mercredi 29 avril 2009

Décès d'un enfant de 23 mois au Texas de la grippe nord-américaine

Le Los Angeles Times annonce le décès à 3h59 (heure locale) du décès d'un enfant de 23 mois dans l'état du Texas. Ce nourrisson est mort de la nouvelle grippe dite grippe nord-américaine. Il s'agit toutefois d'un bébé mexicain qui revenait du Mexique.
Trois écoles privées viennent de fermer en Californie à cause de 3 cas confirmés de grippe.
On signale 65 cas aux USA dont 5 hospitalisés, ce sont des patients âgés de 7 a 54 ans (3 le sont en Californie et 2 au Texas). En Australie on cite 91 cas suspects.
Après l'Argentine, Cuba est devenu le deuxième pays ayant interdit les vols en provenance du Mexique.
A Singapour les voyageurs en provenance du Mexique seront mis en quarantaine. Ils passeront devant un détecteur thermique, mais on sait que la fièvre peut ne pas se déclarer de suite.
En Allemagne les 3 cas sont confirmés il s'agit de deux femmes de 22 et 37 ans et d'un homme d'une trentaine d'année.
L'OMS pourrait déclarer le passage au niveau 5 très prochainement face au risque d'une pandémie qui pourrait n'être que modérée, mais la grippe progresse de manière imprévisible.

L’OMS prévoit entre 2 et 7,4 millions de morts

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), jusqu’à un milliard et demi de personnes à travers le monde pourraient être contaminées par la grippe et entre 2 et 7,4 millions pourraient mourir, si cette maladie qui s’est initialement manifestée au Mexique dégénère en pandémie, rapportent mardi les médias russes. A ce sujet il faut remarquer qu'il semblerait que contrairement à ce que l'on pensait jusqu'à présent que les premiers cas connu d’infection au A/H1N1 ont eu lieu en Californie, fin mars, et non au Mexique.

Les experts estiment qu’en cas de pandémie, le virus se propagerait en 18-24 heures d’une ville à une autre, en affectant plus d’un tiers de la population mondiale. Les représentants de l’OMS supposent qu’environ un milliard et demi de personnes s’adresseront dans ce cas à leur médecin, et que près de 30 millions d’autres seront hospitalisées

L'état d’urgence vient d'être proclamé en Californie (USA). Selon le NY Times, les écoles et universités de New York City, du Texas, de la Californie, de l’Etat de la Caroline du sud, du Connecticut et de l’Ohio seront fermées dès ce mercredi.
Un cas de grippe A/H1N1 a été confirmé mardi dans un sixième Etat américain, l’Indiana (nord) et les autorités sanitaires ont précisé que ce patient ne revenait pas du Mexique, épicentre de l’épidémie, contrairement aux autres malades. Selon les autorités New Yorkaises, il y aurait plusieurs centaines de cas suspects à New York.

L'Argentine vient d'interdire les vols en provenance de Mexico. Le métro de Mexico-City, qui transporte tous les jours 4,5 millions de personnes, pourrait fermer à son tour, selon la municipalité.

Sans doute un premier cas officiel de décès hors du Mexique, deux cas avérés en France

Un premier décès de la grippe mexicaine ou nord-américaine hors du Mexique, serait bientôt confirmé, il s'agit d'un patient californien de Los Angeles. Les USA seraient donc le premier pays touché officiellement après le Mexique. Cela se conçoit compte tenu de la frontière commune et de la difficulté pour la surveiller. Toutefois la pénétration du virus s'est faite de façon normale par des voyageurs.
En France deux cas avérés sont également confirmés, il s'agit également de touristes revenant du Mexique, hospitalisés en Ile de France. On aurait pu éviter cette contamination en gérant mieux à la source.
L'extension de la nouvelle grippe prend de l'ampleur avec de nouveaux pays atteints (Costa Rica et Allemagne). Une vingtaine de pays sont donc d'ores et déjà touchés. Selon les autorités New Yorkaises, il y aurait plusieurs centaines de cas suspects à New York. Rappelons qu'aucune personne n'est immunisée naturellement contre cet agent pathogène. Les mesures de protection sont donc indispensables.
De ce fait les décisions de confinement sont augmentées au Mexique. Après la fermeture des écoles et des universités, c'est au tour des bars, restaurants, discothèques et clubs. L'accès aux sites archéologiques vient d'être interdit. Les séances des réunions politiques sont restreintes avec port du masque obligatoire. Ce masque n'est pas bien utilisé faute d'explication. Il faut savoir que sa durée de protection ne dépasse pas six heures et qu'il doit donc être renouvelé régulièrement.

On est donc bien en niveau 5, dernière étape avant la déclaration officielle de pandémie.
Ce qui a comme conséquence de limiter les déplacements au niveau mondial.
Les tours-opérators annulent jusqu'au 31 mai les voyages à destination du Mexique. Le Mexique pourrait être placé en quarantaine d’ici une douzaine d’heures, ce qui signifierait un blocage de tous les accès transfrontalier, ainsi que des voies portuaires et aéroportuaires pour ce pays. Les trois pandémies observées au 20e siècle - la grippe espagnole en 1918, la grippe asiatique en 1957 et la grippe de Hong Kong en 1968 - ont fait le tour de la planète en six à neuf mois. Du fait de la rapidité et du volume du trafic aérien international, un virus pandémique pourrait aujourd'hui se propager beaucoup plus rapidement.

Une explication sur l'origine du virus devient vraisemblable, à Mexico dans le quartier de La Gloria sont élevés des centaines de milliers de porcs dans des conditions déplorables sur le plan hygiénique. Les déjections mélangées au eaux de ruissellement avec des cadavres d'animaux proies des charognards explique la cohabitation des 3 virus : porcin, aviaire et humain. Le cocktail explosif était prêt à déferler.
Selon l’Associated Press, plus de 450 résidents de La Gloria souffrent de problèmes respiratoires qu’ils attribuent à des déjections porcines d’une ferme, copropriété d’une compagnie américaine, située tout près du village. La compagnie, Granjas Carroll de Mexico, propriété à 50 % de Smithfield Foods basée en Virgine, au États-Unis, possède huit fermes dans cette région. Il est temps de comprendre que nous sommes tous sur le même bateau ... mais certains se disent qu'il y aura toujours des canots de sauvetage pour eux.

On se rassure comme on peut. Pour l'instant (phrase sans cesse répétée par notre ministre de la santé) cela semble encore loin. Comme pour la récente crise financière on veut éviter la panique et donc on minimise.
On évoque actuellement une létalité de 7,50 %, ce chiffre est toutefois loin d'être certain car plusieurs types de grippe circulent en même temps et il est difficile de faire des statistiques précises dans ces conditions. Le côté gravissime provient de l'atteinte brutale, en 3 jours, de sujet jeunes (de 15 à 35 ans) indemne de toute pathologie antérieure, et qui décèdent de troubles respiratoires.
Danielle Ilef, médecin épidémiologiste, responsable de la cellule de coordination au sein de l'InVS (Institut national de veille sanitaire) nous confirme que la contagiosité est très importante, et nous rassure comme elle peut en affirmant que la virulence ne semble pas si terrible. On est maintenant à 159 morts en quelques jours, ces morts sont de jeunes en pleine santé ! L'utilisation intensive inappropriée des neuraminidases, l'oselatmivir et le zanamivir (Tamiflu et Relenza) risque de provoquer rapidement des résistances et ce sont les seuls armes qui nous restent !
Les virus arrivent toujours à nous surprendre, on craignait une origine asiatique (plutôt Indonésienne) à une prochaine pandémie, et il est intéressant de relire les points de vues des nord-américains qui se croyaient protégés. Pour l'instant c'est l'inverse ce virus n'a pratiquement pas atteint l'Asie, mais ce sera une nouvelle bombe lorsqu'il y parviendra de façon intensive ... avec des nouvelles possibilités de recombinaison.

Toutefois, par chance, la pandémie pourrait être décalée compte tenu des conditions climatiques dans l'hémisphère nord peu propice au développement du virus actuellement, dans ce cas un vaccin aurait heureusement le temps d'être mis au point. Nul doute qu'en automne 2009 les français se feront vaccinés plus facilement que les années précédentes. Quelques laboratoires feront encore des profits et les critiques pleuveront sur ceux qui nous protègent ! Les conséquences économiques ne seront pas les mêmes pour tous et le Mexique paiera un lourd tribu avec une atteinte de ses ressources touristiques. Les survivants mexicains seront invités à donner leur sérum riche d'anticorps ... leur seule richesse !

mardi 28 avril 2009

79 cas avérés de la " nouvelle grippe " dans le monde

Le passage au niveau 5 sera sans doute prononcé cette nuit par l'OMS. Certains se demandent pourquoi ont a tant tardé permettant une diffusion anormale de cette bombe à retardement que constitue ce nouveau virus.
Pourquoi qualifier ce virus de " bombe à retardement " ?
Il semblerait que l'incubation soit possible assez longtemps, et que des porteurs dits sains puissent répandre l'agent pathogène à l'insu de tous. Le réveil pourrait être brutal ... comme un volcan qui dort !
La bêtise a consisté, pour des raisons toujours aussi bassement mercantiles, de ne pas empêcher tout de suite la circulation de cette nouvelle peste.
On vient seulement de fermer tous les restaurants de Mexico, décision sans doute difficile à prendre compte tenu des conséquences financières, mais il aura fallu 15 jours depuis le premier cas mortel.
Par ailleurs les liaisons aériennes ne sont toujours pas interrompues, les avions transportent des hommes ... lesquels véhiculent des passagers clandestins très dangereux. Affolant !
Il se dit à Genève que l'on a pas voulu plomber davantage l'économie mondiale qui est elle même gravement malade depuis la crise financière. Mais qui sera malade en fin de compte si ce n'est la planète entière. Désolant et irresponsable !

La liste des pays atteint ne cesse de s'allonger. Ce sont maintenant des dizaines de pays qui sont touchés : Les Usa, le Canada, la Colombie, le Pérou, la Bolivie, le Chili, le Brésil, la Belgique, les Pays-Bas, l'Espagne, l'Italie, l'Ecosse, l'Irlande, le Danemark, la Norvège, la Suède, la Hongrie, la Bulgarie, la France, la Corée du Nord, la Nouvelle-Zélande, l'Australie, Israël, Hong-Kong, la Thaïlande et la Chine. L'OMS a décidé de ne pas publier de liste pour ne pas créer de panique sachant qu'il s'agit parfois seulement de cas suspects ou de grippe dite banale.

Les vols à destination du Mexique pourraient être suspendu dès demain. On vient de signaler 20 nouveaux cas recensés en France. Bruxelles demande d'utiliser l'appelation " nouvelle grippe " pour ne pas faire baisser la consommation de la viande de porc.

L'opinion d'un virologue le Professeur Didier Raoult

Pourquoi le virus de la grippe porcine est-il apparu au Mexique ?

Ce n’est pas parce que le virus de la grippe porcine est apparu au Mexique qu’il y est né. Plusieurs souches de virus, capables de se recombiner entre eux (échanger leur gènes) et de muter, circulent à travers le monde. Ils peuvent émerger n’importe où. Le plus gros réservoir se trouve aujourd’hui en Asie, dans le sous-continent indien et en Chine. Souvent, les premiers mutants de virus apparaissent dans les élevages de volailles de cette région. Les oiseaux et les cochons cohabitent souvent dans les mêmes basse-cours.

A force de promiscuité, certains virus finissent donc par s’adapter aux porcs. La transmission à l’homme est alors facilitée, parce que nos défenses immunitaires sont plus proches de celles du cochon que de celles des oiseaux. Le risque d’avoir un mutant transmissible d’homme à homme est donc plus important à partir d’une infection par un virus porcin. C’est beaucoup plus inquiétant d’avoir une épidémie porcine qu’une épidémie aviaire.


Le Pr Raoult, chef du laboratoire de virologie à l’hôpital de la Timone à Marseille, répond dans l’édition de mardi de “La Provence” que “tout en ayant un vaccin à disposition, on ne sait déjà pas gérer la grippe saisonnière en France !”

“Il y a chaque année plus de 2 millions de cas de grippe et 5.000 morts dans notre pays, alors imaginez ce qui peut se passer avec un nouveau variant et sans vaccin. On court à la catastrophe”, dit-il.

Selon lui, “on réagit dans l’urgence, on met en place des cellules de crise, on dépense des millions pour des masques dont on ne sait même pas s’ils sont plus efficaces qu’un masque de papier, on met en place des politiques de défense immédiate, mais on ne structure rien”.

Comme il l’avait fait en 2002, dans un rapport au ministre de la Santé, le Pr Raoult préconise “un pré-acheminement des urgences et des infrastructures spécifiques pour accueillir les patients atteints de maladies infectieuses”.

“En France, nous n’avons ni l’habitude, ni les services, ni les circuits pour faire face à de telles épidémies. Aucune étude d’organisation n’a été faite. Que va t-on faire si nous devons répondre à un afflux de malades? Les mettre au milieu des autres urgences?”, s’interroge-t-il.

“Cette épidémie est plus inquiétante que celle redoutée de grippe aviaire”, poursuit-il. Il justifie cette crainte par trois raisons: “le passage des souches du porc à l’homme est très facile”, “un des variants est résistant au Tamiflu” et enfin “les conditions d’une vaste propagation sont réunies” puisque la grippe “est survenue dans une mégapole, avec un aéroport qui dessert de très nombreuses destinations”.

Vers une pandémie de la grippe nord-américaine ?

Les Etats-Unis sont prêts à une pandémie, Obama appelle au calme. Les Etats Unis se préparaient lundi à une pandémie de grippe, soupçonnée d’avoir causé près de 150 morts au Mexique, et même à des décès, selon les autorités sanitaires américaines. La secrétaire à la Sécurité intérieure Janet Napolitano a souligné que les Etats-Unis “agissaient comme s’ils se préparaient à une pandémie”.

Le directeur des CDC, Richard Besser, a prévenu qu’il fallait s’attendre à des cas plus sévères, voire à des décès. “Les gens doivent se préparer à l’idée que nous allons voir apparaître plus de cas graves dans le pays, et peut-être des morts”, a-t-il ajouté. “Le virus agit comme le virus de la grippe, il se propage de personne à personne”, a-t-il averti, sans cacher son inquiétude. La secrétaire d’Etat Hillary Clinton a exhorté les Américains voyageant au Mexique à la prudence et les CDC ont annoncé de “nouvelles mises en garde” aux voyageurs se rendant dans ce pays.

M. Obama est tenu régulièrement informé de la situation et a promis de faire de même avec les Américains. Ses conseillers et le Trésor surveillent aussi de près l’impact de la grippe sur l’économie, a annoncé le porte-parole de la Maison Blanche Robert Gibbs. Wall Street et les cours du pétrole étaient déjà plombés lundi par la crainte d’une pandémie. On sait que Barak Obama s'est rendu récemment au Mexique et qu'il a rencontré une personnalité qui est décédée 3 jours après ...

Quels traitements en cas de pandémie de grippe nord-américaine ?

Le vaccin ne pourra être produit avant plusieurs semaines et en trop faible quantité

L’Organisation mondiale de la santé a indiqué que les capacités de produire un vaccin efficace qui permettrait d’endiguer une possible pandémie sont largement insuffisante. L’industrie pharmaceutique serait en mesure de produire “seulement” 2,5 milliards de doses de vaccin en un an. Il faudrait donc quatre ans pour vacciner la population mondiale. Il est probable que nous ne soyons pas capables de mener à bien de front un vaccin pandémique et un vaccin contre la prochaine épidémie saisonnière humaine.
La Mairie de Mexico a voulu lancer vendredi une campagne massive de vaccination contre la grippe porcine. avec le vaccin de la grippe saisonnière. Une partie du virus H1N1 est en effet contenue dans le vaccin humain contre la grippe saisonnière. Mais compte tenu de la distance antigénique entre les virus porcins et humains, une protection croisée semble très improbable. Le Comité français de préparation prépandémique n'a pas recommandé cette stratégie vaccinale.

Le Tamiflu et le Relenza seront-t-il efficaces ?

Tamiflu est un médicament antiviral éprouvé pour traiter et prévenir la grippe saisonnière. Toutefois, Tamiflu a été étudié et développé sur des souches de grippe différentes et le virus actuel de la grippe porcine de la souche A/H1N1 s’avère constitué pour la première fois, de souches aviaire, porcine et humaine. L’ampleur de l’effet du Tamiflu dans le traitement et la prévention de nouvelles souches de la grippe n’est donc pas assurée.

Si Tamiflu joue un double rôle de prévention et de traitement, son efficacité sur le virus actuel n’est pas garantie, ni son impact sur les conséquences possibles comme le nombre d’hospitalisations, la mortalité, ou même les conséquences économiques d’une telle pandémie de grippe.

Prévention, par prophylaxie visant à réduire la probabilité de développer la grippe, traitement « d’amortissement » des effets de la maladie permettant d’en réduire sa durée ou traitement tout court, la communauté internationale attend aujourd’hui ces trois effets du traitement par Tamiflu. Le Tamiflu) (Oseltamivir) permet de réduire la durée des symptômes et est susceptible de réduire l’incidence des complications tout en proposant un mode d’administration très simple. Si la recherche a démontré l’efficacité des antiviraux à titre de prévention, ces médicaments doivent être administrés dans les 48 heures suivant l’apparition des symptômes.

Un point en cours de l’OMS étudie la prévalence de la résistance du virus H1N1 à l’Oseltavimir. Au 18 mars 2009, du 28 décembre au 24 janvier, 30 pays ont rapporté une résistance à l’Oseltavimir pour 1291 sur 1362 virus A/H1N1 étudiés. La prévalence de cette résistance était la plus élevée au Canada, à Hong Kong, au Japon en Corée et aux Etats-Unis (237 virus sur 241 étudiés). Ce rapport doit être réactualisé régulièrement. Néanmoins, dans son communiqué du 24 avril, l’OMS confirme que le virus à ce stade d’identification est sensible à l’Oseltamivir.

Les centres de contrôle des maladies (CDC) ont, depuis la pandémie de 1976 rédigé des directives sur les stratégies d’utilisation des antiviraux. En France, le site du Ministère propose ainsi l’accès au Plan national de prévention et de lutte « Pandémie grippale ». La constitution d’un stock de vaccins pour chaque pays et en particulier les pays les plus vulnérables à la pandémie, du fait de l’état d’impréparation et de la faiblesse des infrastructures et des budgets de la santé, est logique pourtant le virus peut encore subir des modifications géniques qui peuvent rendre le vaccin actuel moins efficace, par rapport à l’efficacité qu’il a montré sur les souches qui circulaient lors de sa fabrication. Ainsi, le Mexique disposerait de suffisamment de Tamiflu pour traiter un million de personnes, selon les responsables sanitaires.

Les effets secondaires doivent également être pris en compte sur une si large échelle. Le Tamiflu, généralement bien toléré, peut ainsi dans certains cas provoquer des réactions allergiques.

La mise en quarantaine est-elle efficace ?

C'est une stratégie qui avait été tentée par l'Australie en 1918 pendant l'épidémie de grippe espagnole qui a fait 20 millions de morts. Mais fermer un continent aussi vaste est impossible. Et l'on sait en matière d'épidémies que les contrôles à la sortie des pays contaminés sont beaucoup plus efficaces que les mesures à l'entrée des pays indemnes. Mais les autorités australiennes avaient gagné une denrée inestimable : du temps. «Retarder d'une à trois semaines la survenue d'une pandémie de grippe sur son territoire, c'est énorme, précise au Figaro Jean-Claude Manuguerra (Institut Pasteur, Paris). Cela permet de mieux se préparer, et surtout d'étaler le pic de l'épidémie, elle est déjà moins forte quand elle surgit.» Mais il est déjà trop tard pour empêcher le virus mexicain de faire le tour du monde : Israël, l'Espagne, la France et le Royaume-Uni ont des cas suspects…

L'OMS envisage un passage au niveau 5


Si les cas se confirment aux Etats-Unis, l'OMS pourrait signifier un passage au niveau 5 (extension des cas), c'est à dire l'avant dernière étape avant la déclaration de pandémie.
Selon le site Suburban Emergency Management Project (SEMP)
nous serions en réalité déjà en phase 5.

Voir le tableau ci-contre :

Niveau 4 : Des flambées se déclarent chez quelques personnes, avec une transmission interhumaine limitée, géographiquement clairement définie.

Niveau 5 : Des flambées se déclarent chez un plus grand nombre de personnes, la maladie se transmet de personne à personne, mais dans une région déterminée.

Niveau 6 : La pandémie est déclarée : Propagation durable et à grande échelle du virus au sein de la population.

Il existe heureusement un niveau 7, le retour à la normale. Toutefois si la pandémie est déclarée il faut s'attendre à deux vagues successives de 6 semaines avec une mortalité plus élevée dans la première, et un intervalle de quelques semaines entre les deux pics.


Le A/H1N1 de la grippe nord-américaine : un bien mystérieux virus

Il est maintenant confirmé que le virus A/H1N1 de la grippe porcine se transmet d’humain à humain.
Un virus inédit qui combinerait à la fois la grippe du porc, la grippe aviaire et la grippe saisonnière humaine, avec des souches provenant d’Amérique du Nord, d’Europe et d’Asie.
Le Centers for Disease Control and Prevention (CDC) à indiqué dans la nuit que ce virus avait une combinaison unique de gènes qui n’ont « jamais été vu auparavant, ni dans la population animale, ni dans la population humaine ». Cliquer ci-dessous pour un accès direct au site du CDC.



Cela fait un moment que ce virus « tourne » chez l’humain, au moins un mois. Il est passé inaperçu jusqu’au moment où le CDC l’a repéré lors d’un examen de routine (sorte de GROG américain), ensuite il y a eu les rapports sur Mexico, les maladies pulmonaires, et il y a quelques jours, la nouvelle qu’une femme de 34 ans était morte de maladie pulmonaire inconnue (ni grippe A, B, ni SRAS… ni rien…). Puis d’autres morts. Le virus est, de toute évidence, présent depuis deux semaines.

Le Center For Infectious Disease Research & Policy, de l’université du Minnesota indique sur son site que deux enfants, tombés malades à la fin du mois de mars dernier, auraient été positifs au virus A/H1N1. Le virus circule donc depuis un bon moment, et pas seulement au Mexique.

Le passage en phase 4 ou 5 ne devrait plus trop se faire attende. Il entrainera des réponses des gouvernements : c’est à dire au niveau des frontières, des transports, contrôle des populations.

Aucune région du monde n’est à l’abri, a prévenu lundi soir le numéro deux de l’Organisation mondiale de la santé, Keiji Fukuda. A une époque où les gens voyagent en avion très rapidement à travers le monde, il n’y a aucune région où le virus pourrait ne pas s’étendre”, a expliqué M. Fukuda, lors d’une conférence téléphonique depuis le siège de l’organisation à Genève.

Que sait-on du nouveau virus ? D'après les spécialistes, c'est un virus H1N1 d'origine porcine. Les virus chez le porc appartiennent à la «famille» des influenza A. À l'origine, tous les virus grippaux du porc viennent de l'homme. C'est l'homme qui a infecté le porc. C'est la raison pour laquelle les deux espèces ont les mêmes virus H1N1, H3N2, H2N2, etc. Rappelons que les sous-types viraux sont définis par leur hémagglutinine (H) et leur neuraminidase (N), deux protéines de surface indispensables à l'entrée du virus dans les cellules et à la multiplication virale. Le nouveau virus est un hybride de deux virus H1N1 porcins : l'un est un H1N1 «classique» (ce virus a une histoire commune avec l'homme), l'autre est un H1N1 «eurasien» également appelé «avian-like». Il vient des oiseaux et a supplanté en Europe les virus classiques chez le porc.

La grippe nord-américaine

Depuis mercredi soir, le gouvernement belge a choisi le terme de "grippe mexicaine" en lieu et place de "grippe porcine". "La grippe mexicaine n'est peut-être pas politiquement correcte mais a l'avantage de la simplicité. Cette grippe ne se présente pas telle quelle chez les porcs. Je remarque que d'autres pays commencent aussi à y penser", a expliqué le virologue Marc Van Ranst, président du comité interministériel Influenza. Outre la Belgique, plusieurs médias français ont en effet adopté le terme de grippe mexicaine.

Grippe nord-américaine


Selon l'Organisation mondiale de la santé animale également, le virus qui touche le Mexique et plusieurs autres pays est appelé à tort grippe porcine. "Ce virus ne concerne pas uniquement les animaux. C'est pourquoi l'appellation grippe porcine n'est pas adaptée". Si le virus est d'origine animale, il a en effet muté et se transmet aujourd'hui uniquement d'homme à homme par voie aérienne. De plus, le virus est constitué d'éléments de la grippe porcine, aviaire et humaine. Mais l'Organisation mondiale de la santé animale propose de son côté la grippe nord-américaine et pas mexicaine (des cas étant recensés au Mexique et aux Etats-Unis).

Israël était le premiers pays à refuser de parler de grippe porcine. Le porc est en effet un animal impur dans la religion juive et la consommation de viande de porc est interdite.

Communiqué de l'OIE

L'expression "grippe porcine" pour qualifier l'épidémie originaire du Mexique n'est pas appropriée dans la mesure où le virus qui la provoque n'a pas été mis en évidence sur des animaux, a déclaré lundi l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE).
"Le virus n'a pas, à ce jour, été isolé sur des animaux. Il n'est donc pas justifié d'appeler cette maladie grippe porcine", estime l'OIE dans un communiqué. "Dans le passé, plusieurs épidémies de grippe d'origine animale ont été nommées en fonction de leur origine géographique, par exemple la grippe espagnole (1918-19) ou la grippe asiatique (1957-58), c'est pourquoi il serait logique d'appeler cette maladie "grippe nord-américaine", explique cette organisation internationale dont le siège est à Paris.

"Il n'y a aucune preuve de transmission du virus par l'alimentation", assure encore l'OIE qui juge inappropriée les restrictions sur le commerce imposées par certains pays, comme la Chine. "Actuellement, seuls des résultats établissant une circulation de ce virus chez des cochons dans des zones de pays comptant des cas humains justifierait des mesures commerciales sur l'importation de porcs en provenance de ces pays", selon le communiqué.

"Si ce virus venait à rendre malade des animaux, sa circulation pourrait en être accrue et entraîner une détérioriation de la santé publique au niveau mondial", avertit l'OIE qui appelle à une coopération internationale accrue entre les laboratoires chargés de la surveillance des maladies animales (épizooties). L'organisation mondiale appelle enfin les laboratoires à "mettre immédiatement dans le domaine public toute séquence génétique de virus grippal qu'elles obtiendraient".

Le virus a été identifié comme étant de type A/H1N1 et il touche majoritairement de jeunes adultes en bonne santé, selon l'Organisation mondiale de la santé.

Pourquoi un tel taux de mortalité uniquement au Mexique ?

Les dernières statistiques donnent 152 décès uniquement au Mexique.
Malgré l'extension à d'autres pays ceux-ci n'ont enregistré jusqu'à présent aucun cas mortel (Etats-Unis, Canada, Colombie, Nouvelle-Zélande, Ecosse, Espagne, Italie, Belgique, Israel, etc).
Des analyses virologiques confirment qu'il ne s'agit pas d'un virus de grippe porcine, comme annoncé dès le début, mais bien d'un virus humain du à la recombinaison de 3 parties de virus (aviaire, porcin et humain). On sait que le virus se compose de 8 gènes qui peuvent se recombiner à l'infini.
On parle maintenant de grippe mexicaine, comme de grippe espagnole en 1918/1919.
Le comportement de ce nouveau virus pose encore bien des questions.
Quant aux comportements humains, il y a bien longtemps que nous ne sommes plus surpris : Un pharmacien à Mexico, n'ayant plus de masques à vendre, a liquidé tout son stock de vitamine C, tant mieux pour lui ! Un autre assailli par les demandes de Tamiflu a préféré baisser son rideau protégé par la police masquée ... La fermeture des écoles et universités vient "enfin" d'être étendue à tout le Mexique.

La dernière épidémie de grippe porcine à Fort-Dix en 1976

Il est intéressant de noter que la dernière éclosion d’une épidémie de grippe porcine avait eu lieu en 1976, dans la base De Fort-Dix (New-Jersey, USA). Des centaines de soldats avaient alors été infectés. Le président des États-Unis de l’époque, Gérald Ford, avait alors immédiatement ordonné un programme national de vaccination.
Une enquête du Centers for Disease Control and Prevention (CDC) n’avait pas permis de comprendre pourquoi le virus ne s’était pas étendu au-delà de la base militaire. La source du virus, la durée exacte de son introduction dans la base de Fort Dix, et les facteurs limitant son extension et sa durée restent inconnues à ce jour.

Photo ci-contre : Séance de vaccination au centre militaire de Fort-Dix en 1976.

L'OMS élève le niveau à 4 devant l'extension de la grippe au niveau mondial

Les gouvernements du monde entier se sont employés à réduire l'impact de l'épidémie de grippe porcine qui aurait causé la mort de 152 personnes jusqu'ici au Mexique avant de s'étendre aux Etats-Unis et au Canada puis d'atteindre l'Europe.

Aucun décès n'a été annoncé hors du Mexique
, où le ministre de la Santé José Angel Cordova a évoqué, dans dix des 31 Etats du pays, un nombre de personnes contaminées supérieur à 1.600. L'ensemble des établissements scolaires du pays resteront fermés jusqu'à nouvel ordre.

Mais le fait que le virus de cette grippe d'un nouveau type se propage rapidement entre humains fait craindre une pandémie. L'OMS a annoncé lundi en fin de soirée qu'elle relevait au niveau 4 son degré d'alerte pandémique, qui était jusque-là au niveau 3, face à la propagation de la grippe porcine.

L'organisation onusienne ne se veut pas alarmiste et n'a pas choisi de décréter l'état de pandémie, qui n'intervient qu'au niveau 6, le plus élevé de son échelle de graduation. "Une pandémie n'est pas jugée inévitable à ce stade", a souligné Keiji Fukuda, directeur général adjoint de l'OMS, parlant d'une situation indécise et évolutive. L'OMS, d'autre part, recommande aux Etats de ne pas fermer leurs frontières et de ne pas restreindre les voyages du fait de l'épidémie en cours.

En Europe, après l'Espagne qui avait la première annoncé un cas de grippe porcine chez un homme revenant du Mexique, la Grande-Bretagne a fait état lundi soir de deux cas confirmés. Les deux malades, placés en quarantaine, sont soignés dans un hôpital à Airdrie, près de Glasgow en Ecosse. "Les deux personnes contaminées vont mieux et se remettent correctement", a déclaré le secrétaire écossais à la Santé, Nicolas Sturgeon.

Aux Etats-Unis, où une quarantaine de cas bénins ont été officiellement confirmés, un état d'urgence sanitaire a été déclaré et le président Barack Obama a dit que son gouvernement suivait l'évolution de très près, tout en ajoutant qu'il n'y avait pas lieu de s'affoler. Le maire de New York, Michael Bloomberg, évoque de son côté environ 45 cas pour sa seule ville et précise qu'une centaine d'étudiants présentant les symptômes de la maladie doivent subir des tests. La secrétaire d'Etat Hillary Clinton a dit que Washington prenait la question "très au sérieux" et a recommandé la prudence aux personnes qui se rendent au Mexique.

DEUX TIERS DES MALADES DÉJÀ RÉTABLIS AU MEXIQUE

L'état des personnes contaminées en Europe n'est cependant pas jugé grave. Ce qui vaut également pour les cas enregistrés aux Etats-Unis et six autres annoncés au Canada. Un enseignant néo-zélandais et une dizaine d'élèves rentrés récemment du Mexique sont aussi soignés pour des cas bénins. Au Mexique, environ deux tiers des personnes ayant contracté cette grippe sont d'ores et déjà rétablies.

En France, les autorités sanitaires examinaient lundi quatre personnes qui pourraient avoir été contaminées par le virus après avoir écarté six cas suspects signalés depuis ce week-end.

"Il reste quatre cas qui n'ont pas été exclus, à Pau, à Nantes, à Lyon et à Poitiers", a fait savoir l'Institut national de veille sanitaire. Le gouvernement français continue d'inviter les voyageurs à la prudence.

Des cas de cette grippe porcine - qui relève à la fois des virus des grippes aviaire, humaine et porcine classique - sont également soupçonnés en Italie et en Israël.

MEXICO, VILLE MORTE

L'épidémie a poussé des millions de personnes à rester chez elles pendant le week-end. Mexico, mégapole bouillonnante de 20 millions d'habitants, avait des allures de ville morte. Les rassemblements publics y ont été suspendus, les écoles, musées et bars fermés. Ces mesures pourraient se prolonger pendant dix jours, a indiqué le maire de Mexico, Marcelo Ebard.

La commissaire européenne à la Santé, Androulla Vassilliou, a engagé les ressortissants de l'UE à éviter les déplacements non indispensables dans les zones affectées par le virus, et la Commission européenne a convoqué une réunion extraordinaire des ministres de la Santé du bloc.

La souche qui sévit actuellement présente le plus grand risque d'une pandémie grippale depuis la mort de plusieurs centaines de personnes des suites de la grippe aviaire en 1997. En 1968, la pandémie de la grippe dite de Hong Kong avait tué un million de personnes dans le monde.

La propagation de la maladie a provoqué une chute du cours boursier des compagnies aériennes, par crainte d'un fort ralentissement du tourisme, et une hausse de celui des grands groupes pharmaceutiques.

Le gouvernement japonais a tenu une réunion spéciale sur le sujet, en se donnant pour priorité la production d'un nouveau vaccin. La Chine et la Russie ont interdit les importations de cochons vivants et de viande de porc en provenance du Mexique et des Etats-Unis.

En France, des mesures spécifiques d'information ont été mises en place dans les aéroports notamment. Le ministère de la Santé français estime que le pays est particulièrement bien équipé pour faire face à une éventuelle épidémie. La ministre Roselyne Bachelot a fait état d'un stock de 33 millions de traitements antiviraux Relenza et Tamiflu, qui sont a priori adaptés à ce virus.

La frontière française

Inquiétant, nous avons sans doute des super douaniers

La psychose autour de la grippe porcine gagne le monde entier et on pouvait s'attendre à des mesures draconiennes à l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle. Il n'en est rien. Les passagers du vol Mexico-Paris sont traités comme les autres.
Les voyageurs qui descendent du vol Mexico-Paris sont surpris par l'absence de mesures sanitaires à Roissy... Au Mexique, on croit que c'est la fin du monde. Ici y a rien.
Ces voyageurs sont quelque peu désemparés par l'absence de prise en charge médicale ou d'information complémentaire sur les risques qu'ils encourent. Un peu perdus dans l'aérogare, certains s'adressent aux journalistes pour avoir les dernières nouvelles.

lundi 27 avril 2009

Grippe porcine : plusieurs pays ont suspendu les importations de porc

Plusieurs pays notamment asiatiques ont décidé d'arrêter les importations de porc en provenance du Mexique et de certains Etats américains, touchés par une pandémie de grippe porcine.

La Thaïlande, comme la Chine, ont annoncé lundi la suspension des importations de viande de porc du Mexique et de trois Etats américains: Texas, Kansas et Californie.

La Chine avait été au centre de l'épidémie de pneumonie atypique SRAS en 2003, une crise qu'elle avait été accusée de très mal avoir géré, faute de communication notamment.

"Il n'y a pour le moment pas de cas de grippe porcine en Chine. Nous surveillons étroitement la situation et informons le public de la façon de prévenir la maladie", a déclaré un porte-parole du ministère chinois de la Santé.

Dimanche déjà, les autorités russes avaient annoncé l'interdiction des importations de viande des régions affectées.

Elles avaient étendu la mesure d'interdiction aux produits préparés à partir de cette viande qui n'ont pas subi de traitement thermique en provenance du Guatemala, du Honduras, de Colombie, du Costa-Rica, de Cuba, du Nicaragua, du Panama, du Salvador, ainsi que de plusieurs Etats américains (Alabama, Arizona, Arkansas, Georgie, Kansas, Louisiane, Nouveau-Mexique, Oklahoma, Floride).

L'OMS a mis en garde contre le "potentiel pandémique" d'un nouveau virus de grippe porcine de type A/H1N1, qui s'attrape par voie respiratoire, et qui depuis son apparition le 24 avril au Mexique a probablement fait 103 morts, dont 20 avérés.

L'épidémie de grippe porcine s'est étendue ce lundi à l'Europe avec un premier cas avéré en Espagne.

L'Indonésie et le Liban ont décidé pour leur part lundi d'interdire toutes les importations de porc en raison des menaces d'épidémie de grippe porcine, et ce quels que soit leurs pays d'origine.

"L'importation de porcs ou de viande de porc fraîche de quelque pays que ce soit est interdite à compter de ce jour (lundi)", a annoncé le ministère de l'Agriculture libanais dans un communiqué.

L'Indonésie qui a décidé de stopper temporairement toutes les importations de porcs précise que ces importations sont de toute façon faibles, le plus grand pays musulman du monde consommant peu de viande de porc.

Premier cas européen et nouvelles recommandations

Comme on pouvait s'y attendre, les virus ne connaissent bien entendu nullement les frontières, on vient de signaler le premier cas de grippe porcine en Europe. Il s'agit d'un patient espagnol qui revenait d'un séjour au Mexique.
En parallèle les nouvelles recommandations conseillent de n'aller dans des zones à risques qu'en cas d'obligation.
Comme on le voit la situation évolue vite, et le risque ne doit pas être minimisé.

Vigilance et raison

Ci-dessous une opinion à laquelle nous ne pouvons que souscrire. Il est certain que les pays les moins favorisés sont victimes quotidiennement d'infections gravisimes et qu'ils manquent bien souvent des moyens les plus élementaires. Toutefois il ne faut pas pour autant minimiser le risque de pandémie. Parions que malheureusement les jours prochains nous donnerons raison.

Grippe aviaire ou, désormais, porcine, sras ou maladie de la vache folle : l’instantanéité des informations et la précision des réseaux d’alerte médicaux procurent régulièrement des raisons de s’inquiéter. Au Mexique, la rumeur a même pris de vitesse les responsables politiques et sanitaires, qui ont, depuis, pris des mesures énergiques pour interdire tout rassemblement et distribuer des masques de protection. Souches de virus nouvelles, transmission inédite de l’animal à l’homme puis de l’homme à l’homme et intense circulation des personnes à travers le monde… : les grandes épidémies qui ont, de tout temps, ravagé les peuples (la grippe espagnole en 1918 fit des millions de morts) n’ont pas disparu avec les progrès de la médecine. Mais elles sont tenues à l’œil et étroitement surveillées. Longtemps après que les médias occidentaux ont cessé d’en parler, elles courent encore. Ainsi de la grippe aviaire qui sévit toujours dans des pays d’Asie ou en Égypte.

Et voilà les autorités, comme à chaque alerte, obligées de composer entre deux impératifs : avertir, agir de façon à contrôler l’épidémie, et ne pas se trouver, le cas échéant, accusées d’avoir sous-estimé la gravité du problème. Et ne pas affoler, pour ne pas créer de panique, engorger le système de santé ou causer des dommages économiques collatéraux (par exemple, en créant de la défiance à l’égard de la consommation de porc ou en effarouchant les touristes).

Nécessaire, la vigilance doit donc s’accompagner d’un appel au calme. La grippe « classique », toujours plus habile à contourner nos défenses immunitaires, fait chaque année (à bas bruit) son lot de victimes parmi les personnes les plus fragiles. Tandis que le sida poursuit sa terrible progression. Et des maladies, on l’oublie trop, comme le paludisme dont on vient de marquer la Journée mondiale, continuent à faire de très nombreuses victimes. Sans esprit d’équité : les pays les plus pauvres et les personnes les plus démunies dans les pays riches sont les plus exposés et les moins armés – en informations, en accès aux dispositifs de santé, aux médicaments, aux éventuels vaccins – pour se protéger de tous les virus, quel que soit leur nom.

Grippe porcine et vitesse de la lumière

On l'attendait "aviaire", là voilà "porcine". Quel que soit son nom, l'explosion grippale qui s'est déclarée au Mexique ne prend pas les autorités de court. Depuis la grave affaire du SRAS (syndrome respiratoire aigu, qui a surtout répandu la panique à Hong-Kong), puis les épisodes récurrents (sporadiques) de grippe aviaire, l'OMS, es divers ministères nationaux de la Santé et autres lieux de veille sanitaire ont les virus grippaux à l’œil - les doses d'antiviral s'empilent, les antibiotiques aussi en cas de complications, et les plans d’intervention présentent des dizaines de paragraphes explicatifs...

Ce qui est vraiment nouveau, mais les responsables de santé et autres politiques savaient bien qu’ils devaient s'y attendre aussi, c'est l'explosion informationnelle -tel un tsunami- accompagnant, voire précédant le phénomène. Nouveauté du genre à noter : l'apparition de cartes sur Internet, en temps réel ou presque, montrant les cas de grippe ici ou là dans le monde. Effet choc garanti. Problème : ces cartes émanent de sources très différentes. Certaines ont presque un côté officiel, par exemple celles se basant sur les données confirmées des Centers for disease control and prevention (CDC) qui assurent la veille sanitaire aux Etats-Unis (à signaler pour les anglophones, la vidéo pédagogique durant cinq minutes, postée depuis samedi et expliquant ce qu’est la grippe porcine). D'autres remplissent leur espace géographique de petits signets, ou de petits masques ne faisant pas vraiment la différence entre cas avérés et cas suspects. Frissons garantis…

Outre la lutte scientifique pure et dure à mener par les virologues, généticiens, épidémiologistes - quel est exactement ce virus, quel est son profil génétique ? A-t-il vraiment une capacité pandémique ? - c'est donc une bataille mondiale de l’info qui se mène en parallèle. Si le virus sait prendre l’avion et franchir l’espace à 900 km/h, l'effroi, lui, à la capacité d'aller à la vitesse de la lumière – celle des réseaux. L'important - et la difficulté - pour les journalistes est alors d'avoir les moyens de vérifier, localement, ce qui se passe vraiment. Et d'avoir le temps d'effectuer cette vérification, alors que le tsunami informationnel déferle.

La nouvelle souche du H1N1 réunit des éléments des virus porcin, humain et aviaire

La grippe porcine apparue au Mexique et aux Etats-Unis progresse rapidement et a un potentiel de pandémie mondiale mais il est trop tôt pour dire si elle évoluera dans ce sens, a déclaré samedi Margaret Chan, directrice générale de l'Organisation mondiale de la Santé.

Elle a invité les autorités sanitaires de tous les pays à suivre de près toute forme inhabituelle de maladie et toute augmentation des cas de grippe grave ou de pneumonie."Il s'agit à l'évidence d'une souche animale du virus H1N1 et cela a un potentiel pandémique parce que cela infecte les gens. Cependant, nous ne pouvons pas dire sur la base des éléments actuellement disponibles de laboratoire, épidémiologiques et cliniques, si oui ou non cela causera effectivement une pandémie", a dit Chan.

L'OMS rappelle depuis plusieurs années qu'une nouvelle souche de virus pourrait déclencher une pandémie de grippe susceptible de tuer des millions de personnes dans le monde entier.
La nouvelle souche du H1N1, qui réunit des éléments des virus porcin, humain et aviaire, a fait jusqu'ici jusqu'à 68 morts, dont 20 décès confirmés, parmi les 1.004 cas présumés signalés au Mexique. Huit cas non mortels ont été recensés aux Etats-Unis.

Cette souche est encore mal connue et la situation évolue rapidement, a dit Chan lors d'une téléconférence.

Aucun cas similaire n'a été signalé ailleurs dans le monde, mais "il serait prudent de la part des autorités sanitaires des différents pays d'être vigilantes face aux cas de grippe ou de pneumonie, en particulier s'ils apparaissent en dehors de la période habituelle de pic de la grippe", a dit Chan, ancienne directrice de la Santé à Hong Kong.

Les autorités sanitaires doivent aussi être alertées face à une forte incidence de cas graves ou mortels de grippe dans des groupes autres que les jeunes enfants et les vieillards, tranches d'âge les plus exposées aux épidémies saisonnières de grippe ordinaire.

La plupart des personnes décédées au Mexique étaient âgées de 25 à 45 ans. Des exports de l'OMS ont apporté leur aide aux autorités sanitaires mexicaines. L'OMS tient des antiviraux à la disposition du Mexique, mais les autorités disposent de quantités importantes de Tamiflu, dont le nom générique est oseltamivir, médicament fabriqué par le laboratoire suisse Roche et qui, selon l'OMS, est efficace contre le nouveau virus."Les virus de la grippe sont notoirement imprévisibles et pleins de surprise, ainsi que nous l'observons actuellement", a dit Chan.

"Il nous faut savoir comment le virus se propage, quel est son processus de transmission et si oui ou non il causera une maladie grave, et dans quel groupe d'âge", a-t-elle souligné.Une commission de 15 experts devait se réunir samedi après-midi pour formuler des recommandations sur toute "mesure temporaire" à prendre et sur un possible relèvement du niveau d'alerte à la pandémie, qui se situe actuellement à trois sur une échelle qui va de un à six.
Dans l'attente d'une analyse plus approfondie des cas et d'autres données cliniques, il est "prématuré à ce stade" pour l'OMS de formuler des recommandations sur les voyages, a dit Chan.

"Nous n'avons pas encore de tableau complet de l'épidémiologie ou du risque, notamment de sa possible propagation au-delà des zones actuellement affectées", a-t-elle noté. "Cependant, l'avis de l'OMS est qu'il s'agit d'une situation sérieuse". Il est aussi trop tôt pour demander aux laboratoires pharmaceutiques de passer de la production traditionnelle de vaccins contre la grippe saisonnière à celle d'un nouveau vaccin dérivé du nouveau virus.

Un nouveau virus inconnu à l'origine de l'épidémie de grippe d'origine porcine


Pour plus de clarté il faudrait parler de grippe humaine d'origine aviaire ou d'origine porcine.



Que s'est-il passé au Mexique ?


Il y a quelques jours on ne connaissait pas ce virus. Ce virus inédit est un virus de la grippe porcine recombiné qui est devenu mortel pour l'homme. La virulence de la souche est importante car elle tue des personnes jeunes et en bonne santé. Cette grippe s'attrape uniquement par voie respiratoire, il n'y a aucun danger de contamination en consommant du porc, car le virus est détruit par la chaleur.



La contamination interhumaine est prouvée, à la différence de la grippe d'origine aviaire qui était crainte jusqu'à présent (il n'y a eu pour l'instant que 3 cas suspects et toujours familiaux).

On sait que le virus grippal devient dangereux en se recombinant. Il existe actuellement au Mexique 5 virus qui circulent en même temps, ce qui amplifie le risque d'une nouvelle mutation. On parle de grippe porcine car le virus provient de cet animal qui est un réservoir naturel du virus grippal, comme les oiseaux. La particularité est que le porc étant plus proche de l'homme sur le plan immunitaire, cela explique la contamination directe d'homme à homme.

Contre cette souche il existe des traitements antiviraux efficace, ce sont les inhibiteurs de la neuraminidase (Relenza et Tamiflu). A ce jour on signale toutefois 103 morts au Mexique.

La situation en France :

Il existe 33 millions de doses de traitement en stock en France (contre seulement 50 millions aux USA pour un pays 6 fois plus peuplé). Nous sommes, sans doute, le pays le mieux préparé au monde. Il n'y a aucun risque pour l'instant. Mais l'évolution peut être soudaine, comme on vient de le voir avec l'apparition de ce nouveau virus mutant et la rapidité des communications dissémine un virus à la planète entière en quelques heures. Et que deviendra ce nouveau virus en Asie ?

Grippe porcine : Mexico, capitale quasi-déserte, et... masquée

La façon dont le Mexique a réagit face à cette épidémie est intéressante à étudier pour comprendre ce qu'il convient de faire ... ou de ne pas faire. On remarque notamment l'absence d'explication sur la manière d'utiliser les masques. Par contre il se confirme qu'une épidémie d'une telle ampleur a rapidement des conséquences sur l'économie et la vie quotidienne, avec la fermeture et l'arrêt de nombreuses activités ... ce que tout le monde ne comprends pas.

La crainte de la grippe porcine a vidé les rues de Mexico ce qui a permis à Alberto Cardenas d'être servi tout de suite dans le petit restaurant de "tacos" dont il est le seul client.

"J'avais décidé de ne pas manger de tacos (galettes de maïs) aujourd'hui, alors que je le fais tous les dimanches, et avec cette histoire de grippe porcine je pensais plutôt me préparer quelque chose chez moi, mais en passant ici je n'ai pas résisté à la tentation", explique ce jeune homme de 27 ans. Et il mord une grande bouchée de sa galette farcie de "chicharron", autrement dit de couenne de porc frite à l'huile...

"Bof! Ils ont dit que manger du porc n'était pas dangereux, et ces tacos-là sont mes préférés", s'esclaffe-t-il.

En ce dimanche, la plupart des habitants de cette capitale de 20 millions d'habitants ont préféré rester chez eux, plutôt que de risquer la contamination.

"Nous tournons à 20% de notre capacité, peut-être moins", confirme un serveur de la "taqueria".

Soledad Rojas et sa fille de 12 ans, le masque sur le nez, font partie des très rares promeneuses du Parc Mexico, au coeur de la capitale. Elles ont voulu vivre ce dimanche ensoleillé comme à leur habitude, mais elles reconnaissent être "nerveuses, préoccupées", surtout en constatant que peu de monde a fait comme elles.

"Nous ne pouvons pas vivre enfermées à la maison. Le dimanche est le seul jour que nous passons ensemble, parce que je travaille du lundi au samedi", explique Soledad.

"En fait, je croyais que tout le monde penserait comme moi, mais non, le parc est vide, en comparaison des autres dimanches", ajoute-t-elle.

Avec une grimace comique, cette jeune maman résume les privations imposées par la grippe: "samedi soir, je n'ai pas pu aller boire un verre avec mes copines, dimanche matin nous n'avons pas pu aller à la messe, et ma fille n'ira pas en classe, pour je ne sais combien de temps"...

La municipalité a fait fermer bars de nuit et discothèques, et les messes ont été annulées, à part celle que le cardinal de Mexico a célébrée à la cathédrale, à huis-clos et devant les caméras de télévisions.

Ecoles, lycées et facultés sont fermés, et les cours ne reprendront pas avant le 6 mai.

"Je demande seulement à Dieu que l'épidémie soit contrôlée et que le virus ne devienne pas plus dangereux", conclut Soledad en ajustant son masque.

Ces petits masques de chirurgien constituent le moyen de prévention le plus élémentaire, et le plus couru. Les pharmacies ont été dévalisées tôt vendredi matin, dès l'annonce de l'accès de grippe porcine, et désormais les militaires en assurent la distribution gratuite, dans la rue.

"Le problème, c'est qu'on ne sait pas bien où et quand l'utiliser, et nous le mettons et l'enlevons au gré de l'intuition", souligne Rosa Maria Juarez, petite brune d'une trentaine d'années, alors qu'elle enlève le sien en descendant de voiture.

Avec son fiancé, elle s'en va à visage découvert boire un jus de fruit dans un café select, dont les serveurs ne portent pas de masque. Mais dehors, les "valet parking" qui se chargent de garer les voitures portent non seulement le masque, mais des gants chirurgicaux.

Grippe porcine : risque mondial

Le nouveau virus de la grippe porcine, dont la présence a été confirmée au Mexique, aux Etats-Unis et au Canada, pourrait muter et devenir beaucoup plus dangereux, a averti, hier, l'OMS, qui a maintenu son niveau d'alerte, à 3 sur une échelle de 6.

Alimentant les inquiétudes mondiales sur le virus d'origine animale se transmettant désormais d'homme à homme, l'adjoint par intérim au directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Keiji Fukuda a estimé, hier, qu'il était «fort possible que le virus évolue».

Etat d'urgence sanitaire aux États-Unis

«Quand les virus évoluent, il est clair qu'ils peuvent devenir beaucoup plus dangereux pour la population», a-t-il insisté. Samedi, l'OMS avait mis en garde contre le «potentiel pandémique» du nouveau virus de grippe porcine de type A/H1N1, touchant majoritairement des jeunes adultes en bonne santé. Mais hier, alors que le Mexique est en état d'alerte et que les Etats-Unis ont déclaré l'état d'urgence sanitaire, l'organisation onusienne s'est refusé à relever son niveau d'alerte, actuellement au stade 3 sur 6, un changement qui impliquerait une «augmentation significative du risque de pandémie». «Nous devons être sûrs d'avoir une base solide» avant de prendre une telle décision, a plaidé le Dr Fukuda, chargé des questions de sécurité sanitaire et environnementale.

Prudence de rigueur

«Il est clair que nous sommes dans une période durant laquelle nous devons être très prudents et collecter les meilleures informations», a-t-il insisté. Une décision pourrait toutefois être prise lors de la prochaine réunion, prévue demain, du comité d'urgence de l'OMS, composé d'une quinzaine d'experts internationaux. Convoqué pour la première fois samedi, ce comité avait estimé que la situation relevait «d'une urgence en terme de santé publique de portée internationale», conduisant l'OMS à recommander à «tous les pays d'intensifier leur surveillance de tous les cas inhabituels de maladie ressemblant à une grippe ou à une grave pneumonie».

Pas de cas avéré en France

Les responsables de la santé en France se sont déclarés vigilants, hier, tout en soulignant qu'il n'y avait pas de cas avéré en France et qu'il ne fallait pas «s'alarmer, le pays étant bien équipé pour faire face à une pandémie». Le diagnostic des trois cas suspectés de grippe porcine dans le Nord s'est révélé, hier soir, négatif. Ne restait plus que le cas d'une personne en région parisienne dont les résultats des examens devraient être connus aujourd'hui.

Grippe porcine : diagnostic négatif pour les cas suspectés dans le Nord

Le diagnostic des trois cas suspectés de grippe porcine dans le Nord s'est avéré dimanche soir "négatif", a annoncé la préfecture.

Les trois personnes suspectées d'être porteuses du virus, un couple de 47 et 50 ans et leur fils de 25 ans, habitant dans la région de Lille, devaient rentrer à leur domicile dans la soirée de dimanche, a précisé une porte-parole de la préfecture.

Les prélèvements effectués dimanche matin ont permis de déterminer qu'ils n'étaient pas porteurs d'un virus du même type que celui de la grippe porcine.

Le couple avait effectué un voyage en Californie du 4 au 18 avril dernier et la femme avait commencé à présenter les premiers symptômes d'une grippe -toux, écoulement nasal, fièvre- alors qu'ils étaient encore sur place. Leur fils n'avait pas pris part au voyage. Les trois personnes avaient été prises en charge par le service régional des maladies infectieuses du centre hospitalier de Tourcoing (photo ci-contre).

dimanche 26 avril 2009

Le monde se protège face à la grippe porcine

Alors que l'OMS juge "possible" que le virus mutant de la grippe porcine devienne "beaucoup plus dangereux", les mesures de vigilance et de précaution se multiplient dans le monde pour contrer la menace d'une épidémie. Pour l'instant, seule la Russie a décidé d'interdire "à partir du 26 avril les importations de viande venant du Mexique et (...) du Texas, de Californie et du Kansas". Les importations de porc et de produits préparés à partir du porc sans avoir subi de traitement thermique venant du Guatemala, du Honduras, de Colombie, du Costa-Rica, de Cuba, du Nicaragua, du Panama, du Salvador, ainsi que de plusieurs Etats américains sont aussi interdites.

Tous les autres pays ont pris uniquement des mesures de précaution et d'information à destination des voyageurs revenant des pays où l'épidémie existe. Dès vendredi, les pays voisins d'Amérique Latine ont annoncé des mesures de précaution. Le Pérou, le Chili, l'Equateur et le Costa Rica ont activé des plans de vigilance sanitaire comprenant une intensification de la surveillance des voyageurs en provenance du Mexique (où le nombre de morts pourrait dépasser 80) et des Etats-Unis (où des cas de grippe porcine ont été confirmés non seulement dans les Etats frontaliers, en Californie, au Texas, mais aussi au Kansas et jusqu'à New York). En Colombie également, où cinq voyageurs en provenance du Mexique ont été placés sous surveillance, les autorités sanitaires ont été convoquées samedi pour mettre en place un plan de prévention.

Le traumatisme du SRAS en Asie

A Bruxelles, la Commission européenne a indiqué suivre "de très près" la situation en précisant que "jusqu'à présent, aucun cas n'a été signalé dans l'Union européenne". En Espagne, où trois personnes ont été placées "en observation" par mesure "de précaution", les autorités recommandent la prudence avant de se rendre au Mexique. En France où des centres de crise ont été mis en place, plusieurs cas suspects sont en cours d'investigation. Le gouvernement belge ne déconseille pas pour l'instant les voyages au Mexique, à condition que les touristes respectent certaines règles d'hygiène de base. Les mêmes recommandations s'appliquent aux voyages aux Etats-Unis.

Le continent asiatique, encore traumatisé par la crise de la pneumonie atypique de 2003, a déclenché l'alerte ce week-end et appelé les touristes à la plus grande vigilance. En Chine, les autorités ont indiqué étudier les mesures d'inspection et de quarantaine à mettre en place pour se prémunir face au risque de pandémie. Au Japon, les autorités ont renforcé les contrôles dans les aéroports sur les passagers venant du Mexique. Des masques sont distribués et des caméras thermiques ont été installées pour détecter une éventuelle fièvre chez les passagers.

En Nouvelle-Zélande, un groupe de lycéens néo-zélandais de retour du Mexique, présentant des symptômes de la grippe, a été placé en quarantaine. Le ministère néo-zélandais des Affaires étrangères a recommandé à toutes les personnes ayant récemment voyagé au Mexique ou dans les Etats américains du Texas et de Californie et ayant développé des symptômes de la grippe de consulter un médecin.

Bulletin de l'InVS du 26 avril à 12h

Les autorités sanitaires du Mexique et des USA ont confirmé des cas groupés d'infection humaine par un virus grippal A(H1N1) d'origine porcine. Ce virus est différent du virus H1N1 de grippe saisonnière, virus d'origine humaine qui circule habituellement. Une transmission de ce virus de personne à personne est confirmée.

Situation épidémiologique

Aux USA, 11 cas sont confirmés dont 7 en Californie et 2 au Texas et 2 au Kansas (l'un a effectué un voyage au Mexique et le second est le conjoint du premier). Aucune de ces personnes n'est décédée et leur état clinique n'est pas inquiétant

Au Mexique, l'ampleur du phénomène est beaucoup plus importante. L'épidémie touche à ce jour 4 régions différentes du pays :
- Mexico city : 854 cas ont été recensés et 59 d'entre eux seraient décédés
- Etat de San Luis Potosi : 24 cas dont 3 décès
- Mexicali (Etat de Baja California, à la frontière américaine) : 4 cas, 2 décès
- des sources divergentes font état de cas et d'un décès à Oaxaca, cette information doit être confirmée.


Parmi les cas survenus au Mexique, 20 ont été confirmés comme étant liés à une souche porcine H1N1 très proche de celle isolée en Californie.

Cette situation va sans doute évoluer dans les jours à venir.

A cette heure, aucun cas d'infection à influenza A(H1N1) d'origine porcine n'a été identifié en dehors du continent américain.

Voir le document : Cas humains de grippe porcine (pdf) - mis à jour le 26/04/09 à 12h.

Situation en France

Une cellule d'alerte a été activée par le ministère de la Santé pour surveiller l'évolution de la situation.

Afin de détecter au plus tôt en France d'éventuels cas de grippe porcine H1N1 revenant d'une zone infectée, une définition de cas possible a été établie par l'InVS et la DGS.

Une personne présentant un syndrome respiratoire aigu brutal :
- signes généraux : fièvre>38° ou courbature ou asthénie
- et signes respiratoires : toux ou dyspnée

devient un cas possible si dans les 7 jours avant le début de ses signes :
1. elle a séjourné en Californie dans les comtés de San Diego ou Imperial (sud de la Californie).
2. elle a séjourné au Texas dans le comté de San Antonio (près de la frontière mexicaine).
3. elle a séjourné au Mexique dans le district fédéral de Mexico city ou de San Luis Potosi ou de Baja Californie ou de Oaxaca
4. elle a eu un contact étroit avec un cas possible, probable ou confirmé dans les 24h avant le début des signes.

Deux cas possibles signalés le 25/04 ont été écartés.
Des investigations sont en cours pour 4 autres personnes signalées ce jour.

Recommandations de prise en charge

Les personnes qui répondent aux critères de la définition de cas possible ci-dessus doivent contacter le centre 15.

Il est recommandé d'hospitaliser dans l'établissement le plus proche les cas possibles avec mise en œuvre d'isolement respiratoire et d'un traitement par un inhibiteur de la neuraminidase, en attente d'une confirmation ou d'une infirmation biologique du diagnostic de grippe.

Les contacts étroits des cas possibles doivent rester à domicile et éviter les contacts avec des personnes extérieures. En cas d'apparition de fièvre ou de signes respiratoires, ils doivent contacter le centre 15 pour une évaluation de leur situation.

Ces recommandations sont susceptibles d'évoluer en fonction de l'évolution de la situation et des informations disponibles.

Pour les personnes qui séjournent actuellement au Mexique ou doivent s'y rendre dans les prochains jours, des informations sont disponibles sur le site du Ministère des Affaires Etrangères (lien ci-dessous) :

http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/conseils-auxvoyageurs_909/pays_12191/mexique_12292/index.html

Pour toute question, le Ministère des Affaires Etrangères peut être joint au 01 45 50 34 60, ainsi que Infogrippe au 0 825 302 302.

Une pandémie de grippe porcine ?

Faut-il craindre une pandémie de grippe porcine ?


Selon le site de l'InVS :
Il est probable que le système de surveillance mis en place au Mexique détecte préférentiellement les cas sévères de syndrome grippal. Le taux d’attaque exact n’est pas disponible à ce stade.
Néanmoins la létalité élevée, tout du moins observée aux alentours de Mexico City, et le fait que de jeunes adultes soient décédés, sont préoccupants.
La situation est rendue plus complexe par la co-circulation de plusieurs souches d’influenza.
L’alerte donnée au niveau national montre l’attention extrême portée à cette épidémie par les autorités du pays.
Des mesures de surveillance et de détection active autour des cas ayant été activées, on s’attend à une augmentation rapide du nombre de cas rapportés dans les jours à venir.
Par ailleurs, 8 cas humains de grippe A (H1N1) porcine (tous bénins) ont été confirmés dans le sud des Etats-Unis dans les états de Californie et du Texas (cf. document A(H1N1) USA du 25/04/09).
On ne dispose pas de détails définitifs (origine humaine ou porcine) sur la souche A(H1N1) isolée au Mexique. On ignore donc à ce stade comment les deux événements sont liés.

samedi 25 avril 2009

Nombreux cas mortels de grippe porcine au Mexique


Le 22/04/2009 les autorités mexicaines ont déclaré un état d’alerte nationale. Les écoles et universités ont été fermées à Mexico City et les rassemblements (concerts, matchs de footballs, messes, etc) ont été annulés.
• Depuis début/mi-mars 2009, plusieurs centaines de cas d’infections respiratoires aigues (environ 900 selon les données disponibles à ce stade) ont été notifiées dont près de 60 décès.
• Ces cas ont présenté un syndrome grippal, dont plusieurs marqués par une aggravation rapide en 4 à 6 jours.
• Les cas décédés seraient des personnes âgées de 5 à 45 ans. Il n’y a pas de décès chez des personnes de moins de 3 ans ou de plus de 60 ans.

Cinq virus co-circulent en même temps multipliant le risque de mutation

• Les données disponibles témoignent d’une co-circulation concomitante de plusieurs souches d’influenza humaines:
A/Brisbane/59/2007 (H1N1) isolée dans 6 cas sur 57 typées en 2008-2009)
B/Florida/04/2006 dans 1 cas sur 57
A(H1) dans 19 cas sur 57
A(H3) dans 30 cas sur 57
PCR MD Infl B / IHA B dans 1 cas sur 57
• Environ deux cas avec pneumopathie sur trois ont nécessité une ventilation assistée. On ignore la part des cas avec pneumopathie parmi les cas notifiés à ce jour.
• La souche A(H1N1) porcine est en cause dans au moins 20 décès au Mexique.
• 4 régions du Mexique ont notifié des cas à ce jour;
Mexico City (District Fédéral) : environ 850 cas dont 60 décès;
San Luis Potosi : 14 cas dont 3 décès ;
Baja Californie : 2 décès ;
Oaxaca, 1 cas décédé (à confirmer).
• Certaines des souches identifiées sont de l’influenza A et B. Des investigations supplémentaires sont en cours afin d’identifier d’autres souches en cause dans l’épidémie.
• Les virus de la grippe aviaire A (H5N1) et du SRAS ont été officiellement écartés par les autorités mexicaines.

lundi 13 avril 2009

Un décès très suspect au Mexique

Une femme de 34 ans vient de décéder au Mexique d'une pneumopathie très suspecte. Il ne s'agit pas d'un Sras, ni de virus connus. Des informations font état depuis un mois de la circulation d'un virus grippal qui aurait muté.

samedi 28 mars 2009

Grippe aviaire : une fillette de 2 ans contaminée en Egypte

Une fillette de deux ans a contracté le virus hautement pathogène H5N1 de la grippe aviaire en Egypte, le 60e cas recensé dans ce pays depuis 2006, a annoncé samedi le ministère de la Santé.

La petite fille, dont l'identité et la localité d'origine n'ont pas été précisées, a été hospitalisée et son état est stable, a ajouté le porte-parole du ministère, Abdel Rahmane Chahine.

La grippe aviaire a tué 23 personnes en Egypte, pour la plupart des jeunes filles ou des femmes, qui s'occupent généralement des volailles dans les zones rurales.

En dépit de leurs efforts, les autorités ont du mal à changer les comportements de la population, dont une grande partie a conservé l'habitude ancestrale d'élever ses volailles sur le toit des maisons.

M. Chahine a affirmé que le taux de létalité de la grippe aviaire était moindre en Egypte que dans d'autres pays touchés par la maladie.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a récemment demandé une enquête pour déterminer la raison pour laquelle les enfants en bas âge semblent plus touchés par le virus.

L'Egypte a organisé en octobre dernier une conférence internationale sur la grippe aviaire, au cours de laquelle Washington s'est engagé à verser 320 millions de dollars pour combattre la maladie, dont certains redoutent qu'elle ne provoque une pandémie mondiale.

Selon l'OMS, la souche H5N1 du virus de la grippe aviaire a tué quelque 250 personnes depuis 2003, principalement en Asie du sud-est.