jeudi 30 avril 2009

Pandémie imminente selon l’OMS


La pandémie de grippe H1N1 est désormais “imminente” mais, jeudi, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ne disposait “pas d’élément” justifiant de passer au niveau six d’alerte maximale.

L’Organisation mondiale de la santé ne dispose “pas d’élément qui laisserait penser qu’il faut passer au niveau 6 d’alerte”, signifiant que le monde est en proie à une pandémie, a indiqué jeudi le numéro deux de l’organisation, le Dr Keiji Fukuda.

“Les pandémies de grippe doivent être prises au sérieux parce qu’elles ont la capacité de se développer rapidement dans tous les pays du monde”, avait expliqué mercredi soir la directrice générale de l’OMS, Margaret Chan quelques minutes après avoir annoncé le passage de la phase 4 à la phase 5 de son échelle d’alerte.

De fait, le nouveau virus A (H1N1) “continue de s’étendre (…) sans montrer aucun signe de ralentissement”, a constaté l’OMS. L’existence avérée de deux foyers autonomes aux Etats-Unis et au Mexique a motivé le passage au niveau d’alerte 5.

L’OMS avait connaissance jeudi après-midi de 257 cas confirmés dans onze pays, contre 148 la veille, a indiqué son adjoint, le Dr Fukuda.

Le passage au niveau 6 d’alerte pandémique interviendra quand l’OMS aura les preuves que le virus contenant des gènes d’origine porcine, humaine et aviaire d’un type totalement inédit se transmet de façon autonome entre humains dans plusieurs régions de la planète.

Pour l’instant, en dehors du Mexique, le virus n’a eu que des formes peu virulentes mais il peut évoluer à tout moment, et devenir “beaucoup plus dangereux”, craint l’OMS. Aussi, la directrice de l’OMS a appelé “tous les pays à immédiatement activer leur plan de préparation à la pandémie”. A ce stade, “une surveillance élevée, une détection rapide et la mise en place de traitements” efficaces sont “essentiels”, a-t-elle précisé. Cependant, l’OMS “ne recommande ni la fermeture des frontières, ni de restreindre la circulation des personnes et des biens”, a insisté le Dr Chan.

Concernant la préparation médicale, au coeur de la riposte, elle a jugé prématuré le lancement en masse de la production de vaccins pouvant nuire à celle des vaccins de grippe saisonnière dont l’hémisphère sud devrait avoir bientôt besoin.

Elle a en revanche demandé aux firmes d’étudier l’accélération de la production d’antiviraux. Deux d’entre-eux sont considérés efficaces, le Tamiflu de Roche et le Relenza du britannique GlaxoSmithKline.

Appelant à ne “pas céder à la panique”, le Dr Chan a demané de “maintenir un niveau de calme pour pouvoir continuer à gérer cette affaire de manière rationnelle”. Spécialiste reconnue des pandémies, le Dr Chan a estimé que chacun pouvait à son niveau participer à l’effort général, recommandant même à Genève, où aucun cas n’a été officiellement confirmé, “d’éviter de se saluer en se faisant la bise”.

“Les individus peuvent aussi faire beaucoup, en restant à la maison s’ils sont malades, en se lavant les mains et en mettant la main devant la bouche pour tousser”, a-t-elle assuré.

L’avertissement a été entendu par l’ONU, qui a demandé jeudi dans une note interne à ses fonctionnaires de “différer, si possible, les voyages non indispensables vers des pays à risque” et de respecter des “règles d’hygiène de base”. L’administration de l’ONU n’a pas précisé quels étaient les pays qui devaient être évités.

Réunion d'urgence, la France va passer au niveau 5

La France va “vraisemblablement passer au niveau 5″ d’alerte face à l’épidémie de grippe porcine. Une réunion interministérielle d’urgence est convoquée à 19H45 à Matignon. La France suspend égalemant la livraison aux pharmaciens de l’antiviral Tamiflu, selon le Laboratoire Roche. L’idée est d’éviter des stocks privés à mauvais escient.

Si, comme tout le laisse penser, la France passera à son tour très prochainement au niveau 5 de son plan de lutte contre la pandémie grippale, nous analysons ici les principales conséquences de cette évolution :

Le niveau 5 d'alerte de l'OMS correspond schématiquement aux situations 5 A et 5 B du plan national français de prévention et de lutte contre la pandémie grippale dans sa dernière version du 20 février 2009. Ce plan initialement préparé dans l'hypothèse d'une pandémie d'origine aviaire devrait s'appliquer à la situation actuelle.

La situation A correspond à une transmission virale interhumaine à l'étranger (ce qui est le cas aujourd'hui), la situation B à une transmission interhumaine en France, c'est-à-dire à un démarrage de la pandémie sur le territoire français.

Si le plan prévu est respecté, la direction des opérations serait confiée au Ministre de l'intérieur.

Les grandes mesures envisagées en situation A :

- activation des centres opérationnels départementaux ;
- suspension des liaisons aériennes vers les pays touchés ;
- mise en quarantaine des personnes arrivants des pays atteints ;
- mesures de contrôle adaptées pour les pays voisins des pays touchés ;
- renforcement du contrôle sanitaire aux frontières ;
- assistance des ressortissants français à l'étranger ;
- mise en oeuvre le cas échéant de mesures de quarantaine, d'isolement, de sécurisation des établissements de santé, des pharmacies et des sites de production des moyens de protection et de traitement ;
- appel à la réserve sanitaire et renforcement des plateformes de régulation des SAMU ;
- information du grand public, des professionnels de santé, des services de secours, des laboratoires, du service de santé des armées... ;
- détection, signalement et prise en charge des personnes atteintes et des sujets contacts ;
- renforcement des capacités de production et de distribution des masques, des tests et des médicaments (mis en forme en vrac).

Les grandes mesures envisageables en situation B :

En plus des mesures précédentes, les dispositions suivantes seront envisagées et modulées en fonction de l'évolution de la situation:

- suspension du système du médecin traitant ;
- fermeture des crèches, des établissements d'enseignements, des internats ;
- limitation de certains transports collectifs ;
- suspension des activités collectives (spectacles, manifestations sportives...) ;
- restriction des activités professionnelles non essentielles et des visites dans les établissements de soins ;
- limitation des déplacements individuels ;
- déclenchement des plans blancs et bleus et éventuellement des plans blancs élargis ;
- création de structures intermédiaires d'hébergements pour certains patients ;
- préconisation du port de masques chirurgicaux par les malades et les personnes indemnes ;
- mesures de maintien d'une activité économique et sociale compatible avec la lutte contre la pandémie (favoriser des modes alternatifs d'organisation) ;
- diverses dispositions juridiques d'exception (organisation de la répartition de l'énergie et du ravitaillement, continuité des principales fonctions de l'Etat et des collectivités) ;
- éventuel rappel de la réserve militaire opérationnelle ;
- mesures spécifiques aux services funéraires.

L'OMS trouve une dénomination officielle et le Mexique a enfin un laboratoire capable d'identifier les virus

L’OMS décide d’adopter la dénomination de “grippe A (H1N1)”

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé jeudi sur son site internet qu’elle utiliserait désormais la dénomination de “grippe A (H1N1)” pour désigner la maladie d’origine porcine qui aurait fait près d’une centaine de morts au Mexique et aux Etats-Unis.

Le nom de la grippe suscite un vif débat à travers le monde, de nombreuses voix s’étant élevées pour récuser l’appellation de “grippe porcine”, invoquant notamment les conséquences économiques considérables pour les producteurs de porcs.

Pour sa part, le Mexique refuse vigoureusement que l’on qualifie la nouvelle maladie de “grippe mexicaine”, jugeant que cette formulation “nuit à l’image” du pays.

Il se confirme que le Mexique n’avait pas de laboratoire permettant d’analyser les prélèvement de cas suspectés, et seulement trois hôpitaux de Mexico envoyaient jusqu’alors leur prélèvements aux Etats-Unis, ce qui rendait précaire toute analyse claire de la situation et l’établissement de données fiables.

La situation semble toutefois évoluer favorablement, puisque un laboratoire américain a été installé au Mexique pour que les scientifiques puissent procéder à des diagnostics rapides du virus de la grippe porcine et mieux étudier la maladie. “Nous avons désormais un laboratoire qui fonctionne au Mexique, qui peut diagnostiquer ou confirmer la présence du virus H1N1” de la grippe porcine, a déclaré le Dr Richard Besser, directeur des Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC) au cours d’une conférence de presse.

Après une semaine de grippe porcine, le Mexique espère un peu de répit


Une semaine après le déclenchement de l'alerte à la grippe porcine, la chute des hospitalisations à Mexico a entrouvert jeudi l'espoir d'un léger répit au Mexique, foyer du virus qui place le monde au bord d'une pandémie.

Seuls dix-huit patients présentant des symptômes suspects ont été admis mercredi dans un hôpital de la capitale mexicaine, un chiffre moitié moins élevé que la veille, s'est réjoui Marcelo Ebrard, le maire de cette mégalopole de 20 millions d'habitants. "Les chiffres nous disent que nous allons vers une étape de stabilisation", a assuré l'élu, tout en exhortant la population à ne pas faire preuve d'un "excès de confiance". "Nous n'allons pas en finir cette semaine avec le virus. Nous allons devoir vivre encore avec lui pendant un certain temps", a-t-il averti, à l'occasion de sa désormais traditionnelle conférence de presse matinale.

Au Mexique, le bilan de la grippe porcine s'établit à huit morts confirmées et 84 décès suspects. Au total, 99 personnes ont été contaminées de manière certaine par le virus et plus de 1.600 pourraient l'avoir été.

Lassés d'une semaine de psychose et de vie en vase clos, beaucoup de Mexicains ont décidé jeudi matin d'ignorer l'appel à "rester dans son foyer en famille", lancé par leur président Felipe Calderon, dans une solennelle allocution télévisée au cours de la soirée de mercredi. La circulation automobile a aussi commencé à reprendre ses droits dans les grandes artères de Mexico, où les embouteillages infernaux ont refait leur réapparition pendant cette période fériée, souvent synonyme de bol d'air à la plage.

"Cette histoire de pas bouger de chez soi, c'est une absurdité. On a besoin de sortir et de travailler. Je n'arrive plus à gagner ma vie depuis une semaine", se plaint à l'AFP Raul Campos, un cireur de chaussures.

Malgré l'impact sur l'économie du pays, le gouvernement mexicain a maintenu au moins jusqu'à mercredi toutes les mesures de précaution : fermeture des établissements scolaires, des lieux de restauration et de loisirs et des principaux sites touristiques. Le chef de l'Etat a exhorté la population à profiter du 1er mai pour faire un grand "pont" et respecter les consignes de sécurité.

Au cours de ses rondes, Marco Antonio Anaya, un policier de 36 ans, tient à rappeler le message. "Je recommande aux gens de continuer à porter un masque et à ne pas se regrouper", dit-il à l'AFP.

Critiqué par l'opposition pour avoir tardé déclencher l'alerte, M. Calderon a insisté sur le fait que la grippe était "curable" et que le pays disposait de stocks suffisants de médicaments. Mais les autorités n'ont pas caché que le coup serait très rude pour l'économie. Le ministre mexicain des Finances, Agustin Carstens, a prévenu que l'épidémie de grippe porcine risquait de se solder par la baisse d'un demi-point du produit intérieur brut, soit une perte de 70 milliards de dollars. La désaffection des hôtels et des activités touristiques, troisième source de devises, met en danger près de 450.000 emplois et représente pour Mexico un manque à gagner quotidien de 100 millions de dollars.

Ce choc s'ajoute aux prévisions pessimistes de la Banque centrale du Mexique, qui vient de publier un rapport établi avant la crise sanitaire, misant sur un recul pouvant aller jusqu'à 4,8% du PIB cette année.

A l'aéroport de Mexico, les touristes étrangers ont poursuivi leur exode, faute de pouvoir visiter les prestigieuses ruines aztèques ou mayas, ou de crainte de rester bloqués, de nombreuses compagnies aériennes ayant suspendu les liaisons avec le pays. "Nous sommes arrivés du Pérou la nuit dernière, pour passer 10 jours au Mexique, mais nous repartons aussi vite que possible", explique Aude Tersac, une Française de 36 ans.

Grippe : une écolière de retour du Mexique hospitalisée à Paris

Une fillette de 9 ans, de retour d'un voyage récent au Mexique, a été hospitalisée d'urgence mercredi après avoir été victime d'un malaise à son école, dans le XVIIIe arrondissement de Paris, a-t-on appris jeudi auprès du directeur, confirmant une information du journal Le Parisien.
L'enfant a fait l'objet d'examens toute la nuit. "Rien n'est avéré si ce n'est qu'on est sûr qu'il ne s'agit pas d'une méningite", a déclaré Philippe Darriulat, maire-adjoint du XVIIIe arr.
Une décision de "fermer la classe de CMI de l'enfant pour la journée" serait prise si la grippe était diagnostiquée . Les résultats des examens seront rendus publics par l'Institut de veille sanitaire (InVS) dans la journée.

Grippe, l'hémisphère sud est plus exposé

L'hémisphère sud est davantage exposé au virus de la grippe porcine en raison de l'arrivée de la saison hivernale, propice à la propagation de la grippe, a estimé aujourd'hui le numéro deux de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le Dr Keiji Fukuda.

"Il est possible que nous observions bientôt davantage de flambées du virus H1N1 dans l'hémisphère sud que dans l'hémisphère nord" où c'est le printemps, a remarqué le directeur général adjoint de l'OMS.

"C'est quelque chose que nous devons surveiller de très près", a-t-il insisté lors d'une conférence de presse par téléphone.

Il est enfin décidé d'améliorer l'information à Roissy

Le secrétaire d'Etat aux Transports Dominique Bussereau a souhaité jeudi matin améliorer l'information des voyageurs sur la grippe porcine, notamment "la lisibilité des affiches" apposées à l'aéroport Roissy Charles-de-Gaulle.

Lors d'une visite à l'aéroport parisien pour constater les procédures sanitaires mises en place contre la grippe porcine, M. Bussereau a expliqué que "le rôle des autorités françaises, c'est de s'assurer de la parfaite étanchéité de ces vols et de la parfaite traçabilité de tout cela".

"Le constat à l'arrivée, c'est que tous les passagers de ce vol Aeromexico, arrivé aux alentours de 8h, ont à la fois rempli un document au départ, qui a permis aux autorités mexicaines de vérifier avant leur départ s'il y avait un problème, et qui a été regardé par les autorités", a-t-il précisé, après avoir rencontré des passagers de ce vol.

Puis "ils remplissent, dans l'avion, un deuxième document que les autorités françaises vont garder pendant au moins 15 jours, qui permettrait de retrouver les passagers du vol si l'un d'entre eux avait le moindre souci", a ajouté M. Bussereau.

Le secrétaire d'Etat a par contre critiqué le dispositif d'information par affiches, qu'il "trouve assez petites et pas assez colorées". "On va faire en sorte qu'il y ait des affiches plus grandes, plus colorées, et plus lisibles. On peut faire mieux".

"On va modifier dans les heures qui viennent nos affiches pour qu'elles soient plus lisibles, et également donner des fiches informatiques à tous les personnels qui sont en contact avec les passagers, les policiers, les douaniers, tous ceux qui sont en contact et un certain nombre de fiches d'information très précises pour eux", a-t-il annoncé.

La Croix-Rouge est également présente pour renseigner les passagers sur les risques de grippe porcine

L'un des deux cas probables de grippe porcine n'est "a priori" pas un H1N1, selon La Pitié-Salpêtrière

L'étudiante de 20 ans hospitalisée à l'hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière après un voyage au Mexique n'est "a priori" pas atteinte de la nouvelle forme de grippe porcine, a indiqué jeudi le Pr François Bricaire, chef du service des maladies infectieuses.

"C'est une grippe" mais "ça ne serait pas une porcine a priori", a-t-il déclaré à l'Associated Press, en soulignant qu'il s'exprimait "sous une certaine réserve qui tient à la validité de (ses) tests".

Cette étudiante, revenue du Mexique le 26 avril, est hospitalisée depuis 48 heures à la Pitié-Salpêtrière, a précisé le Pr Bricaire. Il s'agit de l'un des deux cas d'infection probable par le virus H1N1 d'origine porcine signalés mardi soir.

D'après le dernier bilan, établi mercredi après-midi par l'Institut de veille sanitaire (InVS), 32 cas suspects de grippe porcine étaient "en cours d'investigation" en France. Aucun n'a pour l'heure été confirmé.

H1N1 : un étrange assortiment génétique qui brouille les pistes

D’où vient ce nouveau virus grippal qui pourrait provoquer une pandémie?

Son profil génétique est complexe et son origine demeure mystérieuse.

Les experts s’accordent à dire que ce nouveau virus grippal se transmet très facilement. Comme il ne l’a jamais rencontré, notre système immunitaire ne dispose pas de ligne de défense spécifique (des anticorps ciblés) pour le combattre.

Pour l’instant il semble moins pathogène que celui de la grippe espagnole de 1918, par exemple. Cependant beaucoup d’informations manquent encore pour établir vraiment les caractéristiques et la dangerosité du syndrome grippal provoqué par ce virus porcin H1N1.

Une mosaïque génétique inédite

Séquencé très rapidement par les équipes des CDC (Centers for Diseases Control, organisme public et fédéral) aux États-Unis, le virus isolé sur des patients au Mexique et aux États-Unis est une curieuse recombinaison génétique. Il contient un assortiment de 3 souches, à la fois porcine, humaine et aviaire, observé pour la première fois aux États-Unis en 1998 lors d’épizooties de grippe dans des élevages de porcs. Ce triple assortiment est lui-même associé à deux nouveaux gènes issus du virus porcin H3N2 originaire d’Eurasie. Pour compliquer un peu plus le tableau, ces gènes sont eux-mêmes d’origine humaine.

Où s’est réalisé ce mélange ? Les virologues ne peuvent pas encore répondre à cette question. Selon Ruben Donis, responsable du département vaccins et virologie moléculaire aux CDC, cette recombinaison ne s’est pas forcément faite au Mexique. Les hémagglutinines de cette souche virale (des protéines de surface, voir Repères) appartiennent à une branche très isolée dont on ne sait pas grand-chose, a confié ce virologue à la revue Science.

Un virus non isolé chez les animaux

Comment ce virus H1N1 est-il passé à l’être humain? La question est d’autant plus complexe qu’aucun foyer épidémique n’a été signalé au Mexique ou aux États-Unis chez les cochons ces derniers temps, alors que dans le cas du virus aviaire H5N1 le premier passage à l’homme était lié à une épizootie chez les volailles. «A ce jour, le virus n’a pas été isolé chez les animaux», rappelle l’Organisation mondiale pour la santé animale (OIE).

Le premier cas confirmé d’infection par le H1N1 porcin est un enfant vivant à La Gloria, dans la province de Veracruz. A moins de dix kilomètres se trouve l’un des plus gros élevages de porcs du Mexique, appartenant à l’entreprise Granjas Carroll (détenue à 50% par la firme américaine Smithfield Foods). Elle est donc suspectée d’être la source possible de la contamination. Cependant Granjas Carroll dément toute épizootie de grippe dans son cheptel et affirme faire des contrôles réguliers. Des échantillons ont été fournis aux autorités mexicaines pour de nouvelles analyses.

Rappelons qu’à ce stade, l’OMS recense 148 cas confirmés (par des analyses) de grippe due au H1N1 d’origine porcine, dont 91 cas aux États-Unis et 26 au Mexique. Huit décès sont officiellement décomptés par l’OMS, 7 au Mexique (pour plus de 150 décès suspects) et un aux États-Unis (il s’agissait d’un bébé mexicain venu au Texas pour être soigné). Les autres cas ont été confirmés en Autriche, au Canada, en Allemagne, en Israël, en Nouvelle-Zélande, en Espagne et en Grande-Bretagne.

Repères : H et N

La dénomination des virus grippaux est liée à deux protéines situées sur l’enveloppe du virus : l’hémagglutinine (H) et la neuraminidase (N). Elles jouent un rôle essentiel dans la capacité du virus grippal à infecter les cellules. Leur identification précise (ainsi que la séquence de leurs gènes) est un élément clef de la caractérisation d’un virus grippal.

Diffusion de la nouvelle grippe en Europe

Situation de la grippe mexicaine ou nord-américaine en Europe le 30 avril 2009, par pays.

- En jaune pâle, pas de cas observé (Portugal, Italie, Belgique...), mais les Pays-Bas viennent, après la réalisation de cette carte, de confirmer un cas.

- En brun, il existe des cas probables (France).

- En jaune-orangé, des cas sont confirmés (Grande-Bretagne, Espagne, Allemagne...).

- En gris, les pays non membres de l'agence européenne ESDC. © ECDC

Le Guatemala et le Salvador ont rapporté respectivement trois et quatre cas présumés de grippe nord-américaine

Venant allonger la liste des pays atteints par le nouveau virus le Guatemala et le Salvador ont rapporté respectivement trois et quatre cas présumés de grippe nord-américaine, a-t-on appris mercredi d'informations parvenues à Mexico. Il était étonnant qu'aucun cas n'ait été signalé jusqu'à présent compte tenu de la proximité géographique, et d'une frontière commune entre le Guatemala et le Mexique.

Une explication, à laquelle nous souscrivons pour bien connaître ces deux pays dans lequel nous avons effectué des opérations humanitaires, est le niveau de développement médical. Ces deux pays ne possèdent pas les moyens nécessaires à une détection rapide. Au Guatemala ce sont des médecins cubains qui assurent la plupart des soins.

Trois personnes originaires des provinces de Peten, de Huatenango et d'Izabal ont été mises sous observation, car elles seraient porteuses du virus grippal, a annoncé le vice-président guatémaltèque Rafael Espada.

Dans le même temps, un hôpital salvadorien a confirmé quatre cas présumés de grippe porcine, mais le gouvernement n'a toujours pas fait de déclaration officielle.

Un détecteur thermique a été installé dans les aéroports du Salvador et du Guatemala pour détecter les passagers dont la température corporelle excède 39 degrés Celcius. On sait toutefois que l'OMS ne recommande pas ce genre d'installation.

mercredi 29 avril 2009

Tous les continents sont atteints. Situation de pandémie imminente

Avec les premiers cas en Afrique du Sud, le continent africain qui était le seul continent indemne de la nouvelle grippe, désormais tous les continents sont atteints. Chaque heure qui passe on découvre de nouveaux cas dans de nouveaux pays.

Ce qui est nouveau ce sont les cas non importés dans plusieurs pays. On cite un cas aux Etats-Unis dans l'Indiana d'une personne n'ayant jamais séjourné au Mexique. De même pour un cas espagnol.
Par ailleurs, l'armée américaine enquête sur un cas suspect chez un Marine en Californie placé en quarantaine avec le soldat qui partageait sa chambre, alors qu'une trentaine d'autres sont sous surveillance, a indiqué mercredi le chef des Marines.

La dernière alerte pandémique de niveau 5 a eu lieu en 1968, lors de la grippe de Hong-Kong qui avait tué 1 million de personnes.

Un fonctionnaire de l’OMS vient de confier sous couvert d’anonymat à SkyNews que les chiffres des victimes au Mexique sont largement sous estimés depuis le début de la crise. Cela notamment en raison du fait qu’ils ne possèdent pas un seul laboratoire sur leur territoire qui serait capable d’analyser les prélèvements des malades. Ainsi, seulement quatre hopitaux de la capitale envoient des prélèvements aux USA et Canada pour des analyses. Les autres n’en n’ont pas les moyens.

Selon SkyNews, la réponse de l’OMS (phase 5) proviendrait du fait que les laboratoires américains ont mis en évidence que les victimes du virus A/H1N1 n’ont pas tous été infecté par la même souche. En clair, le virus aurait déjà muté plusieurs fois depuis son apparition fin mars 2009.

Le déclanchement de la phase 5 du niveau d’alerte va assurément accélérer l’isolement du Mexique, et vraisemblablement des Etats-Unis. Ces derniers vont sans doute instaurer sur tout leur territoire l’état d’urgence déjà décrété en Californie depuis hier et au Texas depuis 4 heures. Les conséquences économiques promettent déjà d’être désastreuses.

L'OMS envisage de passer du niveau 5 au niveau 6, le stade maximum

En fin d'après midi l'OMS a signifié le passage au niveau 5, ce que nous pressentions depuis longtemps. Une information relayée, ce soir, sur les chaines de télévision française font état d'un rapide passage au niveau 6 déclarant l'état de pandémie.

Lundi soir, après une réunion qui s'est prolongée très tard dans la nuit, les quinze experts du comité d'urgence du règlement sanitaire international de l'OMS ont décidé de passer du niveau 3 au niveau 4 d'alerte pandémique, sur une échelle de 1 à 6. C'est la première fois depuis les menaces du H5N1 et de la grippe aviaire que l'OMS monte à ce niveau.

Tout va très vite. Dès mardi après-midi, un porte-parole de l'OMS évoquait la possibilité que l'alerte puisse être encore relevée et passer au niveau 5 si de nouveaux cas étaient avérés aux États-Unis. En effet, on aurait alors affaire à un deuxième foyer. Cette mesure a finalement été écartée en milieu d'après-midi. Mais, en fin de journée, on apprenait qu'un cas venait d'être confirmé dans un sixième État américain, l'Indiana. Ce patient ne revenait pas du Mexique, contrairement aux autres malades, ce qui pourrait marquer l'existence d'un deuxième foyer aux États-Unis.

Éviter la cacophonie

Keiji Fukuda, directeur général adjoint de l'OMS, a reconnu que «la situation (était) très sérieuse». Il a tenu à bien différencier la contamination de voyageurs ayant séjourné au Mexique et celle qui sévit aux États-Unis. «Même si le virus a atteint la Nouvelle-Zélande ou le Royaume-Uni, cela ne veut pas dire qu'il s'est établi dans la population, dans le pays. C'est une distinction importante du point de vue épidémiologique», a-t-il souligné.

Le rôle de l'OMS dans la gestion des épidémies s'est considérablement renforcé depuis l'entrée en vigueur l'an dernier du règlement sanitaire international (RSI). Les États sont désormais tenus de coopérer avec l'OMS dans un délai de 24 heures en cas d'alerte épidémique.

L'échelle des phases d'alerte pandémique mise en place en 2005 dans le cadre du plan mondial de préparation à une pandémie de grippe donne le signal aux 196 États membres afin qu'ils puissent prendre tout un train de mesures nationales adaptées à l'évolution de la situation épidémique. C'est ainsi qu'hier, par exemple, les autorités françaises ont déconseillé les voyages au Mexique tandis que, la veille, quand on était encore au niveau 3, la ministre de la Santé ne l'avait pas jugé nécessaire.

La centralisation des informations assurée par l'OMS, la gestion des phases d'alertes ainsi que l'envoi d'experts sur le terrain sont un atout précieux pour gagner du temps contre le virus. «C'est très important aussi d'éviter la cacophonie. Les responsables politiques ont besoin d'un chef d'orchestre pour coordonner les actions et ne pas créer la panique», souligne Antoine Flahault, épidémiologiste.

79 cas confirmés et de nombreux cas suspects dans le monde entier

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé mardi soir qu'un total de 79 cas de grippe dite porcine avaient été confirmés dans le monde : 41 aux Etats-Unis, 26 au Mexique, 6 au Canada, 3 en Nouvelle-Zélande, 2 au Royaume-Uni et 1 en Espagne. Depuis se sont ajoutés les 3 cas en Allemagne.

CAS CONFIRMES

MEXIQUE : le dernier bilan du ministère mexicain de la Santé fait d'état de 159 décès dont liens avec la grippe porcine restent à confirmer, et de 2.498 cas suspects de la maladie.

ETATS-UNIS : les autorités ont confirmé 65 infections humaines de la grippe porcine dans six Etats (New York, Ohio, Kansas, Texas, Californie et Indiana), avec au moins sept patients hospitalisés. Les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC) ont confirmé mercerdi qu'un bébé de 23 mois est mort du virus H1N1 au Texas, le premier décès confirmé de la grippe porcine dans le pays.

CANADA : Les autorités sanitaires ont confirmé mardi sept nouveaux cas (quatre en Ontario, un en Colombie-Britannique et deux en Alberta), portant à 13 le nombre de cas confirmés de grippe porcine.

ESPAGNE : La ministre espagnole de la Santé Trinidad Jimenez a annoncé mardi qu'un deuxième Espagnol de retour du Mexique était infecté par la grippe porcine. Cet étudiant de 24 ans de l'université de Valence, avait fait son déplacement au Mexique avec la personne qui était le premier Espagnol à avoir été rattrapé par la maladie. Plus de 30 cas suspects sont en observation dans le pays.

ISRAEL : le ministère israélien de la Santé a confirmé mardi deux cas de la grippe porcine. Un homme de 26 ans, de retour du Mexique, a confirmé atteint du virus et est mis en quarantaine dans un hôpital de Netanya. Un autre homme, 40 ans, a été également mis en quarantaine dans un hôpital de Kfar Sava après son voyage au Mexique.

NOUVELLE-ZELANDE : Le ministère de la Santé a confirmé au moins trois cas confirmés. Les malades faisaient partie d'un groupe du Collège de Rangitoto de retour samedi dernier d'un voyage au Mexique. Au total 179 personnes soupçonnées d'être atteintes de la grippe porcine ont été mises en quarantaine.

GRANDE-BRETAGNE : Le ministère écossais de la Santé a annoncé lundi deux cas confirmés de grippe porcine en Grande-Bretagne.

COSTA RICA : Une Costaricienne de 21 ans est atteinte de la grippe porcine, a annoncé le ministère de la Santé.

ALLEMAGNE : L'Institut Robert-Koch a confirmé mercredi matin trois cas de grippe porcine : deux en Bavière (sud), un près de Hambourg (nord).

CAS NON CONFIRMES

AUSTRALIE : les autorités de la santé ont annoncé mardi 91 cas suspects de la grippe porcine.

COLOMBIE : Les autorités sanitaires ont placé sous surveillance 42 personnes présentant des symptômes de grippe.

CHILI : 24 cas présumés de grippe porcine sous observation.

BRESIL : 20 personnes sont en observation, mais le ministère de la Santé a réaffirmé que le pays était à l'abri de la maladie, et que personne n'a été contaminée jusqu'à présent.

FRANCE : L'Institut de veille sanitaire a affirmé mardi être en train d'enquêter sur 20 cas suspects de la grippe porcine.

SUISSE : L'Office fédéral de la santé publique (OFSP) a annoncé dimanche que cinq personnes, toutes revenues du Mexique, manifestant toutes des symptômes grippaux, reçevaient des examens.

COREE DU SUD : Le Centre coréen pour le contrôle et la prévention des maladies a déclaré mercredi qu'il menait des examens sur cinq citoyens sud-coréens, dont un bébé de 15 mois.

POLOGNE : L'Inspection sanitaire a annonacé trois cas suspects. Les malades, de retour du Mexique, sont sous observation dans les hôpitaux de Varsovie et d'Elblag (nord).

D'autres pays ont signalé aussi des cas suspects : cinq en Suède, cinq en Danemark, trois en Irlande, un en Autriche, un en Thaïlande.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) reste pour l'instant "en phase d'alerte 4" sur une échelle de six face à la grippe nord-américaine, avait indiqué mardi soir le numéro deux de l'OMS, Keiji Fukuda, en soulignant que "la situation épidémiologique continuait d'évoluer".

Les Etats-Unis occupent une place déterminante dans l'évolution de la maladie, selon l'OMS, qui a expliqué que la découverte de cas de nouvelle grippe dans ce pays chez des personnes n'ayant pas séjourné au Mexique justifierait le passage à la phase 5 de l'alerte pandémique.


Décès d'un enfant de 23 mois au Texas de la grippe nord-américaine

Le Los Angeles Times annonce le décès à 3h59 (heure locale) du décès d'un enfant de 23 mois dans l'état du Texas. Ce nourrisson est mort de la nouvelle grippe dite grippe nord-américaine. Il s'agit toutefois d'un bébé mexicain qui revenait du Mexique.
Trois écoles privées viennent de fermer en Californie à cause de 3 cas confirmés de grippe.
On signale 65 cas aux USA dont 5 hospitalisés, ce sont des patients âgés de 7 a 54 ans (3 le sont en Californie et 2 au Texas). En Australie on cite 91 cas suspects.
Après l'Argentine, Cuba est devenu le deuxième pays ayant interdit les vols en provenance du Mexique.
A Singapour les voyageurs en provenance du Mexique seront mis en quarantaine. Ils passeront devant un détecteur thermique, mais on sait que la fièvre peut ne pas se déclarer de suite.
En Allemagne les 3 cas sont confirmés il s'agit de deux femmes de 22 et 37 ans et d'un homme d'une trentaine d'année.
L'OMS pourrait déclarer le passage au niveau 5 très prochainement face au risque d'une pandémie qui pourrait n'être que modérée, mais la grippe progresse de manière imprévisible.

L’OMS prévoit entre 2 et 7,4 millions de morts

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), jusqu’à un milliard et demi de personnes à travers le monde pourraient être contaminées par la grippe et entre 2 et 7,4 millions pourraient mourir, si cette maladie qui s’est initialement manifestée au Mexique dégénère en pandémie, rapportent mardi les médias russes. A ce sujet il faut remarquer qu'il semblerait que contrairement à ce que l'on pensait jusqu'à présent que les premiers cas connu d’infection au A/H1N1 ont eu lieu en Californie, fin mars, et non au Mexique.

Les experts estiment qu’en cas de pandémie, le virus se propagerait en 18-24 heures d’une ville à une autre, en affectant plus d’un tiers de la population mondiale. Les représentants de l’OMS supposent qu’environ un milliard et demi de personnes s’adresseront dans ce cas à leur médecin, et que près de 30 millions d’autres seront hospitalisées

L'état d’urgence vient d'être proclamé en Californie (USA). Selon le NY Times, les écoles et universités de New York City, du Texas, de la Californie, de l’Etat de la Caroline du sud, du Connecticut et de l’Ohio seront fermées dès ce mercredi.
Un cas de grippe A/H1N1 a été confirmé mardi dans un sixième Etat américain, l’Indiana (nord) et les autorités sanitaires ont précisé que ce patient ne revenait pas du Mexique, épicentre de l’épidémie, contrairement aux autres malades. Selon les autorités New Yorkaises, il y aurait plusieurs centaines de cas suspects à New York.

L'Argentine vient d'interdire les vols en provenance de Mexico. Le métro de Mexico-City, qui transporte tous les jours 4,5 millions de personnes, pourrait fermer à son tour, selon la municipalité.

Sans doute un premier cas officiel de décès hors du Mexique, deux cas avérés en France

Un premier décès de la grippe mexicaine ou nord-américaine hors du Mexique, serait bientôt confirmé, il s'agit d'un patient californien de Los Angeles. Les USA seraient donc le premier pays touché officiellement après le Mexique. Cela se conçoit compte tenu de la frontière commune et de la difficulté pour la surveiller. Toutefois la pénétration du virus s'est faite de façon normale par des voyageurs.
En France deux cas avérés sont également confirmés, il s'agit également de touristes revenant du Mexique, hospitalisés en Ile de France. On aurait pu éviter cette contamination en gérant mieux à la source.
L'extension de la nouvelle grippe prend de l'ampleur avec de nouveaux pays atteints (Costa Rica et Allemagne). Une vingtaine de pays sont donc d'ores et déjà touchés. Selon les autorités New Yorkaises, il y aurait plusieurs centaines de cas suspects à New York. Rappelons qu'aucune personne n'est immunisée naturellement contre cet agent pathogène. Les mesures de protection sont donc indispensables.
De ce fait les décisions de confinement sont augmentées au Mexique. Après la fermeture des écoles et des universités, c'est au tour des bars, restaurants, discothèques et clubs. L'accès aux sites archéologiques vient d'être interdit. Les séances des réunions politiques sont restreintes avec port du masque obligatoire. Ce masque n'est pas bien utilisé faute d'explication. Il faut savoir que sa durée de protection ne dépasse pas six heures et qu'il doit donc être renouvelé régulièrement.

On est donc bien en niveau 5, dernière étape avant la déclaration officielle de pandémie.
Ce qui a comme conséquence de limiter les déplacements au niveau mondial.
Les tours-opérators annulent jusqu'au 31 mai les voyages à destination du Mexique. Le Mexique pourrait être placé en quarantaine d’ici une douzaine d’heures, ce qui signifierait un blocage de tous les accès transfrontalier, ainsi que des voies portuaires et aéroportuaires pour ce pays. Les trois pandémies observées au 20e siècle - la grippe espagnole en 1918, la grippe asiatique en 1957 et la grippe de Hong Kong en 1968 - ont fait le tour de la planète en six à neuf mois. Du fait de la rapidité et du volume du trafic aérien international, un virus pandémique pourrait aujourd'hui se propager beaucoup plus rapidement.

Une explication sur l'origine du virus devient vraisemblable, à Mexico dans le quartier de La Gloria sont élevés des centaines de milliers de porcs dans des conditions déplorables sur le plan hygiénique. Les déjections mélangées au eaux de ruissellement avec des cadavres d'animaux proies des charognards explique la cohabitation des 3 virus : porcin, aviaire et humain. Le cocktail explosif était prêt à déferler.
Selon l’Associated Press, plus de 450 résidents de La Gloria souffrent de problèmes respiratoires qu’ils attribuent à des déjections porcines d’une ferme, copropriété d’une compagnie américaine, située tout près du village. La compagnie, Granjas Carroll de Mexico, propriété à 50 % de Smithfield Foods basée en Virgine, au États-Unis, possède huit fermes dans cette région. Il est temps de comprendre que nous sommes tous sur le même bateau ... mais certains se disent qu'il y aura toujours des canots de sauvetage pour eux.

On se rassure comme on peut. Pour l'instant (phrase sans cesse répétée par notre ministre de la santé) cela semble encore loin. Comme pour la récente crise financière on veut éviter la panique et donc on minimise.
On évoque actuellement une létalité de 7,50 %, ce chiffre est toutefois loin d'être certain car plusieurs types de grippe circulent en même temps et il est difficile de faire des statistiques précises dans ces conditions. Le côté gravissime provient de l'atteinte brutale, en 3 jours, de sujet jeunes (de 15 à 35 ans) indemne de toute pathologie antérieure, et qui décèdent de troubles respiratoires.
Danielle Ilef, médecin épidémiologiste, responsable de la cellule de coordination au sein de l'InVS (Institut national de veille sanitaire) nous confirme que la contagiosité est très importante, et nous rassure comme elle peut en affirmant que la virulence ne semble pas si terrible. On est maintenant à 159 morts en quelques jours, ces morts sont de jeunes en pleine santé ! L'utilisation intensive inappropriée des neuraminidases, l'oselatmivir et le zanamivir (Tamiflu et Relenza) risque de provoquer rapidement des résistances et ce sont les seuls armes qui nous restent !
Les virus arrivent toujours à nous surprendre, on craignait une origine asiatique (plutôt Indonésienne) à une prochaine pandémie, et il est intéressant de relire les points de vues des nord-américains qui se croyaient protégés. Pour l'instant c'est l'inverse ce virus n'a pratiquement pas atteint l'Asie, mais ce sera une nouvelle bombe lorsqu'il y parviendra de façon intensive ... avec des nouvelles possibilités de recombinaison.

Toutefois, par chance, la pandémie pourrait être décalée compte tenu des conditions climatiques dans l'hémisphère nord peu propice au développement du virus actuellement, dans ce cas un vaccin aurait heureusement le temps d'être mis au point. Nul doute qu'en automne 2009 les français se feront vaccinés plus facilement que les années précédentes. Quelques laboratoires feront encore des profits et les critiques pleuveront sur ceux qui nous protègent ! Les conséquences économiques ne seront pas les mêmes pour tous et le Mexique paiera un lourd tribu avec une atteinte de ses ressources touristiques. Les survivants mexicains seront invités à donner leur sérum riche d'anticorps ... leur seule richesse !

mardi 28 avril 2009

79 cas avérés de la " nouvelle grippe " dans le monde

Le passage au niveau 5 sera sans doute prononcé cette nuit par l'OMS. Certains se demandent pourquoi ont a tant tardé permettant une diffusion anormale de cette bombe à retardement que constitue ce nouveau virus.
Pourquoi qualifier ce virus de " bombe à retardement " ?
Il semblerait que l'incubation soit possible assez longtemps, et que des porteurs dits sains puissent répandre l'agent pathogène à l'insu de tous. Le réveil pourrait être brutal ... comme un volcan qui dort !
La bêtise a consisté, pour des raisons toujours aussi bassement mercantiles, de ne pas empêcher tout de suite la circulation de cette nouvelle peste.
On vient seulement de fermer tous les restaurants de Mexico, décision sans doute difficile à prendre compte tenu des conséquences financières, mais il aura fallu 15 jours depuis le premier cas mortel.
Par ailleurs les liaisons aériennes ne sont toujours pas interrompues, les avions transportent des hommes ... lesquels véhiculent des passagers clandestins très dangereux. Affolant !
Il se dit à Genève que l'on a pas voulu plomber davantage l'économie mondiale qui est elle même gravement malade depuis la crise financière. Mais qui sera malade en fin de compte si ce n'est la planète entière. Désolant et irresponsable !

La liste des pays atteint ne cesse de s'allonger. Ce sont maintenant des dizaines de pays qui sont touchés : Les Usa, le Canada, la Colombie, le Pérou, la Bolivie, le Chili, le Brésil, la Belgique, les Pays-Bas, l'Espagne, l'Italie, l'Ecosse, l'Irlande, le Danemark, la Norvège, la Suède, la Hongrie, la Bulgarie, la France, la Corée du Nord, la Nouvelle-Zélande, l'Australie, Israël, Hong-Kong, la Thaïlande et la Chine. L'OMS a décidé de ne pas publier de liste pour ne pas créer de panique sachant qu'il s'agit parfois seulement de cas suspects ou de grippe dite banale.

Les vols à destination du Mexique pourraient être suspendu dès demain. On vient de signaler 20 nouveaux cas recensés en France. Bruxelles demande d'utiliser l'appelation " nouvelle grippe " pour ne pas faire baisser la consommation de la viande de porc.

L'opinion d'un virologue le Professeur Didier Raoult

Pourquoi le virus de la grippe porcine est-il apparu au Mexique ?

Ce n’est pas parce que le virus de la grippe porcine est apparu au Mexique qu’il y est né. Plusieurs souches de virus, capables de se recombiner entre eux (échanger leur gènes) et de muter, circulent à travers le monde. Ils peuvent émerger n’importe où. Le plus gros réservoir se trouve aujourd’hui en Asie, dans le sous-continent indien et en Chine. Souvent, les premiers mutants de virus apparaissent dans les élevages de volailles de cette région. Les oiseaux et les cochons cohabitent souvent dans les mêmes basse-cours.

A force de promiscuité, certains virus finissent donc par s’adapter aux porcs. La transmission à l’homme est alors facilitée, parce que nos défenses immunitaires sont plus proches de celles du cochon que de celles des oiseaux. Le risque d’avoir un mutant transmissible d’homme à homme est donc plus important à partir d’une infection par un virus porcin. C’est beaucoup plus inquiétant d’avoir une épidémie porcine qu’une épidémie aviaire.


Le Pr Raoult, chef du laboratoire de virologie à l’hôpital de la Timone à Marseille, répond dans l’édition de mardi de “La Provence” que “tout en ayant un vaccin à disposition, on ne sait déjà pas gérer la grippe saisonnière en France !”

“Il y a chaque année plus de 2 millions de cas de grippe et 5.000 morts dans notre pays, alors imaginez ce qui peut se passer avec un nouveau variant et sans vaccin. On court à la catastrophe”, dit-il.

Selon lui, “on réagit dans l’urgence, on met en place des cellules de crise, on dépense des millions pour des masques dont on ne sait même pas s’ils sont plus efficaces qu’un masque de papier, on met en place des politiques de défense immédiate, mais on ne structure rien”.

Comme il l’avait fait en 2002, dans un rapport au ministre de la Santé, le Pr Raoult préconise “un pré-acheminement des urgences et des infrastructures spécifiques pour accueillir les patients atteints de maladies infectieuses”.

“En France, nous n’avons ni l’habitude, ni les services, ni les circuits pour faire face à de telles épidémies. Aucune étude d’organisation n’a été faite. Que va t-on faire si nous devons répondre à un afflux de malades? Les mettre au milieu des autres urgences?”, s’interroge-t-il.

“Cette épidémie est plus inquiétante que celle redoutée de grippe aviaire”, poursuit-il. Il justifie cette crainte par trois raisons: “le passage des souches du porc à l’homme est très facile”, “un des variants est résistant au Tamiflu” et enfin “les conditions d’une vaste propagation sont réunies” puisque la grippe “est survenue dans une mégapole, avec un aéroport qui dessert de très nombreuses destinations”.

Vers une pandémie de la grippe nord-américaine ?

Les Etats-Unis sont prêts à une pandémie, Obama appelle au calme. Les Etats Unis se préparaient lundi à une pandémie de grippe, soupçonnée d’avoir causé près de 150 morts au Mexique, et même à des décès, selon les autorités sanitaires américaines. La secrétaire à la Sécurité intérieure Janet Napolitano a souligné que les Etats-Unis “agissaient comme s’ils se préparaient à une pandémie”.

Le directeur des CDC, Richard Besser, a prévenu qu’il fallait s’attendre à des cas plus sévères, voire à des décès. “Les gens doivent se préparer à l’idée que nous allons voir apparaître plus de cas graves dans le pays, et peut-être des morts”, a-t-il ajouté. “Le virus agit comme le virus de la grippe, il se propage de personne à personne”, a-t-il averti, sans cacher son inquiétude. La secrétaire d’Etat Hillary Clinton a exhorté les Américains voyageant au Mexique à la prudence et les CDC ont annoncé de “nouvelles mises en garde” aux voyageurs se rendant dans ce pays.

M. Obama est tenu régulièrement informé de la situation et a promis de faire de même avec les Américains. Ses conseillers et le Trésor surveillent aussi de près l’impact de la grippe sur l’économie, a annoncé le porte-parole de la Maison Blanche Robert Gibbs. Wall Street et les cours du pétrole étaient déjà plombés lundi par la crainte d’une pandémie. On sait que Barak Obama s'est rendu récemment au Mexique et qu'il a rencontré une personnalité qui est décédée 3 jours après ...

Quels traitements en cas de pandémie de grippe nord-américaine ?

Le vaccin ne pourra être produit avant plusieurs semaines et en trop faible quantité

L’Organisation mondiale de la santé a indiqué que les capacités de produire un vaccin efficace qui permettrait d’endiguer une possible pandémie sont largement insuffisante. L’industrie pharmaceutique serait en mesure de produire “seulement” 2,5 milliards de doses de vaccin en un an. Il faudrait donc quatre ans pour vacciner la population mondiale. Il est probable que nous ne soyons pas capables de mener à bien de front un vaccin pandémique et un vaccin contre la prochaine épidémie saisonnière humaine.
La Mairie de Mexico a voulu lancer vendredi une campagne massive de vaccination contre la grippe porcine. avec le vaccin de la grippe saisonnière. Une partie du virus H1N1 est en effet contenue dans le vaccin humain contre la grippe saisonnière. Mais compte tenu de la distance antigénique entre les virus porcins et humains, une protection croisée semble très improbable. Le Comité français de préparation prépandémique n'a pas recommandé cette stratégie vaccinale.

Le Tamiflu et le Relenza seront-t-il efficaces ?

Tamiflu est un médicament antiviral éprouvé pour traiter et prévenir la grippe saisonnière. Toutefois, Tamiflu a été étudié et développé sur des souches de grippe différentes et le virus actuel de la grippe porcine de la souche A/H1N1 s’avère constitué pour la première fois, de souches aviaire, porcine et humaine. L’ampleur de l’effet du Tamiflu dans le traitement et la prévention de nouvelles souches de la grippe n’est donc pas assurée.

Si Tamiflu joue un double rôle de prévention et de traitement, son efficacité sur le virus actuel n’est pas garantie, ni son impact sur les conséquences possibles comme le nombre d’hospitalisations, la mortalité, ou même les conséquences économiques d’une telle pandémie de grippe.

Prévention, par prophylaxie visant à réduire la probabilité de développer la grippe, traitement « d’amortissement » des effets de la maladie permettant d’en réduire sa durée ou traitement tout court, la communauté internationale attend aujourd’hui ces trois effets du traitement par Tamiflu. Le Tamiflu) (Oseltamivir) permet de réduire la durée des symptômes et est susceptible de réduire l’incidence des complications tout en proposant un mode d’administration très simple. Si la recherche a démontré l’efficacité des antiviraux à titre de prévention, ces médicaments doivent être administrés dans les 48 heures suivant l’apparition des symptômes.

Un point en cours de l’OMS étudie la prévalence de la résistance du virus H1N1 à l’Oseltavimir. Au 18 mars 2009, du 28 décembre au 24 janvier, 30 pays ont rapporté une résistance à l’Oseltavimir pour 1291 sur 1362 virus A/H1N1 étudiés. La prévalence de cette résistance était la plus élevée au Canada, à Hong Kong, au Japon en Corée et aux Etats-Unis (237 virus sur 241 étudiés). Ce rapport doit être réactualisé régulièrement. Néanmoins, dans son communiqué du 24 avril, l’OMS confirme que le virus à ce stade d’identification est sensible à l’Oseltamivir.

Les centres de contrôle des maladies (CDC) ont, depuis la pandémie de 1976 rédigé des directives sur les stratégies d’utilisation des antiviraux. En France, le site du Ministère propose ainsi l’accès au Plan national de prévention et de lutte « Pandémie grippale ». La constitution d’un stock de vaccins pour chaque pays et en particulier les pays les plus vulnérables à la pandémie, du fait de l’état d’impréparation et de la faiblesse des infrastructures et des budgets de la santé, est logique pourtant le virus peut encore subir des modifications géniques qui peuvent rendre le vaccin actuel moins efficace, par rapport à l’efficacité qu’il a montré sur les souches qui circulaient lors de sa fabrication. Ainsi, le Mexique disposerait de suffisamment de Tamiflu pour traiter un million de personnes, selon les responsables sanitaires.

Les effets secondaires doivent également être pris en compte sur une si large échelle. Le Tamiflu, généralement bien toléré, peut ainsi dans certains cas provoquer des réactions allergiques.

La mise en quarantaine est-elle efficace ?

C'est une stratégie qui avait été tentée par l'Australie en 1918 pendant l'épidémie de grippe espagnole qui a fait 20 millions de morts. Mais fermer un continent aussi vaste est impossible. Et l'on sait en matière d'épidémies que les contrôles à la sortie des pays contaminés sont beaucoup plus efficaces que les mesures à l'entrée des pays indemnes. Mais les autorités australiennes avaient gagné une denrée inestimable : du temps. «Retarder d'une à trois semaines la survenue d'une pandémie de grippe sur son territoire, c'est énorme, précise au Figaro Jean-Claude Manuguerra (Institut Pasteur, Paris). Cela permet de mieux se préparer, et surtout d'étaler le pic de l'épidémie, elle est déjà moins forte quand elle surgit.» Mais il est déjà trop tard pour empêcher le virus mexicain de faire le tour du monde : Israël, l'Espagne, la France et le Royaume-Uni ont des cas suspects…

L'OMS envisage un passage au niveau 5


Si les cas se confirment aux Etats-Unis, l'OMS pourrait signifier un passage au niveau 5 (extension des cas), c'est à dire l'avant dernière étape avant la déclaration de pandémie.
Selon le site Suburban Emergency Management Project (SEMP)
nous serions en réalité déjà en phase 5.

Voir le tableau ci-contre :

Niveau 4 : Des flambées se déclarent chez quelques personnes, avec une transmission interhumaine limitée, géographiquement clairement définie.

Niveau 5 : Des flambées se déclarent chez un plus grand nombre de personnes, la maladie se transmet de personne à personne, mais dans une région déterminée.

Niveau 6 : La pandémie est déclarée : Propagation durable et à grande échelle du virus au sein de la population.

Il existe heureusement un niveau 7, le retour à la normale. Toutefois si la pandémie est déclarée il faut s'attendre à deux vagues successives de 6 semaines avec une mortalité plus élevée dans la première, et un intervalle de quelques semaines entre les deux pics.


Le A/H1N1 de la grippe nord-américaine : un bien mystérieux virus

Il est maintenant confirmé que le virus A/H1N1 de la grippe porcine se transmet d’humain à humain.
Un virus inédit qui combinerait à la fois la grippe du porc, la grippe aviaire et la grippe saisonnière humaine, avec des souches provenant d’Amérique du Nord, d’Europe et d’Asie.
Le Centers for Disease Control and Prevention (CDC) à indiqué dans la nuit que ce virus avait une combinaison unique de gènes qui n’ont « jamais été vu auparavant, ni dans la population animale, ni dans la population humaine ». Cliquer ci-dessous pour un accès direct au site du CDC.



Cela fait un moment que ce virus « tourne » chez l’humain, au moins un mois. Il est passé inaperçu jusqu’au moment où le CDC l’a repéré lors d’un examen de routine (sorte de GROG américain), ensuite il y a eu les rapports sur Mexico, les maladies pulmonaires, et il y a quelques jours, la nouvelle qu’une femme de 34 ans était morte de maladie pulmonaire inconnue (ni grippe A, B, ni SRAS… ni rien…). Puis d’autres morts. Le virus est, de toute évidence, présent depuis deux semaines.

Le Center For Infectious Disease Research & Policy, de l’université du Minnesota indique sur son site que deux enfants, tombés malades à la fin du mois de mars dernier, auraient été positifs au virus A/H1N1. Le virus circule donc depuis un bon moment, et pas seulement au Mexique.

Le passage en phase 4 ou 5 ne devrait plus trop se faire attende. Il entrainera des réponses des gouvernements : c’est à dire au niveau des frontières, des transports, contrôle des populations.

Aucune région du monde n’est à l’abri, a prévenu lundi soir le numéro deux de l’Organisation mondiale de la santé, Keiji Fukuda. A une époque où les gens voyagent en avion très rapidement à travers le monde, il n’y a aucune région où le virus pourrait ne pas s’étendre”, a expliqué M. Fukuda, lors d’une conférence téléphonique depuis le siège de l’organisation à Genève.

Que sait-on du nouveau virus ? D'après les spécialistes, c'est un virus H1N1 d'origine porcine. Les virus chez le porc appartiennent à la «famille» des influenza A. À l'origine, tous les virus grippaux du porc viennent de l'homme. C'est l'homme qui a infecté le porc. C'est la raison pour laquelle les deux espèces ont les mêmes virus H1N1, H3N2, H2N2, etc. Rappelons que les sous-types viraux sont définis par leur hémagglutinine (H) et leur neuraminidase (N), deux protéines de surface indispensables à l'entrée du virus dans les cellules et à la multiplication virale. Le nouveau virus est un hybride de deux virus H1N1 porcins : l'un est un H1N1 «classique» (ce virus a une histoire commune avec l'homme), l'autre est un H1N1 «eurasien» également appelé «avian-like». Il vient des oiseaux et a supplanté en Europe les virus classiques chez le porc.

La grippe nord-américaine

Depuis mercredi soir, le gouvernement belge a choisi le terme de "grippe mexicaine" en lieu et place de "grippe porcine". "La grippe mexicaine n'est peut-être pas politiquement correcte mais a l'avantage de la simplicité. Cette grippe ne se présente pas telle quelle chez les porcs. Je remarque que d'autres pays commencent aussi à y penser", a expliqué le virologue Marc Van Ranst, président du comité interministériel Influenza. Outre la Belgique, plusieurs médias français ont en effet adopté le terme de grippe mexicaine.

Grippe nord-américaine


Selon l'Organisation mondiale de la santé animale également, le virus qui touche le Mexique et plusieurs autres pays est appelé à tort grippe porcine. "Ce virus ne concerne pas uniquement les animaux. C'est pourquoi l'appellation grippe porcine n'est pas adaptée". Si le virus est d'origine animale, il a en effet muté et se transmet aujourd'hui uniquement d'homme à homme par voie aérienne. De plus, le virus est constitué d'éléments de la grippe porcine, aviaire et humaine. Mais l'Organisation mondiale de la santé animale propose de son côté la grippe nord-américaine et pas mexicaine (des cas étant recensés au Mexique et aux Etats-Unis).

Israël était le premiers pays à refuser de parler de grippe porcine. Le porc est en effet un animal impur dans la religion juive et la consommation de viande de porc est interdite.

Communiqué de l'OIE

L'expression "grippe porcine" pour qualifier l'épidémie originaire du Mexique n'est pas appropriée dans la mesure où le virus qui la provoque n'a pas été mis en évidence sur des animaux, a déclaré lundi l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE).
"Le virus n'a pas, à ce jour, été isolé sur des animaux. Il n'est donc pas justifié d'appeler cette maladie grippe porcine", estime l'OIE dans un communiqué. "Dans le passé, plusieurs épidémies de grippe d'origine animale ont été nommées en fonction de leur origine géographique, par exemple la grippe espagnole (1918-19) ou la grippe asiatique (1957-58), c'est pourquoi il serait logique d'appeler cette maladie "grippe nord-américaine", explique cette organisation internationale dont le siège est à Paris.

"Il n'y a aucune preuve de transmission du virus par l'alimentation", assure encore l'OIE qui juge inappropriée les restrictions sur le commerce imposées par certains pays, comme la Chine. "Actuellement, seuls des résultats établissant une circulation de ce virus chez des cochons dans des zones de pays comptant des cas humains justifierait des mesures commerciales sur l'importation de porcs en provenance de ces pays", selon le communiqué.

"Si ce virus venait à rendre malade des animaux, sa circulation pourrait en être accrue et entraîner une détérioriation de la santé publique au niveau mondial", avertit l'OIE qui appelle à une coopération internationale accrue entre les laboratoires chargés de la surveillance des maladies animales (épizooties). L'organisation mondiale appelle enfin les laboratoires à "mettre immédiatement dans le domaine public toute séquence génétique de virus grippal qu'elles obtiendraient".

Le virus a été identifié comme étant de type A/H1N1 et il touche majoritairement de jeunes adultes en bonne santé, selon l'Organisation mondiale de la santé.

Pourquoi un tel taux de mortalité uniquement au Mexique ?

Les dernières statistiques donnent 152 décès uniquement au Mexique.
Malgré l'extension à d'autres pays ceux-ci n'ont enregistré jusqu'à présent aucun cas mortel (Etats-Unis, Canada, Colombie, Nouvelle-Zélande, Ecosse, Espagne, Italie, Belgique, Israel, etc).
Des analyses virologiques confirment qu'il ne s'agit pas d'un virus de grippe porcine, comme annoncé dès le début, mais bien d'un virus humain du à la recombinaison de 3 parties de virus (aviaire, porcin et humain). On sait que le virus se compose de 8 gènes qui peuvent se recombiner à l'infini.
On parle maintenant de grippe mexicaine, comme de grippe espagnole en 1918/1919.
Le comportement de ce nouveau virus pose encore bien des questions.
Quant aux comportements humains, il y a bien longtemps que nous ne sommes plus surpris : Un pharmacien à Mexico, n'ayant plus de masques à vendre, a liquidé tout son stock de vitamine C, tant mieux pour lui ! Un autre assailli par les demandes de Tamiflu a préféré baisser son rideau protégé par la police masquée ... La fermeture des écoles et universités vient "enfin" d'être étendue à tout le Mexique.

La dernière épidémie de grippe porcine à Fort-Dix en 1976

Il est intéressant de noter que la dernière éclosion d’une épidémie de grippe porcine avait eu lieu en 1976, dans la base De Fort-Dix (New-Jersey, USA). Des centaines de soldats avaient alors été infectés. Le président des États-Unis de l’époque, Gérald Ford, avait alors immédiatement ordonné un programme national de vaccination.
Une enquête du Centers for Disease Control and Prevention (CDC) n’avait pas permis de comprendre pourquoi le virus ne s’était pas étendu au-delà de la base militaire. La source du virus, la durée exacte de son introduction dans la base de Fort Dix, et les facteurs limitant son extension et sa durée restent inconnues à ce jour.

Photo ci-contre : Séance de vaccination au centre militaire de Fort-Dix en 1976.

L'OMS élève le niveau à 4 devant l'extension de la grippe au niveau mondial

Les gouvernements du monde entier se sont employés à réduire l'impact de l'épidémie de grippe porcine qui aurait causé la mort de 152 personnes jusqu'ici au Mexique avant de s'étendre aux Etats-Unis et au Canada puis d'atteindre l'Europe.

Aucun décès n'a été annoncé hors du Mexique
, où le ministre de la Santé José Angel Cordova a évoqué, dans dix des 31 Etats du pays, un nombre de personnes contaminées supérieur à 1.600. L'ensemble des établissements scolaires du pays resteront fermés jusqu'à nouvel ordre.

Mais le fait que le virus de cette grippe d'un nouveau type se propage rapidement entre humains fait craindre une pandémie. L'OMS a annoncé lundi en fin de soirée qu'elle relevait au niveau 4 son degré d'alerte pandémique, qui était jusque-là au niveau 3, face à la propagation de la grippe porcine.

L'organisation onusienne ne se veut pas alarmiste et n'a pas choisi de décréter l'état de pandémie, qui n'intervient qu'au niveau 6, le plus élevé de son échelle de graduation. "Une pandémie n'est pas jugée inévitable à ce stade", a souligné Keiji Fukuda, directeur général adjoint de l'OMS, parlant d'une situation indécise et évolutive. L'OMS, d'autre part, recommande aux Etats de ne pas fermer leurs frontières et de ne pas restreindre les voyages du fait de l'épidémie en cours.

En Europe, après l'Espagne qui avait la première annoncé un cas de grippe porcine chez un homme revenant du Mexique, la Grande-Bretagne a fait état lundi soir de deux cas confirmés. Les deux malades, placés en quarantaine, sont soignés dans un hôpital à Airdrie, près de Glasgow en Ecosse. "Les deux personnes contaminées vont mieux et se remettent correctement", a déclaré le secrétaire écossais à la Santé, Nicolas Sturgeon.

Aux Etats-Unis, où une quarantaine de cas bénins ont été officiellement confirmés, un état d'urgence sanitaire a été déclaré et le président Barack Obama a dit que son gouvernement suivait l'évolution de très près, tout en ajoutant qu'il n'y avait pas lieu de s'affoler. Le maire de New York, Michael Bloomberg, évoque de son côté environ 45 cas pour sa seule ville et précise qu'une centaine d'étudiants présentant les symptômes de la maladie doivent subir des tests. La secrétaire d'Etat Hillary Clinton a dit que Washington prenait la question "très au sérieux" et a recommandé la prudence aux personnes qui se rendent au Mexique.

DEUX TIERS DES MALADES DÉJÀ RÉTABLIS AU MEXIQUE

L'état des personnes contaminées en Europe n'est cependant pas jugé grave. Ce qui vaut également pour les cas enregistrés aux Etats-Unis et six autres annoncés au Canada. Un enseignant néo-zélandais et une dizaine d'élèves rentrés récemment du Mexique sont aussi soignés pour des cas bénins. Au Mexique, environ deux tiers des personnes ayant contracté cette grippe sont d'ores et déjà rétablies.

En France, les autorités sanitaires examinaient lundi quatre personnes qui pourraient avoir été contaminées par le virus après avoir écarté six cas suspects signalés depuis ce week-end.

"Il reste quatre cas qui n'ont pas été exclus, à Pau, à Nantes, à Lyon et à Poitiers", a fait savoir l'Institut national de veille sanitaire. Le gouvernement français continue d'inviter les voyageurs à la prudence.

Des cas de cette grippe porcine - qui relève à la fois des virus des grippes aviaire, humaine et porcine classique - sont également soupçonnés en Italie et en Israël.

MEXICO, VILLE MORTE

L'épidémie a poussé des millions de personnes à rester chez elles pendant le week-end. Mexico, mégapole bouillonnante de 20 millions d'habitants, avait des allures de ville morte. Les rassemblements publics y ont été suspendus, les écoles, musées et bars fermés. Ces mesures pourraient se prolonger pendant dix jours, a indiqué le maire de Mexico, Marcelo Ebard.

La commissaire européenne à la Santé, Androulla Vassilliou, a engagé les ressortissants de l'UE à éviter les déplacements non indispensables dans les zones affectées par le virus, et la Commission européenne a convoqué une réunion extraordinaire des ministres de la Santé du bloc.

La souche qui sévit actuellement présente le plus grand risque d'une pandémie grippale depuis la mort de plusieurs centaines de personnes des suites de la grippe aviaire en 1997. En 1968, la pandémie de la grippe dite de Hong Kong avait tué un million de personnes dans le monde.

La propagation de la maladie a provoqué une chute du cours boursier des compagnies aériennes, par crainte d'un fort ralentissement du tourisme, et une hausse de celui des grands groupes pharmaceutiques.

Le gouvernement japonais a tenu une réunion spéciale sur le sujet, en se donnant pour priorité la production d'un nouveau vaccin. La Chine et la Russie ont interdit les importations de cochons vivants et de viande de porc en provenance du Mexique et des Etats-Unis.

En France, des mesures spécifiques d'information ont été mises en place dans les aéroports notamment. Le ministère de la Santé français estime que le pays est particulièrement bien équipé pour faire face à une éventuelle épidémie. La ministre Roselyne Bachelot a fait état d'un stock de 33 millions de traitements antiviraux Relenza et Tamiflu, qui sont a priori adaptés à ce virus.

La frontière française

Inquiétant, nous avons sans doute des super douaniers

La psychose autour de la grippe porcine gagne le monde entier et on pouvait s'attendre à des mesures draconiennes à l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle. Il n'en est rien. Les passagers du vol Mexico-Paris sont traités comme les autres.
Les voyageurs qui descendent du vol Mexico-Paris sont surpris par l'absence de mesures sanitaires à Roissy... Au Mexique, on croit que c'est la fin du monde. Ici y a rien.
Ces voyageurs sont quelque peu désemparés par l'absence de prise en charge médicale ou d'information complémentaire sur les risques qu'ils encourent. Un peu perdus dans l'aérogare, certains s'adressent aux journalistes pour avoir les dernières nouvelles.

lundi 27 avril 2009

Grippe porcine : plusieurs pays ont suspendu les importations de porc

Plusieurs pays notamment asiatiques ont décidé d'arrêter les importations de porc en provenance du Mexique et de certains Etats américains, touchés par une pandémie de grippe porcine.

La Thaïlande, comme la Chine, ont annoncé lundi la suspension des importations de viande de porc du Mexique et de trois Etats américains: Texas, Kansas et Californie.

La Chine avait été au centre de l'épidémie de pneumonie atypique SRAS en 2003, une crise qu'elle avait été accusée de très mal avoir géré, faute de communication notamment.

"Il n'y a pour le moment pas de cas de grippe porcine en Chine. Nous surveillons étroitement la situation et informons le public de la façon de prévenir la maladie", a déclaré un porte-parole du ministère chinois de la Santé.

Dimanche déjà, les autorités russes avaient annoncé l'interdiction des importations de viande des régions affectées.

Elles avaient étendu la mesure d'interdiction aux produits préparés à partir de cette viande qui n'ont pas subi de traitement thermique en provenance du Guatemala, du Honduras, de Colombie, du Costa-Rica, de Cuba, du Nicaragua, du Panama, du Salvador, ainsi que de plusieurs Etats américains (Alabama, Arizona, Arkansas, Georgie, Kansas, Louisiane, Nouveau-Mexique, Oklahoma, Floride).

L'OMS a mis en garde contre le "potentiel pandémique" d'un nouveau virus de grippe porcine de type A/H1N1, qui s'attrape par voie respiratoire, et qui depuis son apparition le 24 avril au Mexique a probablement fait 103 morts, dont 20 avérés.

L'épidémie de grippe porcine s'est étendue ce lundi à l'Europe avec un premier cas avéré en Espagne.

L'Indonésie et le Liban ont décidé pour leur part lundi d'interdire toutes les importations de porc en raison des menaces d'épidémie de grippe porcine, et ce quels que soit leurs pays d'origine.

"L'importation de porcs ou de viande de porc fraîche de quelque pays que ce soit est interdite à compter de ce jour (lundi)", a annoncé le ministère de l'Agriculture libanais dans un communiqué.

L'Indonésie qui a décidé de stopper temporairement toutes les importations de porcs précise que ces importations sont de toute façon faibles, le plus grand pays musulman du monde consommant peu de viande de porc.

Premier cas européen et nouvelles recommandations

Comme on pouvait s'y attendre, les virus ne connaissent bien entendu nullement les frontières, on vient de signaler le premier cas de grippe porcine en Europe. Il s'agit d'un patient espagnol qui revenait d'un séjour au Mexique.
En parallèle les nouvelles recommandations conseillent de n'aller dans des zones à risques qu'en cas d'obligation.
Comme on le voit la situation évolue vite, et le risque ne doit pas être minimisé.

Vigilance et raison

Ci-dessous une opinion à laquelle nous ne pouvons que souscrire. Il est certain que les pays les moins favorisés sont victimes quotidiennement d'infections gravisimes et qu'ils manquent bien souvent des moyens les plus élementaires. Toutefois il ne faut pas pour autant minimiser le risque de pandémie. Parions que malheureusement les jours prochains nous donnerons raison.

Grippe aviaire ou, désormais, porcine, sras ou maladie de la vache folle : l’instantanéité des informations et la précision des réseaux d’alerte médicaux procurent régulièrement des raisons de s’inquiéter. Au Mexique, la rumeur a même pris de vitesse les responsables politiques et sanitaires, qui ont, depuis, pris des mesures énergiques pour interdire tout rassemblement et distribuer des masques de protection. Souches de virus nouvelles, transmission inédite de l’animal à l’homme puis de l’homme à l’homme et intense circulation des personnes à travers le monde… : les grandes épidémies qui ont, de tout temps, ravagé les peuples (la grippe espagnole en 1918 fit des millions de morts) n’ont pas disparu avec les progrès de la médecine. Mais elles sont tenues à l’œil et étroitement surveillées. Longtemps après que les médias occidentaux ont cessé d’en parler, elles courent encore. Ainsi de la grippe aviaire qui sévit toujours dans des pays d’Asie ou en Égypte.

Et voilà les autorités, comme à chaque alerte, obligées de composer entre deux impératifs : avertir, agir de façon à contrôler l’épidémie, et ne pas se trouver, le cas échéant, accusées d’avoir sous-estimé la gravité du problème. Et ne pas affoler, pour ne pas créer de panique, engorger le système de santé ou causer des dommages économiques collatéraux (par exemple, en créant de la défiance à l’égard de la consommation de porc ou en effarouchant les touristes).

Nécessaire, la vigilance doit donc s’accompagner d’un appel au calme. La grippe « classique », toujours plus habile à contourner nos défenses immunitaires, fait chaque année (à bas bruit) son lot de victimes parmi les personnes les plus fragiles. Tandis que le sida poursuit sa terrible progression. Et des maladies, on l’oublie trop, comme le paludisme dont on vient de marquer la Journée mondiale, continuent à faire de très nombreuses victimes. Sans esprit d’équité : les pays les plus pauvres et les personnes les plus démunies dans les pays riches sont les plus exposés et les moins armés – en informations, en accès aux dispositifs de santé, aux médicaments, aux éventuels vaccins – pour se protéger de tous les virus, quel que soit leur nom.

Grippe porcine et vitesse de la lumière

On l'attendait "aviaire", là voilà "porcine". Quel que soit son nom, l'explosion grippale qui s'est déclarée au Mexique ne prend pas les autorités de court. Depuis la grave affaire du SRAS (syndrome respiratoire aigu, qui a surtout répandu la panique à Hong-Kong), puis les épisodes récurrents (sporadiques) de grippe aviaire, l'OMS, es divers ministères nationaux de la Santé et autres lieux de veille sanitaire ont les virus grippaux à l’œil - les doses d'antiviral s'empilent, les antibiotiques aussi en cas de complications, et les plans d’intervention présentent des dizaines de paragraphes explicatifs...

Ce qui est vraiment nouveau, mais les responsables de santé et autres politiques savaient bien qu’ils devaient s'y attendre aussi, c'est l'explosion informationnelle -tel un tsunami- accompagnant, voire précédant le phénomène. Nouveauté du genre à noter : l'apparition de cartes sur Internet, en temps réel ou presque, montrant les cas de grippe ici ou là dans le monde. Effet choc garanti. Problème : ces cartes émanent de sources très différentes. Certaines ont presque un côté officiel, par exemple celles se basant sur les données confirmées des Centers for disease control and prevention (CDC) qui assurent la veille sanitaire aux Etats-Unis (à signaler pour les anglophones, la vidéo pédagogique durant cinq minutes, postée depuis samedi et expliquant ce qu’est la grippe porcine). D'autres remplissent leur espace géographique de petits signets, ou de petits masques ne faisant pas vraiment la différence entre cas avérés et cas suspects. Frissons garantis…

Outre la lutte scientifique pure et dure à mener par les virologues, généticiens, épidémiologistes - quel est exactement ce virus, quel est son profil génétique ? A-t-il vraiment une capacité pandémique ? - c'est donc une bataille mondiale de l’info qui se mène en parallèle. Si le virus sait prendre l’avion et franchir l’espace à 900 km/h, l'effroi, lui, à la capacité d'aller à la vitesse de la lumière – celle des réseaux. L'important - et la difficulté - pour les journalistes est alors d'avoir les moyens de vérifier, localement, ce qui se passe vraiment. Et d'avoir le temps d'effectuer cette vérification, alors que le tsunami informationnel déferle.

La nouvelle souche du H1N1 réunit des éléments des virus porcin, humain et aviaire

La grippe porcine apparue au Mexique et aux Etats-Unis progresse rapidement et a un potentiel de pandémie mondiale mais il est trop tôt pour dire si elle évoluera dans ce sens, a déclaré samedi Margaret Chan, directrice générale de l'Organisation mondiale de la Santé.

Elle a invité les autorités sanitaires de tous les pays à suivre de près toute forme inhabituelle de maladie et toute augmentation des cas de grippe grave ou de pneumonie."Il s'agit à l'évidence d'une souche animale du virus H1N1 et cela a un potentiel pandémique parce que cela infecte les gens. Cependant, nous ne pouvons pas dire sur la base des éléments actuellement disponibles de laboratoire, épidémiologiques et cliniques, si oui ou non cela causera effectivement une pandémie", a dit Chan.

L'OMS rappelle depuis plusieurs années qu'une nouvelle souche de virus pourrait déclencher une pandémie de grippe susceptible de tuer des millions de personnes dans le monde entier.
La nouvelle souche du H1N1, qui réunit des éléments des virus porcin, humain et aviaire, a fait jusqu'ici jusqu'à 68 morts, dont 20 décès confirmés, parmi les 1.004 cas présumés signalés au Mexique. Huit cas non mortels ont été recensés aux Etats-Unis.

Cette souche est encore mal connue et la situation évolue rapidement, a dit Chan lors d'une téléconférence.

Aucun cas similaire n'a été signalé ailleurs dans le monde, mais "il serait prudent de la part des autorités sanitaires des différents pays d'être vigilantes face aux cas de grippe ou de pneumonie, en particulier s'ils apparaissent en dehors de la période habituelle de pic de la grippe", a dit Chan, ancienne directrice de la Santé à Hong Kong.

Les autorités sanitaires doivent aussi être alertées face à une forte incidence de cas graves ou mortels de grippe dans des groupes autres que les jeunes enfants et les vieillards, tranches d'âge les plus exposées aux épidémies saisonnières de grippe ordinaire.

La plupart des personnes décédées au Mexique étaient âgées de 25 à 45 ans. Des exports de l'OMS ont apporté leur aide aux autorités sanitaires mexicaines. L'OMS tient des antiviraux à la disposition du Mexique, mais les autorités disposent de quantités importantes de Tamiflu, dont le nom générique est oseltamivir, médicament fabriqué par le laboratoire suisse Roche et qui, selon l'OMS, est efficace contre le nouveau virus."Les virus de la grippe sont notoirement imprévisibles et pleins de surprise, ainsi que nous l'observons actuellement", a dit Chan.

"Il nous faut savoir comment le virus se propage, quel est son processus de transmission et si oui ou non il causera une maladie grave, et dans quel groupe d'âge", a-t-elle souligné.Une commission de 15 experts devait se réunir samedi après-midi pour formuler des recommandations sur toute "mesure temporaire" à prendre et sur un possible relèvement du niveau d'alerte à la pandémie, qui se situe actuellement à trois sur une échelle qui va de un à six.
Dans l'attente d'une analyse plus approfondie des cas et d'autres données cliniques, il est "prématuré à ce stade" pour l'OMS de formuler des recommandations sur les voyages, a dit Chan.

"Nous n'avons pas encore de tableau complet de l'épidémiologie ou du risque, notamment de sa possible propagation au-delà des zones actuellement affectées", a-t-elle noté. "Cependant, l'avis de l'OMS est qu'il s'agit d'une situation sérieuse". Il est aussi trop tôt pour demander aux laboratoires pharmaceutiques de passer de la production traditionnelle de vaccins contre la grippe saisonnière à celle d'un nouveau vaccin dérivé du nouveau virus.