jeudi 31 décembre 2009

H2.0 N1.0 = Happy New Year 2010

Merci aux nombreux visiteurs de ce site, qui ont été plus de 100 000 cette année, dont la moitié durant les 3 mois estivaux.
Paradoxalement nous espérons une fréquence en baisse pour cette nouvelle année 2010, ce qui témoignerait du déclin du virus H1N1.
Malheureusement d'autres virus pourraient devenir menaçant et vous pourrez continuer à trouver ici des informations sur les virus de la grippe.
Merci également aux nombreux témoignages et commentaires.
Nous vous souhaitons une H(appy) N(ew) Year 2010 en espérant que ce ne sera pas l'année du H2.0 N1.0 ... ;+)))

Grippe H1N1 : En France 5 millions de personnes vaccinées et 2 600 effets indésirables signalés

Quelque 5 millions de personnes ont été vaccinées contre la grippe H1N1 entre le 21 octobre, début de la campagne de vaccination, et le 27 décembre, avec quelque 2 600 effets indésirables et deux décès pour lesquels un lien avec le vaccin n'a pas été retenu, selon l'Afssaps.

Les vaccins administrés sont essentiellement le Pandemrix (GSK, avec adjuvant, 3,7 millions de doses) et le Panenza (Sanofi-Pasteur, sans adjuvant, 1,4 million de doses), rappelle l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) dans son suivi hebdomadaire de pharmacovigilance. Le Focetria (Novartis, avec adjuvant) et le Celvapan (Baxter, produit par culture cellulaire et sans adjuvant), ont été administrés à quelques milliers de doses.

Pour le Pandemrix, 2 390 effets indésirables (6,4 pour 10 000) ont été signalés depuis le début de la campagne, dont 83 graves (27 au cours de la dernière semaine). De ces 27, 12 cas graves sont en lien avec le vaccin : crise d'épilepsie chez un patient ayant des antécédents, problèmes respiratoires chez un patient obèse, malaise et crises convulsives chez un adolescent de 15 ans, 2 cas de gêne respiratoire chez des enfants... Parmi les observations graves pour lesquelles un lien avec le vaccin n'a pas été retenu, deux décès sont intervenus chez des patients âgés souffrant l'un de "lourds antécédents cardiovasculaires" et l'autre d'antécédents neurologiques avec complications infectieuses. Les autres effets secondaires étaient d'intensité bénigne à modérée : douleurs ou inflammations au site d'injection, fourmillements ou picotements, nausées, fièvre ou maux de tête...

Pour le Panenza, 258 effets indésirables (1,8 pour 10 000) ont été notifiés depuis le début de la vaccination avec ce vaccin. 11 des 31 cas graves sont intervenus depuis la dernière semaine, notamment chez des femmes enceintes, avec 3 morts intra-utérines (8 tous vaccins confondus depuis le début de la campagne). Des investigations sont en cours. Cinq cas de fausse couche spontanée ont aussi été signalés depuis le début de la campagne, dont un survenu 1h30 après vaccination avec le Focetria, suite à un choc anaphylactique. L'Afssaps rappelle la fréquence relative des morts intra-utérines et des fausses couches et estime qu'"aucune donnée ne permet de relier ces événements à la vaccination".

Au total, pour l'Afssaps, l'analyse des signalements "ne remet pas en cause la balance bénéfice-risque des vaccins".

mercredi 30 décembre 2009

Le virus H1N1 a tué plus de 12 220 personnes cette année

Le virus H1N1 a tué plus de 12 220 personnes cette année, selon le dernier bilan publié ce mercredi 30 décembre par l'Organisation mondiale de la santé (OMS).
Le continent américain, et plus particulièrement les Etats-Unis et le Canada, a été jusqu'ici le plus durement touché avec "au moins" 6 670 victimes mais "la transmission de la grippe pandémique est actuellement la plus active en Europe centrale et orientale", a souligné l'OMS.
Pour l'ensemble de l'Europe, le bilan de l'OMS s'établit à "au moins" 2 422 morts dont des examens de laboratoires ont confirmé qu'elles avaient été causées par le nouveau virus.

Ci-contre une photo prise en Ukraine où la situation reste préoccupante.

Activité des virus H5N1 et H9N2


Les documents ci-dessus peuvent être agrandis en cliquant dessus, ils proviennent de l'InVS et font état de la circulation actuelle des virus de grippe aviaire H5N1 et H9N2.

Aux Pays-Bas, la pandémie de H1N1 est officiellement considérée comme terminée

Aux Pays-Bas, la pandémie est officiellement considérée comme terminée. En France, ce n’est pas encore le cas, mais les professionnels constatent une baisse importante du nombre de cas.

Fin octobre, il annonçait un surcroît d’activité de l’ordre de 80 % aux urgences pédiatriques d’Ile-de-France. Aujourd’hui, le professeur Gérard Chéron, chef de service aux urgences de l’hôpital Necker à Paris, fait état d’une situation beaucoup plus calme. " Les consultations pour des syndromes grippaux sont en diminution de façon régulière en Ile-de-France depuis un peu plus de quatre semaines", explique le médecin… mais surtout, "les prélèvements que l’on fait à la recherche de la grippe, eux aussi sont devenus négatifs dans la grande majorité des cas depuis début décembre", poursuit-il. Le gros de l’épidémie serait donc derrière nous. L’épidémie "commence à régresser", avait d’ailleurs indiqué la ministre de la Santé Roselyne Bachelot dès la semaine dernière. " On est en décroissance, mais la circulation du virus est encore importante et on reste très au-dessus du pic épidémiologique", avait cependant rappelé la directrice générale de l’Institut de veille sanitaire (InVS) Françoise Weber.

Au total, près de 5,5 millions de Français ont contracté la grippe depuis le début de cette première vague. Si l’on ajoute à ce chiffre les quelque 4,5 millions de personnes vaccinées jusqu’ici, "on peut estimer que seuls 10 millions de nos concitoyens sont protégés contre cette grippe", a par ailleurs souligné Mme Bachelot, pour qui ce chiffre est "insuffisant".

Drôle de calcul !

Qu'est qui permet de penser que les personnes vaccinées et les personnes ayant eu la grippe sont des groupes obligatoirement différents ? Ces deux populations peuvent très bien se chevaucher. Depuis plusieurs jours on sait que de nombreux grippés ne s'en sont même pas aperçus, il est donc plus que vraisemblable que des personnes immunisées naturellement, suite à un contage grippal resté inconnu, aient fait partie de personnes qui ont reçu la vaccination.
En additionnant les carottes et les navets, on fait dire (une fois de plus !) n'importe quoi aux chiffres ... mais depuis le début de cette pandémie on se demande où est encore la logique.

Le " Flu-gate "

Le British Medical Journal (BMJ) cite les propos du Professeur Liam Donaldson, directeur général de la Santé, qui a reconnu au cours d’une conférence de presse que finalement le virus A (H1N1) avait engendré une « swine flu » « considérablement moins létale que redouté ». La reconnaissance officielle de cette fausse alerte a irrité certains professionnels de santé, qui n’ont pas manqué d’exprimer leur mécontentement sur le site du BMJ.

Le Département de la Santé du NHS (Système national de la Santé) craignait d’être submergé par l’intensité de la grippe A (H1N1), ce qui ne s’est pas produit. Le NHS tient le choc, et pour cause. Il évoque les deux vagues qu’a connues le Royaume Uni, la première au début de l’été, la seconde cet automne, on a enregistré 290 000 cas pour la première, 482 000 cas pour la seconde, la première étant retombée plus rapidement (en termes d’incidence), alors que la seconde tend à durer. De ce fait, la seconde vague a entraîné davantage d’hospitalisations que la première. Mais pour le NHS, elle s’acheminerait vers sa fin, le pic d’alerte étant passé. Au 21 décembre, le nombre de patients hospitalisés était de 523, dont 113 en soins intensifs. Le nombre de nouveaux cas continue de baisser, entre 1 000 et 2 000 cas de moins par semaine. Depuis l'apparition de l’épidémie, en avril 2009, 298 décès ont été enregistrés au Royaume Uni.

La reconnaissance officielle de cette fausse alerte a irrité certains professionnels de santé, qui n’ont pas manqué d’exprimer leur mécontentement sur le site du BMJ.
« Quel soulagement de savoir que la swine flu s’avère moins létale que redouté», écrit l’un d’entre eux, qui souligne que dans ses bulletins réguliers l’OMS « évite avec précaution de faire des prédictions alarmistes de morbi-mortalité », d’autant qu’elle confirme de plusieurs sources que celle-ci régresse depuis le mois dernier. Ultime réflexion, que l’on retrouve semble-t-il en France : « On a la forte impression que notre Département de la Santé a tenté de façon répétée de « jouer la sécurité » en bombardant le public de chiffres alarmistes et spéculatifs ».

Question : « Combien d’argent des contribuables a été consommé pour ces campagnes ? »
Un autre correspondant, citant le titre d’une pièce de Shakespeare : Much ado about nothing (en français : Beaucoup de bruit pour rien), ajoute : « Pendant que des millions de gens continuent de mourir de vrais tueurs », reproche d'avoir fait peur inutilement aux pays en développement, alors qu' « il est temps que des économies en développement, telle l’Inde, se concentrent à sauver des gens qui meurent de problèmes plus sévères et curables comme le paludisme, les pneumonies et les diarrhées ». Ce correspondant estimant que ces pays « ont gaspillé de précieux millions de dollars » dans la lutte contre H1N1. Pour un autre enfin, l’alerte au H1N1 était un « Alarm-gate », un scandale alarmiste comme l’était le scandale du Watergate. Il écrit : « Les climatologues et les épidémiologistes ont sans le savoir réussi un service public : Climat-gate et Flu-gate ont immunisé le public contre l’alarmisme répandu par les médias ».

Pendant ce temps au Royaume Uni les vaccinations se poursuivent. Au 21 décembre, 3 millions de personnes des groupes prioritaires avaient été vaccines, dont 101 000 femmes enceintes.

Source : BMJ 2009;339:b5568 (21/12/2009)

mardi 29 décembre 2009

Le taux de mortalité de la grippe A revu sérieusement à la baisse

Suite aux dernières études l'estimation actuelle du taux de mortalité de la grippe A, serait plus proche d'1 sur 100 000 que d'1 sur 10 000. Il est cependant encore bien trop tôt pour estimer plus précisément ce taux.

Ces chiffres risquent par contre de ne pas inciter les 93 % de Français non encore vaccinés à se déplacer dans les centres, alors qu'il y a probablement encore beaucoup de personnes à risques qui ne sont pas immunisées, ainsi qu'au moins deux tiers des Français. "Même si ce nombre peut sembler important, pour moi, ministre de la santé, il est insuffisant", a déclaré Roselyne Bachelot la semaine dernière. "Le fait que 10 millions de personnes soient immunisées signifie que 50 millions ne le sont pas encore", a-t-elle ajouté.

Grippe H1N1 : La directrice de l'OMS n'est pas encore vaccinée

«J'ai demandé à mon service médical de s'informer sur l'endroit où je peux me faire vacciner», a déclaré mardi le Dr Margaret Chan, directrice de l'Organisation mondiale de la santé, interrogée par des journalistes a Genève. La patronne de l'OMS, chargée de piloter la riposte mondiale contre la pandémie de grippe H1N1, a affirmé que «bien sûr» elle allait le faire.

Pour se justifier, Margaret Chan a fait valoir qu'elle revenait juste de congés. Elle a assuré, cependant, que «beaucoup de membres du personnel» de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) se sont faits vacciner dans les centres mis en place par la Suisse. Alors que des campagnes de vaccination sont engagées dans beaucoup de pays occidentaux depuis deux mois, le nombre des volontaires est souvent plus faible que prévu, dégageant d'importants surplus de vaccins. L'Allemagne a ainsi annoncé début décembre vouloir revendre ses surplus à d'autres pays. La Suisse a, elle, décidé de faire don de la moitié de ses stocks à des pays en voie de développement et de vendre le reste à des pays encore demandeurs.

Grippe A : L'InvS souligne l'intérêt de la prescription précoce de Tamiflu

L'Institut national de veille sanitaire (InVS) vient de publier une étude basée sur l'observation des formes graves de grippe H1N1. Il apparaît qu'un traitement précoce à l'oseltamivir (Tamiflu®) réduit les risques de complications et de décès. Une publication en forme de réponse à la polémique soulevée par le changement des recommandations sur la prescription de cet antiviral.

Jusqu'au mois de novembre, les médecins devaient signaler à l'InVS toute hospitalisation liée à la grippe A, puis les signalements se sont ensuite limités aux formes graves. Chaque patient a alors fait l'objet d'un suivi détaillé. En comparant avec les formes non graves, les chercheurs de l'InVS ont tenté d'évaluer le risque de forme grave ou de décès en fonction de la prise précoce ou non de Tamiflu ®, c'est-à-dire dans les 48 heures après le début des symptômes.

Ainsi, parmi les formes non graves, 152 patients ont bénéficié d'un traitement précoce au Tamiflu et 113 ont reçu un traitement non précoce ou pas de traitement du tout. Pour les formes graves, la proportion s'inverse : 116 ont reçu du Tamiflu de façon précoce, contre 180 qui n'ont soit pas eu de traitement, soit ont été traités tardivement. Enfin, sur un total de 78 décès, seules 16 personnes avaient reçu du Tamiflu dans les 48 heures suivant l'apparition des symptômes. Ainsi, "en comparaison des formes non graves, les patients atteints de formes graves et les patients décédés ont moins souvent bénéficiés d'un traitement par oseltamivir commencé dans les 48 heures après le début des signes", observe l'InVS. Et ce, que les patients présentent ou non des facteurs de risque de complication.

Les résultats de cette analyse indiquent donc qu'un traitement précoce au Tamiflu ® pourrait protéger du risque de complications graves ou de décès de grippe H1N1. Cependant les scientifiques de l'InVS restent prudents quant à la portée de leur étude. "Notre analyse a des limites car réalisée sur des données observationnelles portant uniquement sur des cas hospitalisés. De plus nous n'avons pas pu prendre en compte d'éventuels facteurs de confusion et les informations concernant les modalités du traitement antiviral étaient manquantes pour environ 50 % des cas", indiquent les auteurs.

Ainsi, seule la moitié des cas a pu être intégrée à l'analyse. Toutefois, les auteurs notent que des observations similaires ont été rapportées dans d'autres pays : Etats-Unis, Canada et Mexique. Ces arguments seront-ils suffisants pour convaincre les médecins, qui s'interrogent sur la pertinence d'une telle prescription systématique pour tout syndrome grippal, quelle que soit son intensité et les éventuels facteurs de risque associés ?

Source : "Intérêt d'un traitement précoce par antiviral pour réduire la sévérité et la mortalité par grippe A", InVS, 21 décembre 2009

Grippe A: L'OMS se défend d'avoir été trop alarmiste

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) n'a pas été trop alarmiste dans sa gestion de la grippe porcine, estime sa directrice Margaret Chan. Selon elle, le monde n'est toujours pas prêt à faire face à une pandémie due à un virus plus virulent que le H1N1.

"L'OMS a adopté une attitude très prudente, d'autant qu'il était question de la première pandémie depuis quatre décennies. Je n'aurais jamais déclaré l'état de pandémie si je n'avais pas eu la certitude d'avoir les preuves dans ce sens", déclare Mme Chan. Selon elle, l'épidémie a été marquée par l'émergence d'un nouveau virus qui "se propageait de façon durable dans plus de deux régions du monde". "Nous sommes tous arrivés à la même conclusion et avons pris une décision unanime d'annoncer la pandémie le 11 juin 2009", ajoute-t-elle. "En termes de communication, il y a eu bien sûr un grand écart entre les attentes et la réalité. Tout le monde s'attendait à ce que la prochaine pandémie soit déclenchée par le virus (de la grippe) aviaire H5N1 qui tue 60 % des personnes infectées. Elle l'a été par un virus plus bénin, le H1N1", souligne-t-elle.

"Pas prêts du tout"

L'épidémie de grippe porcine a par ailleurs été gérée "de façon beaucoup plus sereine et organisée" que l'épidémie de pneumonie atypique (SRAS) de 2003, alors même que son ampleur était beaucoup plus grande. Un progrès que Mme Chan attribue à la mise en place de dispositifs d'alerte et de détection des maladies efficaces dans de nombreux Etats. Malgré cela, la doctoresse chinoise estime que "nous ne sommes pas prêts du tout" à faire face à une pandémie de grippe aviaire. Elle souhaite même "vraiment que le monde n'ait jamais à affronter une pandémie de grippe aviaire". Selon elle, il faut investir "beaucoup plus" dans la surveillance des maladies animales. "Au cours des trente dernières années, nous avons vu apparaître trente nouvelles maladies dont 70 % proviennent d'animaux", explique-t-elle, tout en précisant que l'OMS a déjà commencé à collaborer "très étroitement" avec des institutions comme l'Organisation mondiale de la santé animale à Paris.

L'importance des formes asymptomatiques de grippe A (H1N1) se confirme

Une étude met en évidence des anticorps chez des individus n'ayant pas consulté pour grippe.

Combien de personnes ont-elles déjà été infectées par le virus de la grippe H1N1 ? Sans doute beaucoup plus que ce que l'on croyait jusqu'à présent, si l'on tient compte des formes asymptomatiques. Dans chaque épidémie, les réactions individuelles à l'infection sont différentes, les uns souffrant de symptômes graves, voire mortels, d'autres ne présentant que très peu ou pas du tout de troubles. Dans l'épidémie actuelle liée au virus H1N1, s'il est facile de recenser les personnes atteintes d'une grippe clinique, il est plus compliqué de débusquer celles ayant été contaminées sans symptôme.

Une étude visant à doser dans le sang systématiquement les anticorps contre le virus H1N1 vient d'être conduite à Marseille chez des femmes enceintes. Les premiers résultats pour cette tranche d'âge de 20-39 ans révèlent que pour une personne ayant consulté pour grippe, quatre ont été infectées. Si l'on extrapole grossièrement ce qui n'est pas prudent, selon les experts ces résultats à toute la population, près de 20 millions de personnes en France auraient déjà été infectées par le H1N1, puisque près de cinq millions de Français ont déjà consulté pour grippe depuis septembre. Ces travaux réalisés sous l'égide de l'École des hautes études en santé publique invitent à revoir à la baisse le risque de décès lié au H1N1 et indique que désormais une part importante de la population est déjà immunisée.

L'étude sur la surveillance de la séroprévalence, réalisée par l'unité des virus émergents (université Aix-Marseille) dirigée par le Pr Xavier de Lamballerie, en collaboration avec l'Institut de veille sanitaire, vise donc à connaître l'importance de la contamination asymptomatique liée au H1N1. Dans ce but, à Marseille, 500 femmes enceintes, au premier trimestre de la grossesse, chaque semaine, se voient proposer, en même temps que la recherche de toxoplasmose ou rubéole, un test pour détecter les anticorps contre le H1N1, si elles n'ont pas été encore vaccinées. Les résultats préliminaires ont été donnés dans la revue en ligne PLoS Current Influenza, le 27 décembre.

«Cette surveillance sérologique nous a permis de constater que, pour la semaine 49 (première semaine de décembre), 10 % des femmes enceintes d'âge compris entre 20 et 39 ans présentaient des anticorps consécutifs à une infection récente par le virus pandémique H1N1, explique le Pr Antoine Flahault, cosignataire de l'étude et expert en santé publique. Le réseau de surveillance Sentinelle la même semaine montre que seulement 2 % de la population générale dans cette tranche d'âge a consulté un médecin pour grippe clinique. Cela nous permet de dire qu'il y aurait beaucoup plus de personnes contaminées que ce que mesure le réseau Sentinelle, soit parce que ces personnes n'ont pas eu ou peu de symptômes, soit parce qu'elles ont été grippées, sans consulter leur médecin.» Ainsi, dans cette tranche d'âge, sur 10 personnes ayant été infectées par le virus, seules deux ont été repérées par le système de surveillance et huit (quatre fois plus) ne l'ont pas été. «C'est beaucoup plus que dans la grippe saisonnière pour laquelle on a calculé qu'une personne sur deux est asymptomatique», ajoute le professeur Flahault.

Ces données ont été obtenues pour la tranche des 20-39 ans plus souvent infectées que les plus âgées. Néanmoins, si l'on extrapole ces chiffres à la population générale et non plus seulement aux 20-39 ans, on aboutit à 20 millions de français déjà infectés par le virus (5 millions de consultations pour grippe ont été recensées depuis le début de l'épidémie). «Il faut être très prudent et attendre d'avoir des chiffres plus précis, dont on devrait disposer bientôt, avant de faire ces extrapolations, assure le Pr Xavier de Lamballerie. Même si les données sont convergentes pour dire qu'il y a avec le H1N1 plus de formes asymptomatiques qu'avec la grippe saisonnière.»

L'Institut de veille sanitaire, dans son «Bulletin épidémiologique hebdomadaire» publié le 24 décembre avec des extrapolations différentes, estime que le nombre de personnes déjà immunisées contre le virus H1N1, soit par l'infection ou la vaccination, serait compris entre 11,2 et 18,1 millions de personnes. C'est d'ailleurs cette masse de personnes désormais immunisées qui exercerait un effet «barrage» expliquant le début de la décrue de l'épidémie.

D'autres enquêtes de séroprévalence menées aux États-Unis et en Grande-Bretagne dont les résultats vont apparemment dans le même sens devraient bientôt être publiées. Ces travaux devraient entre autres inciter à revoir nettement à la baisse le taux de mortalité attribuable au virus H1N1, et poser la question de la poursuite de la vaccination.

Net ralentissement des vaccinations contre la grippe A (H1N1) en France

Le rythme des vaccinations contre la grippe A (H1N1) a très nettement ralenti en France durant la semaine de Noël, avec quelque 250 000 personnes vaccinées contre une fréquence d'environ un million de vaccinations hebdomadaires les trois premières semaines de décembre, a annoncé lundi le ministère de l'Intérieur.

Grippe A : Une pétition des médecins contre l'usage systématique du Tamiflu

Depuis début décembre, le ministère de la santé recommande aux médecins la prescription systématique de Tamiflu ® à tous les patients grippés. Une recommandation qui va à l'encontre des précédentes et qui ne fait pas l'unanimité des professionnels de santé. Ainsi, le Formindep, un collectif de médecins pour l'indépendance de l'information médicale, a adressé une lettre ouverte au Pr Didier Houssin, le directeur général de la santé. La pétition associée à cette lettre a déjà recueilli plus de 900 signatures de professionnels de santé. Ces médecins s'interrogent sur l'utilité de la prescription systématique du Tamiflu ®. Selon eux, cette décision est "en contradiction avec les données scientifiques fiables actuellement portées à [leur] connaissance". En effet, ce médicament était jusqu'à présent réservé aux personnes à risques ou atteints d'une forme sévère d'emblée. De plus, une étude parue le 8 décembre dans le British Medical Journal remet en question l'efficacité du Tamiflu ® et dénonce le manque de données quant à sa capacité à réduire les risques de complications. Les signataires de la pétition invitent donc le directeur général de la santé à leur fournir "l'ensemble du texte de la recommandation, son argumentaire, et les éléments et niveaux de preuve sur lesquels elle se fonde".

Dernier pavé dans la mare en date, Le Canard Enchaîné a publié, mercredi 23 décembre, un article assez critique vis-à-vis de cette recommandation, s'interrogeant, sous le titre "Des tonnes de Tamiflu à bazarder", sur la finalité de cette nouvelle recommandation alors que l'épidémie marque le pas. De plus un pharmacien a confié à l'hebdomadaire que "les boîtes destinées au traitement des dernières grippes ont un délai de péremption très court : mai 2010. Pour info, celles que nous vendions encore samedi 19 décembre avaient pour date limite avril 2015 ou mai 2016". En effet, depuis le 21 décembre, les pharmacies ont reçu une partie des 33 millions d'antiviraux émanant des stocks de l'Etat : seront-ils bientôt périmés? Est-ce une raison pour en prescrire à tout le monde, sachant que ces médicaments sont délivrés gratuitement sur présentation d'une ordonnance ? En tout cas cette nouvelle recommandation jette le trouble.

Source : Site internet du Formindep - 28 décembre 2009 et Le Canard Enchaîné - 23 décembre 2009

Le virus de la grippe A (H1N1) a provoqué 191 décès en France métropolitaine

Le virus de la grippe A (H1N1) a provoqué 191 décès en France métropolitaine depuis le début de l'épidémie, dont quinze depuis le 23 décembre, selon les chiffres de l'Institut de veille sanitaire (InVS). L'InVS recense 50 nouveaux cas graves de grippe A (H1N1) depuis son précédent bulletin du 23 décembre. Au total, depuis le début de l'épidémie, 985 cas graves ont été hospitalisés en métropole. Parmi ces personnes, 209 sont toujours en réanimation ou unités de soins intensifs, précise l'institut dans un communiqué.


lundi 28 décembre 2009

L'OMS annonce 11 516 morts de la grippe A (H1N1)

Alors que l'épidémie de grippe A (H1N1) marque une pause en France et plus généralement dans toute l'Europe, l'OMS a indiqué ce mercredi que le virus avait déjà fait 11 516 morts dans 208 pays et territoires d'outre-mer (chiffres arrêtés au 20 décembre) soit 1 000 décès supplémentaires en une semaine.

Sans surprise c'est le continent américain qui reste le plus frappé par le virus H1N1 puisqu'on y dénombre pas moins de 6 670 victimes. Toutefois "le nombre de décès et d'hospitalisation ne cesse de décliner depuis six semaines" précise l'organisation dans son communiqué. Pour l'Europe, l'OMS confirme que l'on atteint un plafond dans la majorité des pays. Dans une grande partie nord de l'Europe l'OMS parle même d'une baisse sensible. Deux pays font toutefois exception le Monténégro et la Hongrie où la maladie continue sa progression. A noter également une résurgence du virus" en Serbie, Ukraine, Géorgie et Turquie. A noter qu'en Europe les taux les plus élevés de symptômes grippaux ont été enregistrés parmi les enfants 0-4 ans (dans 15 pays) et parmi les enfants âgés de 5-14 ans d'âge (dans 18 pays). Dans le reste du monde, et même si l'OMS avoue disposer de peu de données, la transmission du virus reste toujours active en Asie centrale et au Moyen-Orient. C'est surtout vrai pour l'Egypte et le Kazakhstan tandis que le tendance est à la baisse pour d'autres pays comme Israël et Oman. Enfin en Asie-Pacifique, le virus reste actif mais serait globalement en baisse. Le bilan est à ce jour de 1 039 décès.

Source bilan OMS au 23 décembre disponible en intégralité et anglais sur le site de l'OMS

dimanche 27 décembre 2009

Bachelot : "J'ai dit la vérité sans dramatiser"

Pour clore une année agitée sur le front sanitaire, Roselyne Bachelot s'est rendu vendredi dans un hôpital des Yvelines. Elle défend sa gestion de la pandémie grippale.

Les médecins ne connaissent pas les jours fériés, leur ministre veut montrer qu’elle reste au front à leurs côtés. Vendredi matin, Roselyne Bachelot, en butte à la fronde des généralistes agacés par sa gestion de la grippe A (H1N1), est allée faire une de ces visites de terrain qu’elle dit affectionner tout particulièrement. En ce jour de Noël, elle s’est rendue à l’hôpital de pédiatrie et de rééducation de Bullion, dans les Yvelines. Certains proches conseillers la disent meurtrie par les attaques tous azimuts concernant sa gestion de la crise sanitaire, et en particulier les critiques émises par certains grands médecins, comme le professeur et député (UMP) Bernard Debré qui a dénoncé un excès de prudence et de dépenses pour une simple "grippette". "Au début, on recevait du Mexique des éléments très contradictoires. On nous donnait des chiffres de mortalité effrayants. Pour en savoir plus, j’ai envoyé le virologue de l’Institut Pasteur Jean-Claude Manuguerra au Mexique. Je me suis toujours efforcée de prendre du recul, de dire la vérité sans dramatiser, de faire part de nos incertitudes. J’ai toujours été dans une position de mesure et de vigilance."

Alors que le pic épidémique est passé, Bachelot répète qu’elle s’est appuyée sur un collège d’experts (épidémiologistes, virologues, spécialistes de santé publique) et qu’elle fonde ses décisions sur un large consensus scientifique: "Contrairement à certains de mes prédécesseurs, je n’ai pas de gourou." Mais comment expliquer la très grande réticence des Français à se faire vacciner ? "D’abord, la campagne de vaccination n’est pas un échec. Nous avons un des taux les plus élevés d’Europe et l’hiver est loin d’être fini. Ensuite, il y a peut-être des causes plus profondes à cela. On observe des réticences au vaccin dans toute l’Europe. Dans nos pays riches, on a sans doute oublié que les maladies infectieuses tuent. Enfin, les théories du complot se propagent à toute allure sur internet. Des experts autoproclamés disent que le vaccin est dangereux et on les croit. Qu’y puis-je ?"
La ministre ne regrette pas, en revanche, d’avoir exclu les généralistes de la campagne de vaccination, des professionnels qui ont pourtant la confiance des Français et qui auraient pu les inciter à consentir à la piqûre. "S’ils avaient vacciné, ils n’auraient pas eu le temps de recevoir les malades en consultation. Et puis le conditionnement multidose du vaccin ne le permettait pas. L’Etat devait être en première ligne dans la gestion de la pandémie." Aucun regret non plus sur la commande massive de 94 millions de doses de vaccin, bien supérieure à celle passée dans les autres pays développés. "A l’époque, on ne savait pas qu’une seule dose serait suffisante. Si j’en avais acheté moins, on m’aurait accusée de ne pas en avoir fait assez. Nous n’aurons aucun problème à les revendre, le moment venu. Mes collègues ministres de la Santé étrangers ne cessent de m’en réclamer." S’ils pointent certains flottements dans sa communication durant la crise, de nombreux médecins estiment que l’épidémie était une peau de banane sur laquelle tout ministre aurait glissé. Bachelot, elle, riposte dans un sourire: "Si j’avais géré les choses autrement, on m’aurait critiquée aussi!"

Premier décès dû à la grippe H1N1 au Népal

Le Népal a annoncé ce dimanche le premier décès dû à la grippe H1N1 survenu dans le pays après la mort d'une femme dans un hôpital de Katmandou.

Une femme âgée d'une trentaine d'années est morte de la grippe H1N1 au Bir Hospital où elle avait été admise il y a deux semaines, a déclaré le chef de l'unité de soins intensifs, Brahma Dev Jha. "C'est le premier décès dû à cette grippe dans notre pays", a-t-il ajouté.

La situation particulière de l'Ukraine

En Ukraine le nombre de décès consécutifs au virus de la grippe et ses complications est de 615 à la date du 25 décembre. Dans les dernières 24h ce sont 18 nouveaux morts qui ont été signalés dont une femme enceinte, rapporte le ministre de la santé ukrainien.

Des nouveaux antiviraux

De plus en plus préoccupés par la résistance des virus grippaux aux médicaments antiviraux, les scientifiques travaillent sur de nouveaux traitements, innovants ou variantes ou encore combinaisons d’antiviraux existants. Certains de ces traitements ont été déjà présentés aux Etats Unis au Congrès de l’American Society of Microbiology. L’un d’entre eux, un antiviral encore expérimental, le peramivir, a reçu, le 23 Octobre, une autorisation d'utilisation d'urgence (AEU) de la Food and Drug Administration (FDA) en réponse à une demande des U.S. Centers for Disease Control and Prevention (CDC).

Depuis 2005, les scientifiques savent que les virus de la grippe saisonnière, sont devenus très résistants à l’amantadine, pour 90 % des souches H3N2 et 15 % des souches H1N1 saisonniers. Les antiviraux oseltamivir et zanamivir se sont donc substitués à l’amantadine, l'oseltamivir étant devenu l’antiviral le plus couramment utilisé dans le monde. D’où un développement de la résistance à l'oseltamivir des différents virus de la grippe saisonnière. En Janvier 2009, les CDC ont signalé 86 premiers virus de la grippe saisonnière résistants à l'oseltamivir. Puis d’autres cas de virus résistants à l'oseltamivir ont été recensés dans le monde. A ce jour, 96 cas de virus pandémique A (H1N1), présentant la même mutation « H274Y » ont été recensés résistants à l’oseltamivir. D’où la nécessité de développer de nouveaux traitements antiviraux.

Le peramivir IV est un médicament « expérimental », développé par le laboratoire Biocryst, basé à Birmingham (Alabama) and Durham (Caroline du Nord). Il est administré à l’hôpital pour des cas sévères, par voie intraveineuse, à certains patients enfants et adultes infectés par le virus A (H1N1). Le 23 Octobre, la FDA, en réponse à une demande des CDC et après avoir analysé les données scientifiques délivrait une autorisation d'utilisation d'urgence (AEU) pour le peramivir. Ce nouvel antiviral n'est prescrit que pour le patient qui ne répond pas au traitement antiviral oral ou inhalé, ou lorsque l'administration de médicaments par une voie autre qu'une voie intraveineuse n’est pas possible. Peramivir est donc aujourd’hui, le seul traitement de la grippe administré par voie intraveineuse actuellement autorisé pour traitement sous AEU des infections à A (H1N1). Le peramivir est en fait un inhibiteur de la neuraminidase, variante des antiviraux Tamiflu® et Relenza® et sa spécificité est d’être administré par voie intraveineuse. Une étude clinique présentée au Congrès de l’American Society of Microbiology, a démontré qu’une perfusion par voie intraveineuse de 15 à 30 minutes de peramivir apportait une efficacité identique à un traitement de 5 jours au Tamiflu®. Biocryst Pharmaceuticals développe le Peravimir grâce au financement (180 millions de dollars) des autorités sanitaires américaines. Pour le moment ce traitement dispose d’une autorisation d'utilisation d'urgence mais n’a pas reçu l’AMM de la FDA. Biocryst a reçu, début novembre 2009, une première commande initiale de 10 000 traitements de 5 doses en intraveineuse pour un montant total de 22,5 millions du Département américain de la Santé.

Adamas, un autre laboratoire basé à Emeryville (California) développe une thérapeutique associant 3 antiviraux dans un seul antiviral, dénommée « Triple Combination Advantaged » (TCAD) et conçue pour être plus efficace qu’une monothérapie et donc plus susceptible de stopper le développement de résistances aux antiviraux courants. Son médicament associe l'amantadine, la ribavirine et les inhibiteurs de la neuraminidase («ICN», oseltamivir ou zanamivir). Ce traitement, développé pour les patients à risque de complications dues à une infection grippale est conçu pour inhiber la réplication virale en trois points différents dans le cycle de vie du virus de la grippe. Des études in vitro ont montré que cette thérapie TCAD peut être jusqu’à 20 fois plus puissante qu’un antiviral utilisé en monothérapie sur toutes les souches du virus de la grippe, saisonniers et pandémiques. Les essais cliniques de phase 2 ont démontré que la combinaison de trois antiviraux est plus efficace que l’association de deux antiviraux et particulièrement efficace contre les virus ayant développé une résistance au Tamiflu®.

Nexbio, une biotech basée à San Diego (California) a développé un traitement expérimental qui détruit le site ou s’attache le virus de la grippe sur les cellules bronchiques : Fludase ® est une protéine qui inactive récepteurs viraux dans les cellules du tractus respiratoire humain, empêchant ainsi le virus de la grippe à la fois d'infecter le corps humain et ou « d’amplifier » la maladie chez des patients déjà infectée. Candidat médicament à large spectre en cours de développement pour la prophylaxie et le traitement des infections respiratoires causées par tous les types de virus grippaux, y compris le virus A (H1N1), Fludase ® est actuellement en phase I de développement clinique. Les premières études cliniques ont démontré l’efficacité de Fludase® contre les virus résistants au Tamiflu ®.

samedi 26 décembre 2009

La nouvelle stratégie de vaccination en France

Comparativement, en ce qui concerne la grippe saisonnière, 10 millions de personnes sont vaccinées en moyenne chaque année pendant une durée de 4 mois. « Pour la grippe H1N1, 4 millions de personnes ont été vaccinées en 5 semaines grâce à la mobilisation de l’Etat, mais aussi grâce à la prise de conscience de nos concitoyens » précise la ministre de la santé. Elle précise qu’une seconde étape de la campagne de vaccination débutera à compter de janvier 2010. Mais si « le système de vaccination en centres apparaît adapté pour vacciner sans tension excessive entre 150 000 et 200 000 personnes par jour sur une longue période, ce qui permet de protéger, dimanche inclus, environ 900 000 personnes par semaine, » 3 types d’offres de vaccination complémentaire vont être mises en oeuvre à compter du 5 janvier 2010 : ouverture progressive des centres de vaccination dans les établissements de santé ; ouverture d’une capacité de vaccination complémentaire en milieu professionnel (grandes entreprises et administrations) ; et une relance de la campagne de vaccination en milieu scolaire à partir du 5 janvier 2010 « en direction des collégiens et lycéens pour améliorer la couverture vaccinale d’un public particulièrement exposé aux complications graves de cette maladie. »
De son côté, selon l’Institut de Veille Sanitaire (InVS), à la date du 13 décembre, environ 3,3 millions de personnes avaient reçu au moins une dose de vaccin (H1N1) (Source : Direction de la sécurité civile). « Dans l’hypothèse extrême où aucune des personnes vaccinées n’aurait été préalablement infectée et où l’efficacité du vaccin serait de 100 %, le nombre additionnel maximum de personnes immunisées grâce à la vaccination serait donc, au 13 décembre 2009, d’environ 3,3 millions. » L’estimation maximale du nombre total de personnes immunisées par l’infection ou la vaccination serait alors comprise entre 11,2 et 18,1 millions, ajoute l’InVS.

vendredi 25 décembre 2009

jeudi 24 décembre 2009

Seulement 7 % de français vaccinés contre la grippe A (H1N1)

Alors que le premier pic de l'épidémie semble franchi, les autorités sanitaires n'excluent pas une nouvelle vague plus virulente. La campagne de vaccination sera relancée dès janvier dans les grandes entreprises et les administrations.

Après six semaines de campagne, les premiers chiffres significatifs tombent. «7 % de la population française est vaccinée», a indiqué mercredi le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, lors d'une conférence de presse conjointe avec la ministre de la Santé. Soit 4,5 millions de personnes. Un chiffre jugé «insuffisant» par Roselyne Bachelot, qui a regretté qu'«au moins la moitié des personnes prioritaires n'aient pas souhaité être vaccinées». Si le nombre de consultations est resté élevé la semaine dernière (environ 570 000), l'épidémie «commence à régresser». Mais les autorités sanitaires craignent malgré tout que la grippe n'ait pas dit son dernier mot et appellent les Français à mettre à profit les congés de fin d'année pour se faire vacciner. Pendant les fêtes, les centres restent ainsi ouverts (sauf les 25 et 26 décembre et les 1er et 2 janvier), mais avec des horaires resserrés. Et pour répondre aux besoins des vacanciers, les horaires de lieux de vaccination proches des stations de sports d'hiver (Alpes et Pyrénées) sont en revanche élargis.

«50 millions de personnes ne sont pas protégées»

Les autorités prévoient également de relancer la campagne de vaccination début janvier, notamment dans les entreprises. A compter du 5 janvier, les grandes sociétés et les administrations pourront ainsi proposer à leurs salariés de se faire vacciner. «Nous allons signer une convention avec les entreprises qui le souhaitent», a précisé Brice Hortefeux, citant l'exemple de Michelin qui devrait commencer au début de l'année à vacciner les 12 000 salariés de son site de Clermont-Ferrand. «Une ouverture progressive» dans les hôpitaux et une «relance» de la campagne en milieu scolaire, dont pourront bénéficier les enseignants, sont également prévues début 2010. Entre 8 et 15 millions de personnes auraient déjà été en contact avec le virus H1N1, a indiqué l'Institut de veille sanitaire (InVS), qui a pris en compte les personnes qui ont eu des symptômes grippaux mais n'ont pas consulté, et celles qui n'ont pas eu de symptômes. Si on y ajoute les personnes vaccinées, on arrive à une fourchette de 10 à 18 millions de personnes immunisées, selon les estimations de l'InVS. Des chiffres qui signifient, selon sa directrice générale Françoise Weber, que «50 millions de personnes en gros ne sont pas protégées».

176 personnes sont décédées en France des suites du virus depuis le début de l'épidémie et 11 516 personnes dans le monde, selon le dernier bilan publié mercredi par l'Organisation mondiale de la Santé.

Un rebond de la grippe est à attendre en 2010

Octavie, quatre ans, était de retour hier au Centre de vaccination Cosec-Mirail, pour sa deuxième injection. Passée le seuil du gymnase, surprise, sa maman laisse échapper : « Oh ça alors, il n'y a personne ! Dire qu'il y a trois semaines on a attendu trois heures et demie ! » Chaises alignées vides, box de vaccination quasi déserts… depuis le 17 décembre, la fièvre dans les centres de vaccination est retombée. On est loin du coup de chaleur et des files d'attente de fin novembre, début décembre « où l'on a vacciné jusqu'à 319 personnes en 4 heures », rappelle Henri Garrigues, chef du Centre du Cosec-Mirail. Hier, une heure après l'ouverture des portes, moins d'une centaine de personnes s'étaient présentées pour le vaccin, le plus souvent des familles avec des enfants en bas âge, et bien souvent aussi, pour la piqûre de rappel. Un point confirmé par Anne-Gaëlle Baudoin-Clerc, directrice de cabinet du préfet de la Haute-Garonne qui, chiffres en main, constate « cette semaine une baisse de fréquentation dans les centres d'environ 27 % par rapport à la semaine précédente. Et il s'agit pour beaucoup de la deuxième injection ».

Cette accalmie dans les centres toulousains (comme ailleurs) est à rapprocher des départs en vacances, mais elle reflète aussi un état d'esprit. « La population réagit en fonction du danger de pandémie. Par rapport à ce qu'elle entend à travers les médias, les experts, les médecins traitants lorsque surviennent hélas, des cas graves en réanimation et décès », reconnaît à son tour Henri Garrigues. Le dernier cas mortel à Toulouse d'un jeune homme de 24 ans le 7 décembre dernier, avait suscité aussitôt une nouvelle vague de vaccination dans les centres.

Les médecins s'accordent aussi pour reconnaître que depuis deux semaines consécutives, l'épidémie de grippe H1N1 marque le pas, tout en restant à des valeurs épidémiques. Il faut s'attendre à un nouveau rebond épidémique, au printemps et (ou) à l'automne 2010, lors des changements de températures. Raison de plus pour se faire vacciner, si ce n'est pas déjà fait. Le vaccin reste le remède le plus efficace contre la grippe H1N1 qui en ferait presque oublier une autre grippe, la saisonnière, qui n'a pas encore fait parler d'elle cet hiver.

« Le virus H1N1 a mis en sommeil l'autre virus grippal. Il y en a toujours un qui domine, qui est plus virulent », explique le docteur Jean-Louis Bensoussan, président national du GROG. Maintenant que la grippe H1N1 baisse d'intensité, il est bien possible que la grippe saisonnière prenne le relais.

Grippe A (H1N1) la décrue épidémique annoncée

Avec 276 000 nouveaux cas de syndromes grippaux durant la semaine du 14 au 20 décembre, contre 478 000 une semaine plus tôt, la grippe saisonnière est annoncée en décrue épidémique.

Selon le bulletin hebdomadaire du réseau Sentinelles publié ce mercredi 23 décembre, l'incidence nationale est toujours au-dessus du seuil épidémique, soit 440 cas pour 100 000 habitants. En 15 semaines, le nombre de consultations pour ce type de syndromes a atteint plus de 3,3 millions. Vingt régions de France métropolitaine avaient dépassé le seuil épidémique établi à 173 cas pour 100 000 habitants. Le réseau Sentinelles estime à 212 000 le nombre de consultations imputables à la grippe sur l'ensemble des consultations pour syndromes grippaux, contre 320 700 une semaine plus tôt. En 15 semaines d'épidémie, le nombre de cas de grippe atteint 2 762 000.

L'activité du virus H5N1 de la grippe aviaire reste concentré en Asie

En 6 ans, le nombre de décès mondiaux de la grippe aviaire, provoqués par le virus H5N1, reste heureusement faible mais avec une létalité très importante. Sur les 447 cas répertoriés (chiffre au 22 décembre 2009) il y a eu 263 décès, soit 58 %. Le virus reste présent presque essentiellement concentré en Asie, et on signale régulièrement la diffusion de l'épizootie dans les élevages.

Un échec cuisant sur lequel il va falloir se pencher

Le point de vue d'Antoine Flahault.

Souvenons-nous : Août-septembre 2009, nous franchissions une première étape, un premier gué de la pandémie. Les digues australes avaient tenu. Le virus s’était montré certes contagieux mais d’une virulence à deux vitesses. Peu agressif chez la plupart des personnes qu’il infectait, il pouvait aussi devenir redoutable chez une petite minorité (parfois sans facteurs de risque apparents et donc sans que l’on comprenne précisément pourquoi). Août-septembre 2009 était un peu la « drôle de guerre » de cette pandémie dans l’hémisphère Nord. Nous étions campés dans nos tranchées, les stocks de minutions s’accumulaient (dans certains pays) et bientôt les premières controverses éclataient. L’Etat en faisait trop. L’indécence était dénoncée. Les experts agissaient au nom d’intérêts inavoués. Rien ne venait. Rien ne viendrait peut-être. Puis l’automne de l’année 2009 a dévoilé (en dépit de la douceur quasi-inégalée des températures) le visage encore certes inconnu de cette grippe, mais fidèle aux photographies transmises par l’hémisphère Sud pendant notre été.

Dresser en ce premier jour de l’hiver le bilan de cette pandémie ? N’est-il pas un peu tôt pour penser que la saison est terminée « jusqu’à l’arrivée de l’hiver austral suivant » ? Peut-on affirmer que la souche qui reviendra sera beaucoup plus virulente et qu’elle nécessitera de jeter les stocks de vaccins actuels ? Il ne me semble pas aujourd’hui possible de l’affirmer.

Je ne crois pas pour ma part qu’il soit inopportun de continuer les vaccinations. Je suis d’accord cependant de reconnaître que la campagne des vaccinations a été un échec cuisant sur lequel il va falloir se pencher. Pour une fois que nous avions prévu qu’une pandémie de grippe allait arriver… Pour une fois que nous avions dimensionné les usines de production du vaccin de manière à ce qu’il soit disponible pour tous…. Pour une fois que nous disposions d’un vaccin efficace et sûr seulement quelques mois après l’émergence d’un virus… Force est bien de constater que la population française s’est montrée réticente à suivre les recommandations préconisées. Ce qui se vérifie aussi dans la plupart des pays occidentaux. Il est trop tôt pour dresser le bilan de tout cela. Mais ce bilan sera bien évidemment fait un jour. Avec aujourd’hui ce constat : Il n’est pas possible de vacciner en masse une population qui ne le souhaite pas. Pourquoi ? Il conviendra d’investir davantage dans les recherches multidisciplinaires qui nous permettront de comprendre un jour prochain pourquoi nos contemporains n’ont pas souhaités se protéger quand on leur a proposé.

Nous nous posons les mêmes questions concernant les masques.

Mais serait-il dangereux de se faire vacciner aujourd’hui ? Pourquoi donc ? Se faire vacciner, par un vaccin dont on a une expérience planétaire plutôt réussie, ne me semble pas faire courir un risque particulier, et peut encore protéger contre le retour certes hypothétique du virus durant l’hiver. Je ne crois donc pas que ce soit un mauvais calcul, même si je reconnais qu’il est un peu tardif. Quant à l’utilisation du Tamiflu, le Dr Fisch a raison de souligner qu’il manque encore des preuves de son efficacité, notamment dans la prévention des complications de la grippe. Il n’y a pas non plus d’évaluation bien conduite de son utilisation de masse. Cependant, c’est un médicament qui a montré son efficacité et sa relative innocuité en traitement et en prophylaxie individuels, à partir de plusieurs essais cliniques convaincants. Efficacité, mais pas miracle thérapeutique ! Inocuité, mais pas absence d’effets indésirables… Nous sommes bel et bien aujourd’hui sur le deuxième gué. Combien sont à venir ? Quelle sera l’ampleur des prochaines crues ? La suite, comme toujours est à écrire. Ensemble.


« Il est inconvenant de continuer à proposer la vaccination »

Un entretien avec le Dr Alain Fisch

Elargissons aujourd’hui, avec le Dr Alain Fisch, le cercle des spécialistes et des points de vue sur la gestion passée, présente et à venir de la pandémie grippale. Chef de service au centre hospitalier intercommunal de Villeneuve Saint-Georges, président de l’Institut des Etudes Epidémiologiques et Prophylactiques (IDEEP).

« Gripette » ou « catastrophe programmée » ? Dans quel groupe d’experts vous situez-vous vis-à-vis de l’actuelle pandémie ?

Il n’est certainement pas à l’ordre du jour de parler de « grippette » avec ce Myxovirus étrange qui a émergé en mars dans l’hémisphère Nord, qui est très contagieux et antigéniquement proche du A (H1N1) de la grippe « espagnole ». D’une manière générale il faut toujours se méfier des Myxovirus, ces virus aux capacités d’adaptation, de mutation et de sélection extrêmes ; des virus qui plus est impossibles à éradiquer sauf à envisager l’élimination de tous les oiseaux, de tous les porcins… jusqu’aux furets.

Estimez-vous de ce fait que le plan français de lutte contre la pandémie était parfaitement justifié ?

Attention, la méfiance des infectiologues pour ce virus ne veut pas dire adhésion aveugle à toutes les mesures gouvernementales. Précisons. Acheter, pour un milliard d’euros, 94 millions de doses de vaccins, n’était pas selon moi une faute mais une erreur excusable. L’ensemble du monde scientifique estimait, à l’époque des commandes, qu’il faudrait deux doses par personne vaccinée pour obtenir une immunité solide. Acheter en masse de l’oseltamivir (Tamiflu®) était plus discutable compte tenu de l’absence de preuves formelles de l’aptitude –toujours débattue- de ce médicament antiviral à améliorer le pronostic des formes graves. Quant à sa capacité à prévenir, par une prescription précoce présomptive (s’adressant à tous syndromes « grippaux »), elle n’est toujours pas évaluée en termes d’efficacité opérationnelle (la plupart des syndromes « grippaux » n’étant pas liés au A (H1N1), ni en termes de bénéfices/risques –l’oseltamivir n’étant pas aussi anodin que l’on veut bien le croire, individuellement et peut-être en termes de santé publique. Mais le gouvernement avait été traumatisé par la calamiteuse gestion de la canicule : après ne pas en avoir fait assez, il fallait désormais en faire trop. Acheter des masques chirurgicaux et FFP2 à hauteur (semble-t-il) d’un milliard d’unités, paraissait logique mais apparut bien vite antagoniste avec l’option « tout vaccin » ; de fait la population française fut désemparée et ne porta jamais le moindre masque : quelqu’un a-t-il jamais vu un usager de la RATP, un passant dans la rue, un médecin généraliste, en porter un ? Tout cela pour un milliard et demi d’euros auxquels il faudra ajouter les coûts logistiques, les réquisitions, les coûts indirects, les arrêts de travail « présomptifs »… Peut-être atteindrons-nous ou dépasserons-nous les deux milliards d’euros.

Vous estimez que l’on aurait pu agir de manière plus efficace et à moindre coût ?

Je pense surtout que l’heure est venue de regarder les choses différemment. La vaccination est un échec épidémiologique : trois ou au mieux quatre millions de personnes vaccinées sur 65 millions d’habitants n’auront eu aucun impact sur l’évolution nationale de la pandémie. Cette pandémie est en déclin depuis un mois aux Etats-Unis, depuis 15 jours dans la plupart des pays de l’ouest européen et commence sa défervescence en France. L’immunité vaccinale étant établie trois semaines après l’injection vaccinale, il est inconvenant de continuer à proposer la vaccination, à force de réquisitions, pendant cette période de fêtes ; ceci dit, les centres de vaccinations sont déjà désertés, sauf par les médecins, internes, infirmières, élèves infirmières et agents administratifs réquisitionnés ...

Vous estimez donc que le gros de la vague est définitivement passé ?

Non, car il faut tenir compte des capacités de ce virus à « rebondir » à tout moment. De nombreux éléments laissent d’autre part penser qu’il reviendra certainement l’hiver prochain après son deuxième passage au sud dès l’hiver austral. Quelle sera alors son agressivité ? A cette interrogation, il n’y a qu’une seule réponse : prévoir l’hypothèse la pire, sans affolement. Dans l’hypothèse où c’est un virus de haute létalité qui reviendra (ou qui menacera de revenir) il faudra craindre les sarcasmes des Français : « On nous a déjà fait le coup l’année dernière !… » En toute hypothèse le virus qui reviendra sera différent, comme tous les autres Myxovirus ; les vaccins actuels seront alors inefficaces et il faudra en produire de nouveaux ; les stocks (91 millions de doses… ) passeront à la poubelle. Il est donc bien probable que le virus A (N1N1) devienne à son tour un virus saisonnier. A ce propos, il est intéressant de noter que les virus saisonniers prévus cette année (A/Brisbane/59/2007 (H1N1), A/Brisbane/10/2007 (H3N2), B/Brisbane/60/2008) n’ont pas montré leur nez. Le A (H1N1) a imposé sa domination, sans doute par sa contagiosité supérieure. De ce fait, à ce jour, le virus variant a sauvé énormément de vies.

Que voulez-vous dire ?

Une grippe saisonnière normale, bon an mal an, tue 5 000 personnes en France, dont 1 à 2 % ne présentant pas de facteurs de risque. A ce jour le virus variant en a tué a 168 reprises (bilan au 21 décembre) et on admet que dans 20 % des cas les victimes n’avaient aucun facteur de risque. Conclusion logique : Dans l’état actuel du virus variant, il n’est pas pertinent de vacciner. Une vaccination massive aurait peut-être levé la pression dominante que ce nouveau virus exerce sur les virus saisonniers ; nous aurions alors peut-être eu une double épidémie avec les deux mortalités cumulées. Le comportement instinctif des Français, (souvent non dénué de finesse) a su leur faire prendre collectivement une distance certaine par rapport à la vaccination proposée contre le A (H1N1). Le gouvernement aurait certes pu faire de même. Mais il aurait fallu pour cela que la gestion de la crise soit, ces derniers mois, assurée par des techniciens pleinement libres de leurs actes et non pas soumis à la férule des politiques.

mercredi 23 décembre 2009

La grippe a tué au total 11 516 malades

La grippe pandémique H1N1, dont l'activité a atteint un plafond dans une bonne partie de l'hémisphère nord, a tué au moins 11 516 personnes dans le monde depuis son apparition au printemps, selon le dernier bilan publié par l'Organisation mondiale de la Santé.

"Au 20 décembre, quelque 208 pays et territoires du monde ont rapporté au moins 11 516 décès" dus au H1N1, confirmés en laboratoire, soit à nouveau près 1 000 morts de plus en une semaine, indique l'OMS sur son site internet. La transmission du virus dans l'hémisphère nord reste active et étendue géographiquement bien que la vague hivernale de la grippe atypique ait atteint un pic dans la plus grande partie des zones tempérées de l'hémisphère, précise l'organisation. Le continent nord-américain reste la région du monde la plus affectée par le virus, qui y a tué au moins 6 670 personnes. Aux Etats-Unis, le nombre de décès et d'hospitalisation ne cessent de décliner depuis six semaines même si le nombre de pneumonies reste au-dessus des normes depuis onze semaines, relève l'OMS. En Europe, la maladie qui a provoqué au moins 2 045 décès, a également "atteint un plafond dans la majorité des pays". En Asie centrale et de l'Ouest, en revanche, la transmission semble toujours active, explique encore l'OMS qui dit toutefois disposer peu de données sur la région.

Une simplification administrative de plus !

Le confrère qui reçoit cette missive se déclare pantois. Il y a de quoi ! Non seulement interdit de vaccination auprès de sa patientèle, il lui faut maintenant faire le travail administratif. De qui se moque t-on ? On lui demande d'indiquer quel vaccin il faut réaliser chez un de ses patients. Il aurait été vraiment plus simple de lui permettre de le faire lui-même.

Il est possible d'agrandir le document en cliquant dessus.

L’Ordre National des Infirmiers vient d’alerter à nouveau sur des dysfonctionnements graves persistants dans les centres de vaccination

Préparation des seringues à la chaîne et par des agents différents de ceux qui injectent, réquisitions perturbantes tant pour les médecins généralistes, les infirmières libérales ou les étudiants infirmiers… l’ONI lance « un rappel l’ordre ».

En septembre dernier, l’Ordre national des Infirmiers rappelait les règles de sécurité et de qualité des soins infirmiers nécessaires à l’organisation de la campagne de vaccination contre la grippe A (H1N1) et demandait une révision de la planification logistique, quelque peu « à la chaine » décrite dans la circulaire ministérielle du 21 août 2009. En octobre, le Haut Conseil de la Santé Publique avait bien confirmé que la personne qui prépare le vaccin est celle qui injecte le produit. Enfin, début décembre, face aux réclamations des organisations de médecins et de soignants, Roselyne Bachelot avait adressé aux Préfets une circulaire pour que soient respectées les bonnes pratiques.

Dans une lettre, datée du 11 décembre, l’Ordre National des Infirmiers (ONI) s’adresse à la Ministre de la Santé sur des dysfonctionnements graves repérés dans certains centres de vaccination :

« Madame la Ministre,
L’organisation de la campagne vaccinale contre le virus A (H1N1) mobilise l’ensemble des organisations professionnelles et institutions du monde de la santé pour assurer à nos concitoyens la prévention et les soins qu’ils sont en droit d’attendre pour répondre au mieux à cette situation. L’Ordre national des infirmiers s’est engagé à sa mesure dans cette campagne dès que votre Cabinet l’y a invité. Cette collaboration active nous a permis de remplir de manière plus efficace notre mission de contribuer à la santé publique, dans un cadre inédit et souvent difficile pour les professionnels de santé et les usagers. De nombreuses adaptations ont pu être faites par vos services en relation avec nous pour améliorer la sécurité et la qualité des soins nécessaires à ce programme. Il en est de même des relations tout à fait constructives tissées par la plupart des préfectures et DDASS avec les CDOI pour organiser sur le terrain les centres de vaccination. La qualité de cette collaboration m’invite donc à vous alerter sans retard sur certains dysfonctionnements graves persistant encore et de manière assez généralisée au sein des centres de vaccination. Ainsi, de nombreux échos des conseillers ordinaux participant à la vaccination m’informent notamment des situations suivantes, que l’ONI ne peut cautionner :

- Le rappel aux règles de bonnes pratiques en matière de soins infirmiers et d’hygiène préconisées par l’Ordre national et par le Haut comité de santé publique est très régulièrement ignoré par les responsables de centre, sans justification ni d’affluence ni d’une quelconque adaptation à une situation de crise (préparation de doses à la chaîne et à l’avance par un infirmier déconnecté du processus de vaccination lui-même, ne permettant aucune supervision, conservation au réfrigérateur, quelquefois jusqu’au lendemain, de doses ainsi préparées) ;

- Les étudiants en soins infirmiers sont très régulièrement seuls pour assurer l’ensemble des vaccinations, sans encadrement infirmier minimal comme cela est préconisé dans la circulaire.

Il en est de même des dysfonctionnements générés par des réquisitions irrationnelles et désordonnées d’étudiants et d’infirmiers libéraux, qui ne correspondent en rien à vos dernières déclarations indiquant que les préfets avaient reçu un « rappel sur les bonnes pratiques en vigueur » :

- Des IFSI entiers sont fermés plusieurs jours sans nécessité par décision préfectorale pour réquisitionner étudiants de 3ème année et formateurs, ce qui perturbe gravement le déroulement de la formation ;

- Les infirmiers libéraux sont très souvent réquisitionnés la veille pour le lendemain, sans prendre en compte les contraintes de continuité des soins dus à leurs patients.

Sur tous ces sujets, nous tenons à vous faire part des vives préoccupations des infirmières et infirmiers.
Etant confrontés à des directives ou des pratiques nuisibles à la qualité et la sécurité des soins, ils sont mis en difficulté pour assurer leur mission dans la sérénité indispensable et assurer convenablement le service attendu par nos concitoyens.

L’Ordre national des infirmiers ne peut rester silencieux face à de tels dysfonctionnements. Nous souhaitons donc que vous puissiez intervenir rapidement pour que, sous votre autorité, il y soit mis fin.

Je vous prie de bien vouloir agréer, Madame la Ministre, l’expression de notre haute considération.

Dominique Le Bœuf, Présidente du Conseil National de l'Ordre des Infirmiers

Selon l’ONI, les bonnes pratiques en soins infirmiers ne sont toujours pas respectées, les étudiants en soins infirmiers réquisitionnés se retrouvent souvent seuls pour assurer les vaccinations, la formation des étudiants est fortement perturbée par des décisions préfectorales de réquisition, les infirmiers libéraux continuent d’être réquisitionnés la veille pour le lendemain. L’ONI demande donc, une nouvelle fois, au ministère d’intervenir rapidement sur ces sujets.

Source : Communiqué Virginie Lanlo, ONI