nouvelle grippe dans ce pays chez des personnes n'ayant pas séjourné au Mexique justifierait le passage à la phase 5 de l'alerte pandémique.